MYSTICISME
[Leçon XXIII.) -— L'humanité a une tendance générale à rechercher un mode supérieur et mystérieux de communication avec la Divinité.
La nature étant l'ensemble des puissances d'un être ordonnées à sa fin, le surnaturel sera ce qui relève la fin et exalte les puissances. Dans un sens plus restreint, on appellera surnaturel tout fait qui n'a pas de cause naturelle proportionnée. De là deux espèces de surnaturel : 1° le surnaturel théologique, qui consiste dans lélévation de la créature intelligente à une fin supérieure aux exigences et aux puissances de toute nature créée; 2" le miracle.
Trois différences entre ces deux espèces de surnaturel : i° Le premier affecte la créature morale pour modifier ses conditions d'existence et sa destinée. Le second a pour objet un phénomène quelconque, ordinairement physique. ^'^ Le premier appartient aux fins générales de la création. Le second est transitoire. 3° Le premier est inconscient (dans l'état présent). Le second est apparent.
Mais le second est révélateur du premier. Il lui sert de lettre de créance. Pour cela il faut qu'il soit lui-même constaté.
Le surnaturel implique la liberté divine. Voilà pourquoi toutes les doctrines panthéistes et déterministes le rejettent a jjriori. Le surnaturel suppose le vrai Dieu du théisme.
Le mysticisme a plus d'un rapport avec le surnaturel. Il ne se confond pas avec lui. L'essence du mysticisme, c'est un commerce airectif avec la Divinité. On conçoit cette tendance et cette recherche même dans l'ordre purement naturel. Le vrai mysticisme appartient à l'ordre surnaturel. Il repose sur le fait de l'alliance librement consentie de Dieu avec l'homme.
Le théisme, en maintenant la distinction personnelle de Dieu et de l'homme, coupe court à toutes les exagérations du mysticisme hindou.
CONCLUSION