PL. I
a Les ruines d'Antiochia, dit M. Waddington, sont situées près du village de lénidjeh, à une petite distance du Méandre, sur la rive méridionale*. » Cette ville se trouvait presque au confluent du Morsynos* et du Méandre, à proximité de la frontière de la Lydie et de la Phrygie.
Alabanda était sur le Marsyas , au sud-ouest d'Antioche, loin du confluent du Marsyas et du Méandre. C'est encore M. Waddington qui va nous en préciser remplacement : « la position d' Alabanda, dit-il, depuis longtemps fixée à Arab-llissar ^ d'après les textes anciens, par Leake et d'autres géographes, a été confirmée d'une manière définitive par M. Ph. Le Bas, qui a découvert, à une heure et demie de marche d'Arab-Hissar, une borne milliaire, portant
1. Waddington, Voyage numismatique en Asie^Mineurey p. 43; cf. Fellows, Lycia, p. 27; Droysen, Hiat. de C hellénisme ^ trad. Bouché-Leclcrcq , t. H, p. 720.
2. Morsynos est le nom véritable de cette rivière, comme Ta prouvé Pinder d'après des médailles [Monatsberichte de l'Académie de Berlin, 1857, p. 476); on a souvent défiguré ce nom de diverses manières, par ex., Korsynos^ Kortymos, etc.; les manuscrits de Pline portent Orsinus ou Mossinus; Sillig a adopté la forme Orsinus. (Pline, ///*/. nal., V, 29, 29, éd. Sillig, t. I , p. 378.)
l'indication : (T Alabanda ^ 5 milles; mes observalions faites,5Strabon à la main , confirment de point en point celles de mon prédécesseur*. »
Ainsi, Antioche sur le Méandre était relativement fort éloignée d'Alabanda, cette dernière ville étant située beaucoup plus au sud-ouest, non sur le Méandre, mais sur le cours moyen du Marsyas, son affluent.
Antioche paraît s'être appelée primitivement Pythopolis, et avoir été reconstruite ou colonisée par Antiochus 1" Soter qui lui donna son nom. Toutefois, cette assertion n'a pour garant que le témoignage d'Etienne de Byzance, qui est obscur ou plutôt qui ne mérite pas une confiance aussi absolue que Tont cru certains auteurs. Le géographe byzantin affirme que la ville s'appelait primitivement Pythopolis et qu'elle fut rebâtie par un roi de Syrie, appelé Antiochus, fils de Séleucus, en l'honneur de sa mère Antiochis. Ce même Antiochus aurait fondé Nysa en l'honneur de sa femme Nysa, et Laodicée en l'honneur de sa sœur Laodice*.
J'ai déjà eu l'occasion', en me plaçant à un autre
1. Waddington, Voyage numismatique en Asie-Mineure, p. 40. Cf. Ch. Diehl et G. Cousin, dans le Bull. corr. hellén., t. X, 188G, p. 299.
2. 'EvO£xâT7j ('AvTio/Eia) Kap^aç, tj iiç xat fljOcÎTroXi; exaXeÎTO. *AvT:oyto rip Tfô i3«A£'JX0'j '.piX; pvpiîxEç lzi^xr^10iy ovap, xitaai ::oXiv Èv Kapîa IxaTTT) Xs'vovaa- 6 oï u;:oXaowv xf^v ^r,Tepa xa\ tt)v pvatxa xal xf^v àosX^r.v xtîî^e'. 'pz'iç ZOKV,;' irjj ah tt^ç àoeX^r;; AaoSixr,; Aaooîxsiav, izo oï t^ç Yuvaixô; NJar,ç N'j'jav, inô 0£ Tf,; fAr.Tpô; 'AvTio/ioo; 'AvT'o'y stav. *AvTto/i; oùv ovojjia xa\ -f;; 'XT'.y'j; y.x\ ÈOvixov Tf,; tj'jKvm; v.ol: ^jAt,; ovofjLa. Ce passage a été reproduit par Eu«ilathe danH son commentaire de Donys le Périégète (p. 281, éd.
Bernard y).
3. Les Rois de Syrie, d'Arménie et de Commagène (Catalogue des monnaies grccquci* de la Bibli<»lbèque nationale), Introd., p. cxcv.
point de vue que celui que j'envisage en ce moment, de dire qu'on ne saurait avoir confiance dans le récit d'Etienne. En cfTet, il s'agit d'un Antiochus, fils d'un Séleucus^ qui n'est pas spécifié autrement, mais qui ne saurait être, si l'on accepte cette filiation, qu'Antiochus I" Soter ou Antiochus III le Grand; or, ni l'un ni l'autre de ces deux princes n'eut pour mère une Antiochis et pour femme une Nysa. D'un autre côté, Droysen* a déjà observé qu'Etienne paraît commettre une inadvertance quand il affirme qu'Antioche s'appela primitivement Pythopolis, nom qui dérive de celui du riche Pythès, contemporain de Xerxès ; en elTet, à l'article Pythopolis^ il dit, au contraire, que ce nom fut l'appellation primitive de Nysa de Carie. 11 est vrai qu'il affirme ailleurs que Nysa s'appelait primitivement Athymbra. Bref, il est impossible de démêler la vérité au milieu de toutes ces confusions; nous ne savons positivement ni si Antioche sur le Méandre s'appelait primitivement Pythopolis, ni si son nom fut changé par Antiochus I" plutôt que par Antiochus II ou par Antiochus III. Les monnaies ne nous renseignent en rien sur ces deux points; elles paraissent d'ailleurs, comme nous le verrons plus loin, ne pas remonter jusqu'à l'époque d'Antiochus 1®^ ou d'Antiochus III, c est-à-dire jusqu'au temps de la fondation de la nouvelle colonie.
Le texte d'Etienne de Byzance est plus précis en ce qui concerne Alabanda; comme il renferme des données fort intéressantes au point de vue numismatique, on me permettra d en donner la traduction :