C. I. S., Atlas, pi. I
étudions en ce moment, il ne saurait suffire à rendre compte des difïérences essentielles d'attributs pour les personnages qui suivent ici le char royal. Les monnaies du groupe G sont d'un style tout différent de celui des groupes précédents ; la gravure du coin monétaire n'a, à aucun degré, ce caractère de lourdeur et d'empâtement qu'on peut signaler sur toutes les pièces des rois de Sidon ou du satrape Mazaïos. Nous n'insisterons pas autrement sur ces différences essentielles, que nous avons déjà signalées et qui trahissent un autre pays d'origine. La preuve que ces monnaies ont été frappées en Egypte, je la trouve encore dans leur poids, tout à fait insolite par rapport aux pièces contemporaines. Ce poids de 28 gr. 40 donné au double sicle est l'ancien poids sidonien qui s'est localisé en Egypte et y a persisté, alors qu'à Sidon même les monnaies contemporaines n'atteignent pas 26 grammes. Circonstance bien significative, les doubles sicles de Ptolémée Soter, devenu roi d'Egypte, ont encore conservé ce poids de 28 gr. 40, alors que dans tous les autres royaumes formés du démembrement de l'empire d'Alexandre les monnaies sont taillées dans le système attique.
S'il n'est pas possible de douter que les monnaies du groupe G aient été frappées en Egypte, il est, au point de vue chronologique, une place qui leur convient à merveille: c'est la période comprise entre l'année 345, date à laquelle Artaxerxès III Ochus reconquit l'Egypte sur Nectanébo II, et la fin de l'année 332, date de l'arrivée d'Alexandre dans ce pays. C'est la seule période du iv® siècle pendant
laquelle les rois acbéménides furent les tranquilles possesseurs de la vallée du Nil. Ochus, une foi> le pays pacifié, en confia le gouvernement au satrape Phérendatès; celui-ci eut pour successeur Sabacès. qui périt à Issos à la tête du contingent égrptien. A Sabacès succéda Mazacès qui, au mois de décembre 332, livra TEgypte à Alexandre, quand ce dernier, après la prise de Gaza, se présenta devant Péluse.
Comment, maintenant, interpréter la lettre 2 qui figure au dessus de la galère sur toutes les pièces de cette série? En nous autorisant des exemples de> autres groupes, nous devons croire que cette lettre représente un nom de satrape ou de roi, plutcit qu'un nom d'atelier ou de magistrat inférieur; et cependant ce 2 ne saurait être l'initiale du nom de Tun des trois satrapes que nous venons d'énumérer. Si nous remarquons que le groupe 0 est le seul qui ne porte pas de date et que tous les exemplaires connus accusent des coins peu variés, nous conclurons que ces monnaies ont été frappées pendant un espace de tem[>s fort restreint et, sans doute, à Toccasion dune expédition militaire. Or, dans Ihistoire de TEgypte, pendant la période où doivent se classer nos médailles, il n'y a qu une expédition qui ait pu occasionner ce monnayage, c'est la conquête même de l'Egypte par Ochus en 345 ; il n'y a aussi qu'un seul nom, painni les personnages importants de cette époque, qui commence par un 12, c'est celui de l'eunuque Bagoas, qui était d'origine égyptienne. On sait que l'expédition d'Artaxerxès Ochus contre Xectanébo 1 1 nécessita des préparatifs considérables et que
la conquête de Tl^^gyple coûta plusieurs années de lutte. La flotte perse dut combiner ses efforts avec ceux de Tarmée de terre. L'homme qui joua dans cette conquête de TEgypte le rôle prcjK)ndcrant fut Bagoas, le plus fidèle ami d'Artaxerxès* : « Bagoas, dit Diodore, homme entreprenant et audacieux, en (|ui le roi avait la plus grande confiance, avait sous son commandement les Grecs sujets du roi, une multitude de barbares et un certain nombre de vaisseaux. » 11 occupa Péluse, prit Bubaste, et, malgré la présence d'Artaxerxès lui-même, on doit reconnaître, d'après le récit des historiens, que ce fut Bagoas, aidé de Mentor le Hhodien, qui fit la conquête de TEgypte et la pacifia, avant que Phérendatès fiit appelé à la gouverner, c'est-à-dire après le départ d'Ochus et de Bagoas pour Babylone, en 343. En présence de ces faits, nous ne saurions hésiter à considérer le3 monnaies du groupe G comme ayant été frappées par Bagoas, lors de l'expédition et de la conquête de l'Egypte, entre 346 et 343.
Pour achever la révision des séries monétaires dont nous avons entrepris l'étude, il importe d'ajouter qu'il existe une série d'oboles aux mêmes types que celles que nous avons réparties dans nos différents groupes, mais qui doivent rester indéterminées, parce qu'elles n'ont ni chiffres ni lettres. Il va enfin, dans la colléetion de Luynes, au Cabinet de h^rance, une obole qui