Waddington, 3/Wtf/i^r*, 1861, p
sail jamais : re ne saurait être à Acé de Phénicie on la Hotte |)(Mse, (Mifin éf|ui|)ée, se donna rendez-vous en (lei'ni(M- liini, <»t où Datanie n exerça, dailleurs, le coininandcMueFït qiw pendant quelques mois*. Les histori(»ns nous informant (|ue Datame fut le collèfj^uc et \c su(((»sseur i\v Pharnahaze dans rorganisation de I armée |)(»rs<\ confirment donc directement ratlrihution à Datame» (i(»s monnaies controversées. Ainsi s'ex- [)liqu(*-t-on aiscMiienl qu(* les statères de Pharnahaze et ceux i\c DalauK» soient aux mêmes types, soient pareillement ahondants, enhn se rencontrent surtout dans rancicnnc (lilicic» et dans le nord de la Svric; au contraire, le préttMidu Tarcamos de M. Six, tout en étant n('»c(»ssairement le collègue ou le successeur de Pharnal)az(* , n'aniait pas même laisse le souvenir d(* son nom rhvA les historiens, alors que ses monnaies att(*stent, sans réplicpie, qu'il a joué un rôle |)oliti(pi(* considérahh* et prolongé.
Mais poursuivons notre» encpiéte. Les historiens nous dis(»nt(|ue Datame, après avcnr joué enCilicieet à A<-é l(î rôle» (le chef d armée» epie nous ave>ns signalé tout â 1 he'ure, fut ehargé un peMi plus tard de diriger une e»xpe'elition e»n Paphlagonie eontre Sinope révoltée. Or pr(»eise'me»nt, e»t eomme nous rave)ns vu, il y a des monnaie»s aux ly[)es sinoj)éens qui portent le nom de Datame». (lommenl pourrait-e)n de)uter, en présence de ce parallélisme» cone-orelant de» la numismatique et du re'*cit (les historie»ns, epi il s agisse d'un seul et même |)e»rsonnage, Datame AaTaaa;, Aa'iauLT,^ que Diodore» (jualifie» de» satrape de» la Cappadoce !^ Il ne
1. (il". W. .Iiidi'if h. Kieintifiufisi-Iir Studien, pp. 160-102.
sera pas sans intérêt de faire renianjuer ici (|ue nous possédons également des monnaies île Tiriba/.e et de Pliarnahaze avec des légendes grecques et araméennes.
Il ny a donc rien dans notre argumentation (pii soit du domaine de riiypothèse; c'est révidencc même, et si M. Six veut bien reprendre l'examen du l^roblème, son esprit généralement si sagace ne tardera pas à être mordu par le doute et à reconnaître qu'il s'est laissé entraîner dans une subtilité paléogra|)hique.
M. IS'œldeke * a cru |)ouvoir faire observer (jue, bfitdme étant un nom perse, il serait invraisemblable qu'il fiit transcrit en araméen , I^JIP, au Heu de ion. (iCpendant M. Waddington avait déj<à fait remarquer que la légende I^JID (Tadanmou) diffère peu dt* Tndamou, dont la forme adoucie est Datdmou. « Dans la lecture de ces légendes phénicicMines, ajoute cet éminent savant, il faut se souvenir (jue les mots des langues orientales sont toujours adoucis (Ml |)assant dans l'idiome grec, souvent (Complètement défigurés*. »
Mais ce n'est pas tout. Nous croyons ave(* Judas et V , I.enormant, que la form(» normale et correcte du nom araméen est plutôt l'ilIP (|ue I^SIP, car la forme "lOlir conduit régulièrement et sans difficulté philologique à la forme grecque Datamc^, On peut
1. Dans !«»9 (itrttin^is<he f^rtehitr Anzri^rn, 1KH'«. p. 'JUS.
"2. \Vu<ldin^ton. (liiiiH le /tu//, arr/iro/. tic /' it/n'neuni fianrais^ iSôfi. p. 13. L»» nom «Je l)a/ann' sp Irwuv»* «hiTÔ on Ditintrs, «lir/. \ri>lol«». (t'J on., \\ . '2'>: Keinarh, Troix mt/aumrs t/'.ln'f Mincitrc. p. H, m»lr.
3. A. Jiitlu'i. clans la Hd'ur numitmati'fuc, iSfiS. p. 11 'i.
■:'^ ^' : 1 : .:rr: ir C3S dans lesquels le
- - -.' :-. ~ - ::.T :■■: /^^^ f// : par exeinjile .
>r*I . " NZZ. - '^' . *w~^* pour pt**21.
U 1"T ■ Ultr. -.-r: k\ il >uit de là que
• 'l*!" I . re^Tiherement la traii-
. /* ■ "i ■'/. L^atame.
T .' •.* ^ie \ lie paléo^rapliique,
^- • - . ! lôture du nom de
- : '*. :':'p«»>eo par M. \\'ad-
- - . : > . ;:r:t- t. et elle doit être . r : '\ ^ j^n»jH»èe par M . Siv
. ; > ::!:.:Co i]ui a lait frapper en oe. lies nii>nnaies a la ;;.< t elui qui a fait fra()per .. :\ N.:^ ^ .- ^ ;^ :r: 'Mn:iîe< qui portent son
l -v^ .':. v":. ..r , i .vi:o v^e l.i collection .le Luvnes, .11: i\.iv::i'. vi;'- ^lv /! ; !^ >. lî.iit ro>tee unique jusqu'à I ,in::cr lie: :vc':c. ir •, ic-ni un >eiond exemplaire est NCMu i m: .V ^•. : \.\ X !!cit:'Ui «le M. W'addington V M. Th. lu^ :ku i: .». rcio:nniont présenté cette nouvelle pici ï^ .iu\ IciîciMs vie !,^ //-i//' numismatû/ue^ en lui ('iui>.u'ijiiî \ï\\ *-.\\ ■.!)■ I 'Mnmcnt.iire V ('/est une moniKiiiM\in|Mi!. M :iMMM ,tu\ t\ pc*^ ilc Sinope, comme celle
' I • i.. :■ I .V ■ » . . r.."-.. 'î.i'.t il«" i.itu iqiie buibare «.un aiiti**^
ixi'inp". I -1 !.' ■ ■ : '■ - A|. '. ■;.«..»|.; 11 1 «t i]ii iiiit> faUiticution modcrno en ruixir- I»;:, .1. I.'i\!.^. \ . •• -.— .■'■* > :- :j>:rs. p. ftô ; Six, dans le .Vmwmw.
•J. Th. RriTKuh. dan- Kl Ht. \e ■..■.":;»"i.:?'/.\f. ISOl. p. 362 elpl. \\\\ 2.
de Datanie; je crois, en dépit des efforts qu'ont fait divers savants, que Ton s'est trompé sur la lecture et rinlerprélation de la légende araméenne du revers.
Le duc de Luynes a transcrit autrefois : 2JD ISJT {Abd Sinob) * ; M. Waddington, rejetant cette lecture, a proposé avec hésitation le nom d'un dynaste Abdemon. tt 11 faut lire, selon toute probabilité, dit-il, ]Q13^, avec la cincpiième lettre douteuse. Le nom peut être Abdémon ou (juelque nom semblable. Dans tous les cas, ce personnage ne peut avoir été qu'un dynaste pa])hlagonien, qui a régné dans les environs de Sinope ou qui a peut-être été maître de la ville vers la même éporpic qu'Ariaratlie, et la médaille ne peut cire séparée de celles d'Ariarathe avec lesquelles elle a la plus grande ressemblance*. »
Hien (|u'elle ail élé formulée avec cette prudente rés(*rve, la leclurt* Abdcmon a élé généralement acceptée \ Je ne pourrais guère citer (pie Topinion divergente de Fr. Lenormant, qui lit ^S^Sl^J, cherchant à retrouver, dans la dernière partie du mot 13^1 — , rélément final du nom i\Aria-raninrs\
Ces diverses hypothèses ne s'a|>puyaient (jue sur la légende de Texemplaire de Luynes, dont les deux dernières lc*ttres, rognées, étaient d'une restitution (piehpie peu conjecturale. La pièce de M. Waddington donne pour la (in du mot une lecture complète cl indubitable: ce sont les lettres*-. Voici, au
1. Liiynr-, .V// //i/;/. lics Sait apirs, p. 05. pi xil. ii" 1
2. \Vii(l«iin^rttt|i. Ml /.r ri if,':*, p. M."i ri. //f»-. nn-u . ISlil. p. \ i«t pj. |. 5; cf. Briiii(li<. />«/« Miin:t\t ^r/i tu li'/./r/i/v , t. p. VJ7 .
3. .I.-P. .Six. i\:iu- II- .\ii't.'\ftt ( ht .tilt Ir. ISK;.. p. -ÎS
'». Fr. Li>ii(»i'n):irtt. La nnmnnir tion.s l'untifjuitt'. l. Il, p. l'a, iiotel.
noms sémitiques connus; par exemple, Abdsasan peut se comparer au nom Abdsttsam, a serviteur des chevaux, » rpii se renc*ontresur plusieurs inscriptions phéniciennes {G. f. .SV///., I, 4(>, ^lî), 53, 93). Mais il faut se méfier de la tentation de chercher dans notre légende un composé du radical sémitique 13>7, « serviteur. » Le titulaire de cette médaille était sans doute un Perse ou un Paphiagonien, et pounpioi un Perse ou un Paphlagonien aurait-il porté un nom sémiticpn* .* »
Tel est \o dernier état de la question.
Pour nous, comme pour tout le monde, les deux premièr(*s lettres sont certaines : c*est bien 3^. La troisième lettre est plutôt un resr/i cprun (l(ileth\ sa (picueest trop longue pour un daleth, et c'est ce qu'a bien reconnu Fr. Lenormant (pii a lu comme nous 112^. Laissons de côté, pour le monient, la (pialrième lettn*, et passons aux deux d(»rnières : elles sont certaines d'après r(»\(Mn[)laire de .M. W'addington. Il faut bicMi lin* ".'2, sans hésitation. Nous avons donc un niot '','2.mi7, aucpiel il ne maïupie qu inu* l<Mlre, (]ett(» l(Mtre, M. Iteinach dit ipu* r\»sl un ///r/// ; ceci (*st jHMi probable, [)arc(* «juedeux ntmis si* suivant ne seraient pase\[)rimés dîius 1 écriture*, sauf exception très rare. Les leltr(»s n»doublées graphiquement sont plus rari^s encore* dans ré[)igraphie monétaire que dans ré|>igraphi(* lapidaire*.
Si maint(*nant nous obstMvons (pie la dentelure médiane de ce cin^piième caractère énigmatique est sinon ptMi visible, du moins très peu accentuée, aussi bien sur rex(Mnplaire de la coihulion de Luvnes que
sur celui de la collection de M. Waddington, notre hésitation à reconnaître unmem ne fera que s'accuser davantage.
Bref, en faisant abstraction de cette denticule médiane, on reconnaîtra tout de suite la forme qu'affecte souvent le caph araméen. Cette forme de cap/i a été signalée par M. Six, notamment dans le nom de la Cilicie *^ ;2, où cette lettre présente les variétés suivantes ^i, H, H*. Le cap/i se confond avec le noun et c'est même en se fondant sur cette similitude que M. Six a voulu, à tort, nous l'avons vu, lire Tarcamos, là où tout le monde lisait avec M. Waddington Tadnamos (Datame). Si donc, comme l'autorisent pleinement les rapprochements qui précèdent, nous lisons 1QD13J, Abrocomou^ nous reconnaîtrons ici, sans peine, le nom du satrape Abrocomas, historiquement connu : ce qui vaut mieux que de courir après un Abdémon ou tout autre personnage dont aucun auteur ne parle.
Comme en pareille matière on ne saurait procéder avec trop de circonspection, j'ai eu la précaution de communiquer ma lecture à M. Six, avant de la livrer à la publicité, et cet éminent savant, avec l'obligeance parfaite qui le caractérise, a bien voulu m'informer que non seulement il approuvait ma lecture, mais qu'il était parvenu, de son côté, au même résultat. Cette heureuse rencontre n'a plus laissé de doute dans mon esprit. Dans l'inscription de Teima* on trouve la lettre caph faite exactement comme