C. A 5em., t. I, pi. i
sur la monnaie d'Abrocomas. Qu'on veuille bien se rappeler, d'ailleurs, que la forme classique du caph^ phénicien comporte deux bras, -*1,H; la forme araméenne que nous constatons à Teima et à Sinope est peut-être une réminiscence, une dérivation de cette dernière.
Abrocomas, dont la carrière politique est peu connue, était un des principaux lieutenants dWrtaxorxès II Mnémon, et il est mentionné pour la première fois en 401, lors de la révolte de Cyrus le Jeune; il commandait en Gilicie une armée dans laquelle se trouvaient des mercenaires grecs cpii Tabandonnèrent pour passer dans le camp de Cyrus V Plus tard, en Si) 1-389, il fut chargé par Artaxerxcs, de concert avec Pharnabaze et Tithrauste, d'étouffer la révolte de TEgypte. Isocrate le cite parmi les plus illustres généraux perses : « Lorsque TEgypte, dit-il, s'est soustraite à l'obéissance du grand Roi , qu'a-t-il fait contre ceux qui s'étaient révoltés? N'a-t-il pas remis la conduite de la guerre aux plus illustres généraux parmi les Perses, Abrocomas, Tithrauste, Pharnabaze? Et après trois ans d'une lutte dans laquelle ils ont souffert plus de maux qu'ils n'en ont fait éprouver à leurs ennemis, ceux-ci n'ont-ils pas fini par se retirer honteusement*. »
Les auteurs anciens qui parlent d'Abrocomas ne nous disent point quelles charges il occupa, soit avant, soit après avoir été à la tète de l'une des armées chargées d'envahir l'Egypte. Nous savons seulement
1* Xénophoii, Anah., IV, 1.
2, Ifocr.. Panég., IV, 140.
([ue ses collègues Tithrauste et Pharnabaze étaient respectivement satrapes de Sardes et de Dascylion; on pourrait donc conjecturer qu'Abrocomas remplit un rôle analogue dans les régions du nord de TAsie- Mineure, du coté de la Paphlagonie et de la Cappadoce. Si Ton accepte notre lecture de la légende monétaire, cette conjecture sera bien près de devenir une réalité, puisque les types de la monnaie prouvent (prelle a été frappée à Sinope.
En nous aventurant quelque peu dans le champ de riiypotlîèse, nous proposerons de considérer Abroco mas comme le successeur de Datame dans la satrapie de Cappadoce, et voici sur quels indices se fonde notre conjecture. Les monnaies de Datame sont antérieures à celles d'Abrocomas ; leur poids et leur style leprouvcnl ; sur les monnaies de Datame, de même que sur les monnaies plus anciennes de Sinope, il n'y a pas (l'api ustre devant la tète de la nymphe, tandis que Taplustre ])araît sur les monnaies d'Abrocomas, sur celles crAriarathe et sur celles de la ville de Sinope, postérieures à Datame. Enfin, si les monnaies d'Abrocomas sont, en toute évidence, postérieures à celles (le Datame, elles sont, avec non moins de certitude, antérieures à celles dWriaratheavec lesquelles elles ont, sauf pour la légende, la plus grande ressemblance. La mort de Dalame est fixée par M. Judeich en 1 an M'y! *; les m()nn:ii(»s cpie ce satrape a fait frapper aux type^ sinopéen^ reuiontent à Tan S68. Si Abrncoinas lui succéda, rint(M'valle compris entre 'M)^ et MV2 e\pli(|ue la dilTérence de style que Ton
1 .indt'irli, h'/riniis.iH'sf'u- ^ftulieu, p. lî»'i t»l 'JiW,