‹ Mélanges numismatiques (volume 2)Chapitre 169 sur 239 · Xénopbon, Anab., IV · texte numérisé non relu

Xénopbon, Anab., IV

2. B. Heod, The coinage of Lydia and Persia, p. 'lO ; cf., ///«/. niimor. p. 512. :j. Cf. Imhoof-Blumor. Porlriitkfrpfe, p. 22.

est tic mèine de la tête d'Aphrodite, type des oboles d'Kviigoras. J'ajouterai enfin que le style de nos sla tères est tout différent de celui des monnaies des rois de Carie contemporains.

Bref, il faut admettre que le groupe monétaire dont nous venons de nous occuper a été frappé à Cvpre par Kvagoras 11, roi détrôné de Salamine, vers 3r)0, au moment où Artaxei'xès III Ochus le chargea de reconquérir Tile insurgée.

LA SATRAPIE d'iOME

Sous Darius l" et Xerxès, les satrapes de Tlonie furent les mêmes que ceux de la Lydie : Orœtès, Bagaeus, Artaphrcnès, Mardonius eurent les deux gouvernements sous leur autorité. Ariabignès, fils de Darius, cpii commandait la flotte de Carie et d'Ionie au temps de Xerxès, et Tigrane, qui périt à Mycale, paraissent aussi avoir concentré dans leurs mains l'administration des deux provinces, jusqu'au jour où la |)lus grande partie de Tlonie cessa de faire partie de Tempire perse *.

Aucun des satrapes que nous venons d'énumérer n'a fait frapper monnaie à son nom. En revanche, les monnaies autonomes des villes et des dynastes tributaires sont nombreuses dans les limites de la satrapie d'ionie. Toutes les cités importantes de la cote ont leur atelier; il y a, en outre, les monnaies des dynastes pamphyliens, frappées à Aspendus et à

1. p. Krtitnbhoh, De Asîse minoris salrapt's peraicis, pp. 26 et 8uîr.

nous recherchons la pairie. Y a-l-il donc, dans Thisloire d'Kphèsc une circonstance histori([ue qui explicjue comment les prytanesjépon\'mes, Pythagore et Uemagorès (ou Démodes), ont pu être amenés à émettre des monnaies au type du roi de Perse?

Jusqu'à la dernière année du règne de Philippe de Macédoine, Ephèse avait gardé une constitution démocratique et s'était montrée ouvertement Tennemie des Perses. Elle avait envové des ambassadeurs à Philippe pour Tinviter à faire passer des troupes en Asie mineure, et c'est à leur instigation que le roi de Macédoine lança sur Tlonie une armée d'avantgarde forte de dix mille hommes. A cette nouvelle, Darius chargea son meilleur général, Memnon le Hhodien, de s'opposer à l'invasion : celui-ci battit les Macédoniens à Magnésie sur le Méandre, puis s'empara d Ephèse où le parti perse, qui Tavait appelé, pilla le sanctuaire d'Artémis et renversa la statue de Philippe érigée dans le temple*. Memnon installa dans la ville une forte garnison et un gouvernement oligarchique à la tète duquel furent placés Syrphax et son fils Pelagon*. On était en ^t3G. Aussitôt après, Memno]i leva de nouvelles troupes, rassemblant des contingents de tous pays pour résister à la grande armée d'invasion que ne

1. Duprès Arricri (I, 17, 11) : ...loi; T£ Mi;xvova l-avavoasvojç xai TrJ; rô i-sôv TjÀr[aavTa; t^; 'Aot;;jl'.oo; xa\ tov; Tr;v î'.xova toj *I»'À:'--oj t};v £v tcTi •£ocô xaTava/.ovTa: ..

'2. Voyez, an <ujvl i]v rcn évi'ncm<Mils, \V. Judcich [Klcinaimitischc Stmiicn, pp. 30;J v\ 305). qui dcinonlro qin' Droyiioii el les uutres hislorions ont mnl éliibli lu suite (lest faits en eroyatit, t otainment. que Syrpbnx fut installé à Kpbèse, en 3J7, par le satrape Aulop'iradate. Le* g'. terres d'.\ut.)phrndulc en lonie se rapportent à une époque antérieure.

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avons décrites plus haut, ont dû être frappées ailleurs qu'à Ephcse, par exemple à Milet et à Halicarnasse, où Meninon séjourna.

Quoi qu'il en soit de ce point secondaire, le monnayage que nous venons d'étudier représente incontestablement le numéraire que fit frapper, de 336 à 334, Memnon le Rhodien à la tète de Tarmée perse qui fut victorieuse à Magnésie, prit Eplièse, puis fut vaincue au Granique et poursuivie par Alexandre. Le type royal est celui de Darius III Codoman : les traits du visage, la pose toute particulière du monarque achéménide se retrouvent identiques sur la fameuse darique d'or qui a pour revers une proue de navire avec la lettre carienne 6 ((\ eu)\ Cette darique, de la collection de Luynes, la seule que Ton connaisse avec un type de revers à la place du carré creux, a été frappée en Carie, dans les mêmes circonstances que les statères d'argent memnonicns.

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