‹ Mélanges numismatiques (volume 2)Chapitre 168 sur 239 · Ret'ue numismath/iie, 1883, p. 287 el pi. VIrfig · texte numérisé non relu

Ret'ue numismath/iie, 1883, p. 287 el pi. VIrfig

est de même de la tête d'Aphrodite, type des oboles d'I^vngoras. J'ajouterai enfin que le style de nos sla tères est tout différent de celui des monnaies des rois de Carie contemporains.

Bref, il faut admettre que le groupe monétaire dont nous venons de nous occuper a été frappé à Cypre par Kvagoras 11, roi détrôné de Salamine, vers 3.>0, au moment où Artaxerxès III Ochus le chargea de reconquérir Tîle insurgée.

LA SATHAPIE d'iOME

Sous Darius 1*"^ et Xerxès, les satrapes de Flonie furent les mêmes que ceux de la Lydie : Orœlès, Bagaeus, Artaphrénès, Mardonius eurent les deux gouvernements sous leur autorité. Ariabignès, fils de J)arius, (|ui commandait la flotte de Carie et d'Ionie au temps de Xerxès, et Tigrane, qui périt à Mycale, paraissent aussi avoir concentré dans leui's mains l'administration des deux provinces, jusqu'au jour où la plus grande parlie de Tlonie cessa de faire partie de r(Mn|)ire perse '.

Aucun des satrapes que nous venons d'énuniérer n'a fait frapper monnaie à son nom. En revanche, \cs monnaies autonomes des villes et des dynastes tributaires sont nond)reuses dans les limites de la satrapie d'Ionie. Toutes les cités importantes de la C()le ont l(Mir atelier; il v a, en outre, les monnaies des (l\ nastes |)amphyliens, frappées à Aspendus et à

1. p. Kniiiihliol/, De Jï/.r minorh snlmpis j/ersici»^ pp. 26 el »uîr.

Siilé ; celles des dynastes de Lvcie ; celles des dyiiasles cariens auxquels, à plusieurs reprises, dans dans le cours du iv* siècle, le roi de Perse a confié la direction de ses armées et délégué l'autorité satrapale. Mais les séries inanctairea, bien connues, de ces dynastes, ne rentrent pas dans le cadre de cette élude.

C'est seulement vers la (in du règne de Darius III Codoman, au moment de l'invasion d'Alexandre, que nous rencontrons des monnaies militaires frappées dans l'étendue de In salrapic d'Ion ic ; donnons d*abord la description du groupe monétaire auquel nous faisons allusion :

I. PYOArOPHE. Le roi de Perse à demi agenouillé, à droite, en archer mélophore ; il est coifTé de la cidaris et vêtu de la candys relevée sur le genou gauche ; de la main droite il tient son arc, et de la gauche sa javeline pommeltée, appuyée sur son épaule.

IV. Dépression creuse, peu profonde, couverte d'un semis de petits points et sillonnée de lignes bizarres. On a voulu voir dans ce revers singulier une image de la mer, une constellation, ou simplement une imitation du carré creux des monnaies archaïques. Sur un bon nombre d'exemplaires, en combinant les creux et les reliefs, comme sur des

monnaies des rois de Gébal, je distingue assez nettement la figure d'un sanglier, dans une attitude pareille à celle qui est donnée à cet animal sur les monnaies de Méthymna *.

2. \'ariété. Au droit, la syllabe AH, au lieu du mot rYOArOPHI'.

){. Autre variété, mais sans légende. Ces pièces anépigraphes sont les plus communes'.

Los monnaies que nous venons de décrire sont des statères rhodiens dont le poids varie de 15 gr. 30 à li gr. ."il *. De petites ])ièces de bronze paraissent se rattacher à la même série'.

On a longtemps cherché quel pouvait être ce Pythagore dont le nom paraît seulement sur deux c\cm|)laires de ce groupe monétaire, conservés l'un au Musée de Berlin, Tautre au British Muséum. Charles Lenormant pensait à Pythagoras ou Pnythagoras, le conq^étiteur d'Kvagoras II au trône de Salan^nc^ M. ^^^ Vaux a songé à un certain Pythagoras dont le nom s'est rencontré dans une inscription greccpie trouvée à Suse : ce personnage est qualifié TcoaaTooyAa^". Mais sans compter qu'on ne comprendrait pas qu'un simple (( garde du corps » eut fait graver son nom sur des monnaies, Tinscription où il est

1. Voyrz los fipiirps roproduitcs dans B. Head, The coinage of Lydia and Pvrsid, |)1. m, fig-. IS, V.) et 20; cf. Trésor de numismatique. Boit grecs, j)l . i.wr, fig-. l'i.

2. ( luimiiighain, dans le Journal asiat. Society of Bengal ^ 1881, p. 170, n" 11. cl [)l. XVII. "Jt.

3. W. llrad, lor. rit. ; Trc's. de nunûsin. Ruis frrecs, pi. LXIV, fig. 12. 'i . l>r;MMli<, I)a<i Miin: . Mais, iind Gr>\'ichti\'esen, ^. 125.

:». iî. Wv.m], op. cit., pp. 'i8-V.».

<■». 'l'icsDi lie nufuifi/natif/ur. Itois ^rtcs, p. 131).

7. Vaux. dan^J \r IS'u/ni.sruotir Chronicle, N. S. t. XVIII, p. 147.

mentionné n'est vraisemblablement pas antérieure à l'époque des Séleucides. On ne saurait non plus proposer, avec quelque vraisemblance, le navarque lacédémonien Pythagore qui, en 401, vint à Issus, avec trente-cinq vaisseaux, appuyer la révolte de Cyrus le Jeune*.

Mais à quoi bon rappeler plus longtemps ces vaines conjectures. M. B. Head* a remarqué que le mot riYOArOPHI, étant en dialecte ionien, prouve que les monnaies qui le portent ont dii être frappées dans un atelier d'Ionie, et le poids confirme cette induction ingénieuse : c'est le poids rhodien, adopté dans un grand nombre de villes grecques de la côte d'Asie mineure. M. Ilead se demande donc quel peut être ce dynaste ou ce tyran du nom de Pythagore, et dans laquelle des villes ioniennes il a pu régner'.

La découverte de la monnaie qui, au nom de Pythagore, substitue la syllabe AH, a été, pour M. Six, Tindice révélateur de la véritable patrie de ces pièces qu on a, jusqu'ici, fait voyager dans tous les coins de l'échiquier numismatique. Dans une lettre privée qu'il m'a écrite l'année dernière, l'éminent savant d'Amsterdam a bien voulu me confier cm il considérait les monnaies en question comme frappées à Kphèse, et que les noms HYGAPOPHI et AH....\ loin de désigner des dynastes, n'étaient cpie des noms de magistrats locaux. Celle hy|)olhèse me parait j)leinement justifiée par les considérations suivantes.

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