‹ Mélanges numismatiques (volume 2)Chapitre 213 sur 239 · PP · texte numérisé non relu

PP

(2) Ibid., LXXVll, 12.

en bas âge, fut associé au trône de son père, d'apès Denys de Tellmahrê. Le patriarche jacobiste ne prononce pas son nom dans cette circonstance, mais comme le père s'appelait Abgar, il est vraisemblable que le fils aîné portait le nom de Ma nou. De plus, Denys enregistre après Abgar IX Sévère, le règne purement nominal de Ma nou IX fils d'Abgar.

Quoiqu'il en soit, l'histoire perd la trace du roi d'Édesse détrôné, qui, sans doute, ne tarda pas à mourir. Ses deux fils furent emmenés à Rome. Le second, appelé Abgar, y mourut à Tâge de vingtsix ans, et son frère aîné, qui est désigné par le surnom d'Antonin, comme Caracalla, et s'appelait vraisemblablement Ma nou Antonin, lui éleva un monument funéraire sur lequel il fit graver une inscription retrouvée dans les temps modernes à Rome, auprès de la basilique de Saint-Paul, et plusieurs fois publiée (i). Dans cette épitaphe, le père des deux princes, Abgar Sévère, est ainsi qualifié r « T.plf Hurtxiiç 'Ao/ât^fli.

Nous venons de dire que Denys de Tellmahrê cCwnptait, au nombre des rois d'Edesse, le fils aîné d'Abgar IX Sévère, qui s'appelait Mannus Antoninus. A ce Ma nou IX, qui devait être encore un fcnfantau moment de son exil, est assigné un règne de vingt-six ans, de 216 a 242. Comme ce prince ne

(1) BoECKH, C. I. Gr. n*> 6196; V. I.anglois, Numism. de F Arménie vttiquité, p. 74; R Duval, lue. cit., p. 221

T ~ 1 .1.- tH. î--- "LU— t^ -iL-iS*I^*I»-i-— -

::--. r i .it :-- «iri^L-illi rr^iuisii Edesse au :^.r. y it ::.:r..t L -rr.i-î.iz irs rr-ocnaies colo- :.:=L.:. 1-: ::--." t'it: irr.rr.tiiatement. de sorte ' --: .-: r:tr.-.:t:2 'r:i-:i5 tz doivent revenir à .<ri.,il.<.. Mi.- or. sa.:: combien il est ditncile. .-:y.-'. :.'/-: l-rs n-.onnaits appelées communcrr.':r.\ ;;;:/:;/': 4.:: ryn/udi^ dt classer la plupart de c^js ])rs'.t\ a Caracaiia plutôt qu'à Elio^abale, jifiis^-ju': cc'^ deux empereurs portent les mêmes

loms dans les légendes monétaires. En ce qui concerne Édesse particulièrement, Mionnet a donné à Caracalla un nombre beaucoup trop grand de monnaies coloniales, eu égard au court espace de temps pendant lequel ces pièces ont pu être émises. La plus grande partie d'entre elles appartiennent à Élagabale, et, puisqu'il est à pea près impossible de distinguer aux traits du visage celles qui remontent au règne de Caracalla, nous nous contenterons de décrire tout ce monnayage à Élaga- Dale, plutôt que de tenter une classification arbitraire.

Macrin et Diaduménien.

Le successeur de Caracalla, Macrin, fit avec peu le succès la guerre aux Parthes ; il paraît même lu'il fut vaincu par Artaban. Toutefois, la paix fut ûgnée à des conditions tolérables pour l'honneur les Romains, et Macrin envoya des bulletins de âctoire au Sénat, qui lui décerna en retour le iumom de Parthtqtie. c Macrin, prétend Dion i^assius, n'osa pas accepter ce titre, vraisembla- )lement par honte de prendre un surnom emprunté i des ennemis qui l'avaient vaincu (i). » Pourtant, 'on possède des monnaies de coin romain, au lom de Macrin, avec la légende VICTORIA • >ARTHICA.

(i) Dion CAStiut, LXXVill, 26-27.

A Édesse, le type des monnaies de Macrîn est uniforme : au droit, la tête de l'empereur; au revers, le génie de la ville t^x^» »'>«•«. voilée et tourelée. Il y a quelques variantes dans les légendes; la colonie y prend les noms de Tempereur, et

s'appelle b^ A>;« Max^^v^ "Ed^aya.

39. AV • K • M • 0 • C • MAKPINOC • C (Avr^e^r.^ K«7<ror/; Ma/x0f 'Ofàhoç ItcxTAfiOi Mccxfi'MÇ l^ctffti^, BuSte radié de

Macrîn, à droite. Couronne de laurier au pourtour.

Rev. O * MA * GA6CGA. (^opxxi» M«^:vy''E(W«t). Buste tourelé de Tyché, à gauche, avec un voile qui lui couvre la nuque. Couronne de laurier au pourtour.

JE. 21 mill. Cabinet de France. PI. VI, fig. 1.

40. A • K • M • 0 • C • MAKPINOC. Buste de Macrin, à droite, la tête laurée, la poitrine couverte du paludamentum. Couronne de laurier au pourtour.

Rev. 0 • M • SASCCA. Buste tourelé de Tyché à droite, avec un voile qui lui couvre la nuque. Couronne de laurier au pourtour.

JE, 19 mill. Cabinet de France. H. VI, fig. a.

Mionnet (i) a donné à Édesse, d'après Vaillant et Bayer (2), une pièce ainsi décrite : M • 0 • C • MAKPINOC • C6B. Buste de Macrin

à droite.

(1) M10NNF.T, SuppL, t. Vin, p. 401, n« 19. (3] Bayep, Ilist. Osrhocnœ, p. 191.

Rev. MHT • KOA • SASCCA. Tête voilée et tourelée.

Eckhel lui-même admet ce titre de M),T^icfl)ir« à Édesse, au temps de Macrin (i). Or, à Tépoque de Macrin, la seule colonie métropole de la Mésopotamie était Carrhes ; Édesse ne fut élevée à ce rang, comme nous le verrons, qu'à partir de Sévère Alexandre, et jamais avant cette date elle n'a le nom de m^v^W/s sur ses monnaies. D'autre part, lorsqu'elle prit ce titre, la légende fut uniformément MHT • KOA • SASCCHNÛN, et jamais MHT • KOA • 6ASCCA. Nous sommes donc en présence d'une fausse lecture de Vaillant, admise à tort par ceux qui l'ont suivi.

Mionnet signale encore, d'après Vaillant, une monnaie de Macrin, avec le revers suivant : ••• SASIiAlûN. Temple tétrastyle dans lequel est une petite figure (2). Cette pièce n'appartient à Edesse de Mésopotamie ni par ses types, ni par son style, ni par sa légende : elle est d'Édesse de Macédoine.

On sait que Macrin, après un règne de quatorze mois, fut tué en Cappadoce avec son fils Diaduménien, dans une bataille qu'il livra à Élagabale son compétiteur. Dès le jour où il s'était emparé de la pourpre, Macrin avait créé son fils César et lui avait donné le surnom d'Antonin ;

(i) Eckhel, Z). N. V.,t. III, p. 5ii.

(a) MioNNiT, Suppl., t. III, p. 73, no 449 et note.

mais Diaduménien ne survécut pas à son père. Il y a quelques monnaies d'Édesse à l'effigie de Diaduménien. Elles répondent à la description suivante :

41. M • 0 • ANTCDNINOC... Buste imberbe de Diaduménien, à droite, la tête nue, la poitrine couverte de la cuirasse. Couronne de laurier au pourtour.

Rev. 0 • M • 6ASCCA. Tête tourelée de Tyché, à droite, avec un voile qui lui couvre la nuque. Grènetis au pourtour.

M. 20 mill. Cabinet de France. PI. VI, fig. 3.

Elagabale.

Élagabale, qui prend sur ses monnaies les noms de Marcus Aurelius Antoninus^ comme Caracalla, n'avait que quatorze ans lorsqu'il fut proclamé empereur, en 218, par les légions de S3rrie, et il fut assassiné quatre ans plus tard, en 222. Il est donc représenté fort jeune, comme Caracalla, sur ses médailles, et la similitude des noms comme la ressemblance intentionnelle des traits, fait qu'il est souvent impossible de dire si une médaille appartient à l'un plutôt qu'à l'autre de ces deux princes.

J'ai dit plus haut que, pour ce qui concerne Edesse, il était plus sage de décrire toutes ces monnaies au règne d'£lagabale«

Ces pièces peuvent se répartir en trois groupes principaux. Le premier se compose de petits bronzes ayant, au revers, comme ceux de Macrin, la tête de Tyché. Les pièces du second groupe sont d'un module plus grand; elles présentent au revers deux têtes de Tychés affrontées; enfin, sur les grands bronze qui forment le troisième groupe, la Tyché urbaine est assise, ayant à ses pieds le génie du Scirte, se baignant dans les flots.

Page 1