‹ Mélanges numismatiques (volume 2)Chapitre 38 sur 239 · Tête laurée de Zeus, à droite · texte numérisé non relu

Tête laurée de Zeus, à droite

i^. Double corne d'abondance remplie de fruits el ceinte du diadème royal. Dans le champ, à gauche, MAPA; à droite, CAS (= an 236).

/E 22. Mu^aée Pembroke et coll. de Luynes (Imhoof-Blumer. Monn. gr.j p. 444, n* 27). — Pi. V, fig. 15.

Ainsi que Ta fait observer M. Imhoof, cette dernière pièce, dont la légende MAPA(9rîv«k)v) est certaine, force de classer à Marathus les monnaies aux mêmes types, mais sans nom de ville, que nous avons décriles plus haut sous les numéros 15 à 21. Cepenlanl, il importe de remarquer avec le même savant, qu'après la destruction de Marathus, la ville d'Aradus frappa, aux types de Zeus et de la double corne d*abondance, des bronzes qui portent des dates correspondant à Tépoque comprise entre Auguste et Dumitien. D*aulres villes phéniciennes ont aussi sur leurs monnaies la double corne d'abondance, type emprunté aux monnaies d'Egypte.

Dans le champ du revers des pièces que nous venons de décrire, on rencontre souvent, outre la date, des lettres phéniciennes isolées, dont le sens restera probablement toujours une énigme. Ces lettres variables représentent des noms de magistrats ou (hîs marques d*émission analogues à celles qu'on trouvii sur les monnaies d'Araduset des autres vilb.'s (h; la rolt^ syrienne. 11 eût été sinon dangereux, du moins superllu, de relever ici tous ces différents monélain;s dans 1rs descriptions des auteurs qui nous ont précédé. Celte réserve nous est commandée par la défiance que nous avons conçue

vis-à-vis des anciennes lectures. C'est ainsi qu'un grand nombre des lettres isolées relevées par Vaux sont fautives *. Si ces différents n'ont, comme je viens de le dire, qu'une importance secondaire, il faut cependant noter que M. Imhoof-Blumer a proposé de reconnaître le nom de Makkabaios (?) dans le groupe de trois lettres idd qui figure au revers des numéros 18, 20 et 21.

Il importe à présent d'aborder une question importante : d'après quelle ère sont datées les monnaies de Marathus et quel comput suivit cette ville pendant la période de son autonomie ?

Commençons par récapituler les dates que nous avons relevées au cours de la description qui précède :

NM. -N^su =an 30.

N*'*. Ill-7v|iv/ =an33.

N**5. \\\\-N^su =an 34.

N» 6. -A'Arjiv/ = an 50.

N**7et8. \\\-NNN^su = an 73.

N*9. Il \\\nnnn^su = an 85.

III IWnnnnj^im, = an 86.

I III III ArTVA'.vjiv/ := an 87.

V 10. on = an 89.

N« 1 1 . -NNAN^Mf = an 90.

• W. Vaux. Num. ehron., t. XX, lR;i8, p. 92.

NM2. f^'fff^ = an 100.

Ill-|i-^i^|i>^ == an 403*.

Il lll-ji^i^jiv/ = an 105.

NIIIIHÎiv/ = an 106.

IIIIIIIMj,^/ = an 107.

NM5. lillllllH|v/ =anl08.

N" 16. nIA^ku = an 120.

iN" 17. lliv^Hji>^ = an 142.

N** 18. IllyvArHJiv, = an 143.

NM9. I lllArTvHjivt, = an 144.

iV20. Il III AryvHjiv/ = an 145.

N°21. lllllIlTVArHjiv, =anl47.

N''22. IIIIIIIUa'M-|iv, = an 148.

Les dates relevées par M. Vaux* sur les bronzes de Marathus sont suspectes comme exactitude, ainsi que Ta déjà remarqué M. Six'; nous les avons donc intentionnellement négligées. Quant à M. Six, il regarde comme certaine la date 23; cette date serait intéressante à contrôler puisqu'elle constituerait le point de départ de notre série; mais M. Six parait l'avoir empruntée à la liste de Vaux, et, s'il en est ainsi, je présume que c'est simplement la dernière partie d'une date dont les premiers chiffres seraient effacés.

On a généralement admis que les dates lues sur les monnaies de Marathus se rapportent à l'ère d'Ara-

* Les numéros 13 et 14, avec d'autres tjpes, portent cette même année 103.

« Num. chran., 1858, t. XX, p. 91.

» Num. ckron,, N.-S. t. XVH, p. 188, note 48.

dus. C'est Topinion de M. Six * et de M. Barclay Head V Avant d'examiner si ce comput est réellement applicable à nos séries, il importe de rappeler quel est le point de départ de Tère aradienne, d'après les résultats rigoureux des derniers travaux. De même que celles de Tyr et de Tripolis qui ne commencent qu'après Tère des Séleucides, Tère d'Aradus a son début en 259 av. J.-C, d'après Eckhel", et en 258, suivant M. Six \ On était alors sous le règne d'Antiochus II et pendant la période la plus obscure de rhistoire de la rivalité de ce prince avec le roi d'Egypte Ptolémée Philadelphe. Les recherches récentes de MM. Mommsen et Droysen^ n'ont fait que confirmer les inductions de Noris ^ et leur donner une plus grande précision en faisant valoir les considérations suivantes : Des monnaies de Trajan frappées à Aradus, sont datées des années 374 et 375 de l'ère urbaine, et elles donnent à l'empereur le titre de Parthïcus ^. Or, M. Mommsen a établi que l'espace de temps pendant lequel Trajan put porter le titre de Parthicus se trouve circonscrit entre le mois d'avril de Tan 116 au plus tôt et le 11 août de l'an 117, date de sa mort. C'est donc dans ce même laps de temps qu'il faut placer les monnaies datées des années 374 et 375 de l'ère d' Aradus.

» Num. chron., 1877, N. S. l. XVII, p. 18-189.

• Hiêioria numorura^ p. C70.

• Doctr. num, vet, t. III, p. 394-395 ; Barclay Head, Hiêt. num.^ p. 666.

• DansxVMiîi.rAro/i., 1877 (N. S. t. XVII) p. 187.

• Droysen. Hiêt. de l'hellénisme^ trad. Bouché-Leclercq, 1. III, p. 312, note, et appendice, p. 619.

' Annuê et epochae Syromacedonum (1691), p. 365 et suiv. ' Mionnel, Deêcr,, t. V, p. 464, n<> 845 et 847.

Si Tannée aradienne commençait à Téquinoxe de printemps comme celle de Damas, par exemple, Tannée 374 correspond à Tannée comprise entrain mars 116 et fin mars[in^ et Tannée 375 comprend depuis fin mars 117 jusqu'à /în mars 118. Si, au contraire, Tannée des Âradiens partait, comme celle des Séleucides, de Téquinoxe d'automne, Tannée 374 comprend de fin septembre 115 à fin septembre 116 et Tannée 375 de fin septembre 116 à fin septembre in. D'après ces calculs, le commencement deTère aradienne doit être fixé soit au mois de septembre de Tan 259 av. J.-C, soit au mois de mars de Tan 2o8 av. J.-C, sans qu'il soit possible, étant données nos connaissances actuelles, d'arriver à une plus grande précision. Pour plus de commodité dans Tétude des séries numismatiques, nous admettrons que Tan I de Tère d'Aradus correspond à Tan 259 av. J.-C, c'est-à-dire à Tan 53 de Tère des Séleucides.

Si nous calculons d'après ce point de départ les dates relevées sur les monnaies de Marathus, nous nous heurtons à des impossibilités évidentes. Ainsi, Thémidrachme n" 7 qui porte la date 73, bien positive, correspondrait à Tan Î86 avant notre ère; on vvoit, au droit, une tête de femme voilée dans laquelle on ne saurait méconnaître la tête de Bérénice II, femme de Plolémce III Evergète qui régna de 2î7 à 222 avant Jésus-Christ. Il est impossible d'adiueltre qu'on trouve le portrait de Bérénice sur des monnaies d'argent qui auraient été frappées à Marathus trente cinq ans environ après la mort de cette reine d'Egypte. Avec les dates 100 à 108,

correspondant, d'après l'ère aradienne, à 159-451 avant notre ère, nous avons un autre portrait de reine égyptienne, tandis que la dynastie des Lagides ne nous fournit point de femme ayant frappé monnaie à cette époque. De même, la date 236 qui figure sur la pièce qui porte MAPA en légende (n** 22), correspondrait, d'après Tère d'Aradus, à l'an 23 a\^nt notre ère, c'est-à-dire après la conquête de la Syrie par les Romains et à une époque où Marathus n'existait probablement plus. Aussi M. Imhoof Blumer s'est-il refusé lui-même à reconnaître ici une date aradienne\

Ces faits sont rigoureusement concluants, et il serait superflu d'insister davantage. Remarquons seulement qu'efîectivement Marathus n'avait aucune raison d'adopter l'ère d'Aradus : c'était l'ère d'une ville rivale qui l'inventa à une époque où Marathus était déjà séparée de sa métropole et en guerre avec elle. Un argument tire de l'usage traditionnel et d'une habitude invétérée ne saurait donc même être invoqué dans la circonstance.

Parmi les ères nombreuses qui ont été en usage dans les villes de la côte phénicienne sous la domination des Séleucides, il n'y en a que trois entre lesquelles on puisse hésiter pour les monnaies de Marathus. Ce sont : Tère dont le point de départ est fixé par M. Six 'en Tan 332 avant Jésus-Christ, année où Alexandre, après la prise de Tyr et de Gaza, se trouva déflnilivcment maître de toute la cinquième satrapie de l'empire perse; en second

* Imhoof-Blumer. Monnaies grecques^ p. 445.

* Six. Num. ehron., N. S. t. XVII, p. 183.

lieu, l'ère philippique, qui a son point de départ en 324, à la mort d'Alexandre ; enfin Tère des Séleucides, qui commence en 312. On pourrait encore se demander si Marathus n'a point aussi inventé à son usage une ère spéciale qui partirait du moment de son indépendance : mais cette hypothèse est inutile, car Tère locale aurait eu à peu près le même point de départ que l'ère séleucidienne, comme nous allons le constater*.

Les ères de 332 et de 324 ne sauraient convenir à quelques unes des monnaies que nous avons décrites plus haut. Par exemple, Thémidrachme du British Âluseum (n"* 5) qui porte l'an 34, tomberait en 298 ou 290, dates où il n'existe, ni en Egypte, ni en Syrie une reine offrant les traits que nous voyons figurer ici. De môme, l'hémidrachme de Bérénice II datée de Tan 73, tomberait soit en 259, soit en 251 avant Jésus-Christ, par conséquent avant que cette reine fut montée sur le trône d'Egypte.

L'ère des Séleucides, au contraire, s'adapte, comme on va le voir, si parfaitement h toutes les monnaies de Marathus qu'on ne saurait douter que c'est d'elle qu'il s'agit.

N° 1. Le létradrachmo aux types d'Alexandre avec l'an 30, correspond h l'an 282 avant Jésus- Christ. On était sous le règne de Sélcucus I*' Nicator (312-280) époque où Ton frappait partout cou-

* Nous rappellerons aussi, seulemont pour mémoire, rincertitude (le L. Millier au sujet des dates qui figurent sur les staléres au nom d'Alexandre frappés dans les villes phéniciennes : ils sont datés suivant une ère qui commencerait « Tannée où la Phéniuie fut délivrée du despotisme perse, ou peut-être de la bataille d'Issos (333) ou de celle du Granique (334) ». Millier, Num, d'Alex., p. 80-d2.

rammenl encore des monnaies aux types et au nom d'Âlexandre\

N" 2 et 3. Sans date.

N* 4. Tétradrachme aux types autonomes, de Tan 33 = 279 avant Jésus-Christ.

N* 5. Avec la date 34 = 278 avant Jésus-Christ, nous avons la tête d'Arsinoé I, la première femme de Ptolémée II Philadelphe qui la répudia en 277. On a donné à ce portrait de femme le nom de Bérénice ir, mais nous trouverons tout à l'heure la même reine avec la date 73 = 239, et le nom de Bérénice II a également été attribué à la tète de femme voilée qui figure sur les pièces (n"" 11) avec les dates 100 à 108 = 212 à 204 : on voit par ce simple rapprochement combien le classement que nous combattons est irrationnel.

Nous ne saurions donc hésiter à le corriger en proposant de reconnaître la tète d'Arsinoé I sur î'hémidrachme n"* 5. Il est vrai que si nous avons bien Arsinoé I sur la pièce de Marathus (et la date nous force à l'admettre), un certain nombre des monnaies égyptiennes que l'on attribue à Arsinoé II, la seconde femme de Ptolémée Philadelphe, devront être reportées à Arsinoé I. Mais je me garderai de m'engager ici dans la révision du classement des séries égyptiennes, si difficile et si mal étayé jusqu'ici : qu'il me suffise de signaler un nouvel élé-

< L. Mûller (Num, d'Alex., p. 298-299) croit ce t<^tradrachme frappé en l'an 304 av. J.-C; M. Six {Num. chron., N. S. t. XVU, p. 188) dit qu'il le placerait volontiers en Tan 238 environ.

' Voyez Reg. S. Poole, Ths PtoUmieê. Introduction, p. xii.

— ilO —

ment de critique dont d'autres devront tenir compte '.

N"* 6. Bronze aux types autonomes avec la date 50= 262 av. J.-C.

N"" 7. Ht'Mniiirarhme de Bérénice II, avecla date 73 = 239 av. J.-C. Cotte date correspond fort bion au règne di; IMolémée III Evcrgète (247 à 222 av. J.-C), et lo portrait de Bérénice II sur les pièces de la série égypIitMino mot notre attribution au-dessus de toute discussion. On sait quh celte époque les villes do la rôlo do IMiénicie étaient sous la domination des La^idos.

N* 8. Bron/.o avec la tî^te de Bérénice II et la date 73 = 23» av. J.-C).

N* 9. Buslo do Plolémée III, avec la date 85 = 227 av. J.-C. Nous vouons do voir que Ptolémée III Kv(»ri:Mo régna do 217 h 222 avant notre ère.

Les annéos 80 '226 av. J.-C), et 87 (225 av. J.-C.) que nous avons rolovéos sur dos monnaies aux mémos lypos, routroul parfaitomont aussi dans le règne de IMc^lémét» III Kvorgote, et il n'y a point à songer à IMoléniéo V comme le veut M. Barclay Head ", ou à Plolôméo IV Philopator comme le propose limidomoiil M. Poolc '. L'iconographie ne saurait d'ailleurs, dans le casprésont, être invoquée avec fruit; mais nous savons qu'à cette époque la côte

» >'ous couçtrilLToiis ici que M. FeuariltMil atl^jà classé à la première Arsinoé une pièce dor. Feuardonl. CoU. Dcmetrio. ÈgypU ancienne^ p. 40-4o.

* n\èi, num., p. CTO.

« The Ptolemia, Introd , p. XII

de Syrie continuait à être sous la domination des Lagides, et les ateliers de Tyr, de Sidon et d'autres villes phéniciennes frappaient monnaie au nom des Ptolémées.

N* 10. Tétradrachmes aux types autonomes, avec la date 89 = 223 avant notre ère.

N* 11. Bronze aux types autonomes avec la date 90 = 222 avant notre ère.

N' 12. Bronzes avec la tète de la reine Ârsinoé III et les dates 100 à 108 = 212 à 204 avant notre ère. Nous avons dit tout à l'heure qu'on avait donné à cette tête de femme voilée le nom de Bérénice II ; mais il est impossible que celte reine figure avec la date 73 et avec la date 108. Les traits de la reine sur les bronzes de style barbare dont il s'agit ici, peuvent convenir à Arsinoé III, femme de Plolémée IV Philopator, qui régna de 222 à 204 avant Jésus-Christ. La dernière année du règne de ce prince est précisément aussi la date la plus basse que nous constations sur les monnaies. Cependant, ne nous dissimulons pas une objection, bien qu'elle soit moins grave que spécieuse. Suivant le récit de Polybe \ Ârsinoé III Philopator fut assassinée par ordre de son mari, à une époque indéterminée que M. Poole fixe à l'an 209 '. Si cette date était certaine, nous nous trouverions en présence de monnaies frap* pées à Maralhus avec la tête d'Ârsinoé III dans les quatre ou cinq années qui suivirent sa mort. Mais la date n'est pas sûre, et pas n'est besoin pour nous

• Polyb., lib. V.poêiim.

• Poole. Tkê PtoUmiti, Introd., p. XCIV.

de recourir à l'hypothèse d'une glorification posthume d'Arsinoé , comme on le fit pour d'autres princes égyptiens. L'âge de Ptolémée V Épiphane qui monta sur le trône à cinq ans, en 204, suffit à démonlrer que Tannée 209 fixée pour la mort de sa mère, est une limite extrême dont il conviendrait peut-être de s'écarter pour se rapprocher de Tan 204. Les savants qui se sont occupés des séries égyptiennes ont généralement admis, depuis Visconti \ qu'Arsinoé Philopator est toujours représentée sans voile, ce qui permettait de la distinguer facilement des deux autres Arsinoé. Les monnaies de Marathus, venant à rencontre de cette opinion conjecturale, prouvent que, sur ce point, la distribution hypothétique des monnaies égyptiennes entre les trois Arsinoé est à reviser.

A partir d' Arsinoé III, et cette remarque ajoutera encore un degré de certitude à notre classement, les rois ou reines de l'Egypte ne figurent plus dans le monnayage de Marathus; or, c'est précisément avec la minorité de Ptolémée V Épiphane que TÉgypte cesse d'avoir toute action politique en Syrie et en Phénicie. Si même Ptolémée ne fut pas dépouillé de ses propres étals par le roi de Syrie Antiochus le Grandet PhilippeV de Macédoine, il ne le dût qu'aux victoires des Homains. L'histoire politique confirme donc indirectement le système chronologique que nous nous elTorçons d'établir.

* Iconogr. grecque , t. 111, p. 227 ; Cf. F- Feiiardent. Coll. Demêtrio. Egypte ancienne, p. 62; Poole. The Ptolemie», Introd., p. LUI.

N*^ 13 cl I i. Bron/cs aulonoinos avec la <la!e lo:5 = 201) aviuil Jésiis-dhrisl.

iS***lo à 21. Bronzns autonomes avec les (Jjilrs séleucidiennes 120 (= 192), 142 (= 170), ti:5

(=169), 1-44 (=168), 145^=167), 1 47 (= lO:)),

148(=164av. J.-C).

Celle dernière date 164 nous conduit h la fin du règne d*Anliochus IV, c'est-à-dire h la ix^riode des troubles jçravcs qui firent monter sur le Irone de Syrie Démélrius V\ Timarcluis, Alexandre I" Bala. Il esl donc possible que ces guerres intestines soient pour quelque chose dans l'interruption du monnayage de iMaralhus ; plus de quatre-vingts ans séparent en eiïel la monnaie de Tan 161) de la pièce suivante :

N° 22. Bronze autonome avec la légende MAPA- (Or:vaiv) et la date, en grec, 236 = 73 avant J.-C.

Ici encore, Thistoire vient confirmer notre théorie chronologique. Cette dernière date séleucidienne correspond, comme nous l'avons dit en commençant , au règne de Tigrane TArménien, au moment de la conquÊle de la Syrie par les Bomains ; c'est aussi st)us le règne de Tigrane, remarquons-le en passant, que cesse l'émission des monnaies autonomes de Tripolis* et des autres villes de la côte syrienne.

Serait-il possible d'admettre un instant que toutes les concordances historiques et chronologiques que nous venons d'énumérer ne soient que des coïnri dences fortuites et sans portée? évidemment non. Il reste donc à conclure rigoureusement que Marathus a fait exclusivement usage sur ses monnaies de l'ère

' ^tx. L'ère de TripoUij dans V Annuaire de la Société fr, de wjl' mi$tiK, 18S6, p. 232.

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