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lies Si^leiioides ou d'une ère locale qui se confondait avec elle. Elle a conservé ce compul jusqu*à sa ruine définilive, c'esl-à-dire jusqu'à Tarrivée des Romains, h rencoiilre des autres villes phéniciennes comme Sidon, Tyr, Acé, Tripolis qui après avoir, elles aussi, commenoé par employer sur leurs monnaies, Vbve séleucidienne, Tonl ensuite abandonnée sous la pression des événements politiques \ L'ère des Séloucides parait donc sur les monnaies de Maralhus un domi-sièrie avant de figurer sur celles des rois de Syri*^ eux-mèmos qui, d'ailleurs, empruntèrent aux ailles plitMiiciennes l'usage de dater leurs monnaies.
il nous faut maintenant envisager h un autre point (li^ vue la numismatique de Marathus. Sur les monnaies que nous avons décrites sous les numéros 4 et 10, on voit un personnage, indéterminé jusqu'ici» (|if on a désigne vaguement comme étant une figure d'homnie assis qui tient une palme et un acrostotium*; sur les numéros o, 7, 8, 12, 13 et 14, le uHMne personnage sans doute, est représenté debout, parlois accoudé sur un cippo et tenant Tacroslolium. Le létradrachme uMO nous donne le nom de ce personnage : le mol csy, /e peNp/e, qu'on lit sous lui, rorn'spnnd au mut AHMOZ qu'on rencontre souvent sur les monnaies de l'Asie mineure cl de la Syrie.
* Six. L V IV tle Tffr, 1 1 . i ri « .V« m . rhron . , i 886 .
* UiMil. IliMt. nufu., p. 07<»; Vaux dit môme que ce per9onnai;t*
ti'-nt riM j.'ivplnt.
Nous sommes donc en présence (runc représenlation du (ï^fxs; de Maralhus. Celle conslalalion est fort intéressante; mais je crois qu'il est possible d'aller plus loin encore et je proposerai de donner à celte figure le nom de Marathos, le héros éponyme de la ville qui en place la représentation d'une manière aussi persistante sur ses monnaies. Marathos est donné, dans le lexique de Suidas, comme fils d'Apollon et Tondaleur du dôme de Marathon en Atlique :
MûtpatOwv, TCTTC; ^AOtiVCdiv dzc MapàOcv ulcj 'Arrf/./covc;. Il
joue un rôle important dans la mylhologio do TAtlique et du Péloponnèse *. Nous [)Ouvons donc fort légitimement admettre par analogie, pour la ville phénicienne, un fondateur mythique du nom de Marathos. Ce héros, disons-nous, était fils d'Apollon; or, sur les léiradrachmes de Marathus, il csl précisément représenlé comme T Apollon des léiradrachmes des rois do Syrie contemporains ; il a la même altitude, le nj^Mue mouvement; la seule ditîé* rence consiste dans h's nllribuls. Apollon est assis surTomphaloset lient d'une main son arc, de l'autre une ilèche, Marathos est assis sur des boucliers comme le génie éponyme de TEtolie sur les monnaies de ce pays, et il tient l'acroslolium et une fleur à longue tige.
Les boucliers et Tacrostolium rappellent les luttes que dut soutenir Marathus pour conquérir son indépendance. QuanI à la longue tige, elle nous paniit caractériser particulièremiMil bien le héros Mara-
* Sur le héros Marathos, vovr/ <îoiiiard, Griechische }fi/thnIo(jie, t. H, p. 127, et W.-U. U«>s lu r. Ainllon und Mar», p. 78, nul»* 172 ,iii-8*, Leipzig, lS73i.
Ihos. C'est 1res probablement une tige de la plante que les Grecs appelaient pafafipcv ou paf-aOcv, et elle est un emblème parlant du nom de la ville , de même que la rose h Rhodes, le persil à Sélinonle, la pomme à Melos, la grenade à Side, et vingt autres exemples qu'il serait superflu d'énumérer.
Le [idpsLOpov^ dont le nom a persisté en Grèce jusqu'à nos jours, et qui a passé dans la langue latine^ marathnim et marathum^ est une plante de la famille des ombellifères qui a les plus grandes analogies avec le fenouil. Sa présence entre les mains du fils d'Apollon, le dieu de la médecine, est d'autant plus nalurelle que le marafhrum passait pour avoir des verlus curatives : un préjugé populaire, dont Pline s'est fait l'écho*, prétendait que les serpents atteints de cécité allaient se frotter les yeux contre la tige du marathrum pour recouvrer la vue. Ovide a chanté, de son côlé, les propriétés médicinales du marathrum :
Profuit et marathros bene oleiitibus addere myrrhis; Quinque trahant marathri scripula; inyrrha, uovera '.
Sammonicus dit à son tour dans ses préceptes médicaux :
Si Icnebras oculis subducit pigra senectiis ExpressfD marathro ^'ullœ cuni melle iiqueiili Detergere nialum poteruiit'.
Ajoutons encore qu'il y avait ïhippomarat/inim, à feuilles plus longues, et plus acre au goûl, qu'on employait, suivant Pline, pour guérir certaines afîec-
« Plin., Ilist.nat., VHI, 41, 4.
' Ovid. Medic.fac, vers 91 et 92.
' Sammonicus, 13, 15 (dans les Poeiœ latin, min.).
lions des oreilles. Telle est la plante, renommée pour ses propriétés curalives, que nous paraît tenir h la main le héros Marathos, iils d'Apollon 'Ixzfjc^. Sa lige, a laquelle est nouée une bandolelto, se termine par un fleuron bourgeonnant ; il n'est pas possible de la confondre, comme on Ta fait, avec une palme qui décrirait une courbe plus accentuée, serait couverte de feuilles sur toute sa longueur, ainsi qu'on peut s'en assurer, d'ailleurs, par les nombreuses représenlalions de la palme qui figurent sur les monnaies de Syrie et d'Egypte contemporaines.
(JUELOUKS REMMIQUES
SLR DES
iMONXAIKS D AFRIQUE ET D^ES PAGNE