‹ Mélanges numismatiques (volume 2)Chapitre 68 sur 239 · broyiitn, Uiêt. de thelUnUme, t. III, p. 309 ei toÎT · texte numérisé non relu

broyiitn, Uiêt. de thelUnUme, t. III, p. 309 ei toÎT

lopator et Antiochus III, le roi d'Egypte réclama formellement toute la Phénicie, sur laquelle ses prédécesseurs s'étaient arrogé des droits. Ces prétentions ayant paru inadmissibles à Antiochus III, les pourparlers furent rompus, la guerre déclarée, et la flotte égyptienne, rassemblée à Gaza sous les ordres de Nicolaos et de Perigénès, se mit en campagne. De son côté, Antiochus III envahit la Cœlésyrie et la Phénicie et s'avança jusqu'à Marathus. Là, les Aradiens vinrent spontanément le trouver, se rangeant dans son parti ; Antiochus fit alliance avec eux et, jouant le rôle d'arbitre pacificateur, il réussit à apaiser momentanément la rivalité déjà vieille des Aradiens et des Marathiens, qui était sur le point d'éclater en une collision sanglante. Après s'être ainsi assuré l'appui d'Aradus et de Marathus, le roi de Syrie s'avança jusqu'au cap Theoprosopon, et c'est là qu'il mit le pied sur le sol ennemi, c'està-dire dans les possessions égyptiennes.

La lutte fratricide d'Aradus et de Marathus parait donc n'être qu'un épisode de la guerre que se firent pendant tant d'années les rois de Syrie et d'Egypte pour la possession de la Phénicie. Cet antagonisme des deux cités éclata de nouveau, ainsi que nous l'avons déjà raconté*, sous le règne d'Alexandre I Bala. Alors, c'est-à-dire vers l'an 148 ou 150 avant notre ère, Ammonius gouverneur de la Phénicie du nord, au nom du roi de Syrie, autorisa les Aradiens à détruire Marathus. Les Aradiens fomentèrent un

1. Marathu», dans la Revue numismatique, 1888, p. 499. Ci-dessus, p. 88.

odieux complot pour surprendre Marathus, mais ils furent trahis par un des leurs qui se jeta à la nage pour aller prévenir la ville menacée. La conspiration échoua et Marathus fut sauvée encore une fois.

Tel est le cadre historique au milieu duquel se placent les premières émissions des monnaies autonomes d'Aradus. Les tétradrachmes aux types d^Alexandre, fmissant dans cette ville en Tan 76 des Sélcucides (237 av. J.-C), empiètent de 23 années sur Tère d'Aradus ; remarquons que c'est seulement aussi dix-huit ans après l'invention de son ère propre que Tripolis commence à substituer, sur ses monnaies, des dates de cette ère nationale aux dates séleucidiennes usitées jusque-là*. D'autre part, comme nous Tavons déjà dit, les premières monnaies datées suivant Tère aradienne portent l'an 20 (ci-dessous les n"*" 1 , 2 et 3). 11 résulte de là que, pendant trois années, Fatclicr d'Aradus produisit concurremment des monnaies avec deux computs différents : les pièces destinées au commerce extérieur continuaient à porter l'ère sélcucidicnne, tandis que les petites divisions réservées aux transactions locales et qui, auparavant, étaient sans date, commencèrent à faire mention de Tèrc aradienne qui ne tarde pas à prévaloir exclusivement.

1. — Tête laurce et barbue de Melqart ou de Zeus (?), à droite. Grènetis.

1. Six, Vère de Tripoli», dans V Annuaire de ia Société de numiêmatifuef 1886, p. 22U.

ÇT. Proue de navire à gauche, l'avant surmonté de la figure d'Athéna Promachos ; au dessus, le monogramme composé des lettres AP. A l'exergue, la date /\/f\u<^ (= dans Vannée 20). Grènetis.

JR. 14mill.— 2gr. 75.

La date est suffisamment lisible. On reconnaît sans hésitation la lettre 3 devant le mot TW^ bien que ce préfixe ne paraisse pas, dans la suite, sur les monnaies datées d'Aradus. Ainsi qu'on a pu le remarquer, les types sont pareils à ceux de la médaille décrite ci-dessus sous le n® 7 (p. 250) : il ne manque à cette dernière que la date. M. Imhoof Blumer a publié une pièce aux mêmes types, avec INnw (an 21 *).

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