‹ Mélanges numismatiques (volume 2)Chapitre 67 sur 239 · Même tête · texte numérisé non relu

Même tête

Cf. Même proue. Au dessus, le monogramme composé des lettres AP, et une massue couchée. JE, 16 mill. Bords taillés en biseau.

C'est sur des monnaies pareilles à ces dernières pièces d'argent et de bronze que paraissent les premières dates calculées d'après l'ère aradienne. Ainsi qu'on le verra plus loin, la plus ancienne que nous ayons relevée est l'an 20 qui correspond à l'an 73 des Séleucides (240 avant J.-C.).

4" période (237 à 46 av. J.-G.)

Les causes de la rivalité d'Aradus et de Marathus nous sont révélées, comme nous Tavons déjà laissé entrevoir, par la numismatique de ces deux villes. Les premiers Ptolémccs possédaient les ports principaux de la Phénicic et de la Syrie. Séleucie même, à Tembouchure de l'Oronte, était au pouvoir des rois d'Egypte au temps de Séleucus II, et cette ville paraît avoir eu longtemps une garnison égyptienne *. Les Séleucides, de leur côté, mirent de temps à autre, la main sur des villes de la Phénicie du nord, et nous verrons tout à Theure les Aradiens s'empresser de faire bon accueil à Antiochus III. Les monnaies de Marathus portent des types égyptiens qui prouvent que, plusieurs générations durant, les Lagides furent maîtres de cette place ; au contraire, à Aradus, on ne rencontre sur les monnaies aucun indice permettant de croire que les rois d'Egypte aient jamais réussi à étendre leur domination sur l'île. Les Aradiens s'attachèrent plutôt aux rois de Syrie, aux heures où, contraints d'aliéner leur liberté, ils se trouvèrent forcés de choisir un maître, et nous avons vu que le monogramme d'Aradus paraît de temps à autre sur les monnaies des rois Séleucides. C'est dans cette rivalité des influences syrienne et égyptienne qu'il faut chercher la véritable cause de la lutte longue et acharnée de Marathus et d'Aradus.

1. Droy^en, UUt. de VheUén'nmey trad. Bouché-Lccicrcq, l. III, p. 448.

Aradus inaugure Têre de son autonomie dan rautomne de l'an 2o9, et c'est peut-être à cett date que remonte la rupture définitive entre le deux villes sœurs : on était sous les règnes dWntio chus II Théos 261-246 et de Ptolémée U Phila delphe 287-247 . et c'est vers 259 que commenci entre ces deux princes une grande guerre sur laqueU les historiens nous ont conservé peu de renseigne menls^ Nous savons seulement qu*Antiochus II fu malheureux et que Ptolémée reconquit une partie d< la Phénîcie et de la Cilicie. Qu'advint-il dWradus e de Marathus au milieu de ces événements obscurs Nous ne saurions le savoir. Cependant si le monnaies de Marathus de cette époque nous pré sentent des types ég^-ptiens, tandis que Tateliei dWradus ne nous en fournit aucun, mais parait^ ai contraire, avoir fonctionné au nom du roi de Syrie il est permis de conclure de là que Marathus si déclara pour le roi d'Eg^-pte, tandis qu' Aradus plutôt favorable au roi de Syrie, conquit son indé pendance à la faveur de ces troubles : telles sont vraisemblablement, les circonstances politiques qu ont porté les Aradiens à créer une ère nationale.

Ces inductions, qui ont pour base Tétude des médailles, trouvent leur confirmation directe dam un épisode du règne d'Antiochus III le Grand, raconté par Polybe (V, 68). Lors des négociations qui, vers 221, furent entamées à Séleucie sui rOrontc, territoire égyptien, entre Ptolémée IV Phi-

Page 1