Mioonet, Descr., t. II, p. 542, n
ou un adieu des marins cyzicéniens à leur patrie, Ou bien même comme formant le début d'une de ces mélopées populaires chantées par les marins durant leurs voyages ; mais la comparaison avec Tinscription d'une autre médaille va nous permettre de proposer une interprétation plus scientifique.
Eckhel a donné, avec cette science et cette sûreté de critique dont il se départit rarement, une fort ingénieuse explication de la légende d'une monnaie d'Ephèse, à l'effigie de Philippe père, qui se rattache étroitement aux pièces cyzicéniennes que nous étudions ici. Sur cette monnaie, qui est aussi au type d'une galère, on lit €0€CinN-A-KATAnAOYC*. Un passage d'Ulpien', relatif au départ des magistrats romains dans les provinces, est le commentaire direct de ce type et de cette légende. En arrivant dans sa province, le proconsul était reçu avec les plus grands honneurs et il faisait dans la métropole une entrée triomphale. Dans la province d'Asie, où il ne pouvait pénétrer que par mer, son arrivée s'appelait xaTdtuXouç {adnavigatio)^ et il devait aborder d'abord à Ephèse, la première métropole {inter matrices urbes Ephesum primant attingere). Ainsi, d'après ce témoignage, conclut Eckhel, c'est l'entrée du navire du proconsul dans le port d'Ephèse, qui se trouve désignée sur la monnaie par le mot xaTauXouç, et la lettre A de la légende signifie qu'Ephèse était la première des villes d'Asie visitée
1 Mionnet, Suppl, t. VI, p. 188, n- 719; cf. Eckhel, D. N. K., t. H, p. 518.
2. Ulpien, Digat-t I, 16, 4, §5; cf. J. Marquardt, Romiache SiaaUverwal" tungf 2* éd. (Leipzig, 1881), p. 337. (Handbach der rdmischen Alterihttmer), et WaddiDgton, Feutet deê prouincet atiatiqueêt p. 15 et 16.
par le proconsul (irpâiTo<; xai:àitXou<;, prima adnavi-gatio ad Ephesiorum urbem).
Cette interprétation si judicieuse et si intéressante nous paraît jeter une certaine lumière sur la légende cyzicénienne : KAIPE TTOAI. Après avoir visité Ephèse, le proconsul parcourait successivement les villes principales de sa province, surtout les villes qui, comme Cyzique, prétendaient au titre de métropole * ; comme tout nouveau fonctionnaire, il arrivait la bouche pleine de promesses, et il était accueilli avec des démonstrations de joie. Sur le navire qui le portait, l'inscription a ^arpe, iroXt » était une avance flatteuse faite à la ville qu'il allait visiter, un souhait de bienvenue.
Chaque nouveau proconsul avait recours à un procédé de son choix, à une devise particulière pour conquérir les suffrages des villes qu'il devait administrer : c'est dans ce sens, fort probablement, que l'on doit chercher à expliquer un autre grand médaillon de Cyzique, au type de la galère et à l'effigie d'Hadrien : sur cette nouvelle pièce, on lit, au dessus du navire, le mot €YTYX€CTATOY, dont l'interprétation a rebuté Eckhel lui-même*.
Tout en indiquant la voie dans laquelle on doit chercher, je n'ose formuler des hypothèses, n'étant nullement certain que la forme du génitif masculin, donnée par l'ancien catalogue d'Ennery, soit correctement lue. Peut-être doit-on comprendre :