KPOKAICA €T. BOP (172). Temple tétrastyle. jE
Mionnet décrit cette pièce, comme la précédente, à Hiérocésarée de Lydie (n° 261).
Caracalla. AY- K. M- AYPH. ANTCONINOC. Tôle laurée de Caracalla à droite,
i^. KPOKAI. KOMAN€CO. Temple tétrastyle sous lequel est une Victoire debout sur un cippe, tenant une palme et une couronne. A l'exergue, €T. BOP (172). ^8 7,.
Comme les deux précédentes, cette monnaie est décrite à Hiérocésarée de Lydie par Mionnet (n''262), qui l'a publiée d'après la collection Allier de Hauleroche. Elle est, depuis lors, entrée au Cabinet des Médailles. Mionnet a lu ItPOKAlC, prenant pour un C l'acrotère du temple. De plus, il n'a pas su reconnsdtre le type, car il le décrit ainsi : « Un autel allumé surmonté d'un trophée militaire. »
La place que Mionnet a donnée aux trois médailles précédentes prouve que ce numismatiste les regardait comme ayant été frappées en commun par deux villes : une des Comana et Hiérocésarée de Lydie. Eckhel pourtant avait démontré Tinvraisemblance de cette hypothèse formulée déjà par Vaillant et Hardouin \ Quant aux dates qui âgurent à la suite de la légende, elles suffiraient, à elles seules, à prouver que les médailles précédentes sont de Comana du Pont« Eckhel a démontré qu'elles se rapportent à l'ère du Pont qui commence en 791 ou 792 de Rome (38 on 39 ap. J.-C), époque où Caligula donna 1^ royaume du Pont à Polémon IL
La ville de Pisidie, qui est appelée Ko^va par les auteui^, porte dans les inscriptions et sur les médailles le nom de Comama. M. Ramsay a visité les ruines de cette ville, qui se trouvent à une courte distance au nordouest de Cremna. Il y a copié deux inscriptions qu'il a publiées en 1884 et qui prouvent que, comme beaucoup d'autres villes de Pisidie, Comana devint une colonie romaine à parlir d'Auguste. L'un de ces textes épigraphiques commence par ces mots :
COL. IVL. AVGVSTAI FIDA COMAMA'
< Eckhel, Doct, nuw, vel.^ t. Il, p. 352.
s Ephemerii epigraphica, i. Y» 1884, p. 581-58t.
C'est donc à Comana, ou plutôt à Comama de Pisidie, qu'il faut classer les monnaies coloniales à Tefligie d'Antonin le Pieux, de Julia Domna et de Caracalla, qui portent en légende, au revers : COL- AVG. COMAMA ou une légende latine analogue. Voici la description de ces pièces :
Antonin le Pieux. IMP. CAESAR. ANTON Tête
laurée d'Antonin le Pieux à droite.
i^. COL. AVG. COMAMA {Colonia Augusla Comama). Junon Pronuba, voilée et vêtue de la stola, debout de face. ^ 5.
Cette médaille, donnée par Mionnet {SuppL, Cappadoce, n*" 305) à Comana de Cappadoce, d'après la collection Allier de Hauteroche, est maintenant au Cabinet des Médailles. C'est probablement im autre exemplaire de la même médaille que Mionnat a décrit d'après le Leœicon de Rasche, à Comana du Pont (n** 109).
Julia Domna. IVLIA- DOMNA* Buste de Julia Domna à droite, avec la stola sur les épaules.
i^. COL. IVL. F. COMAMA (Colonia Julia Fida Comarna). Némésis debout à gauche, vêtue de la stola, portant la main droite à la draperie qui lui recouvre le sein et tenant de la main gauche une corne d'abondance. ^ 4.
Mionnet [SuppL^ Cappadoce, n"* 306) décrit inexactement cette pièce. Il lit COMM. P. P. COL. IVL. F- L'inscription que nous avons citée plus haut démontre que la lettre F. doit s'interpréter par Fida (Colonia Julia Fida Comama) et non par Félix, comme on pourrait le croire au premier abord.
Caracalla. IMP-CAES- M. AVR. ANTONINVS. Buste lauré de Caracalla à droite; aveclepaludamentum.
i^. COL. IVL. AVGG. F- COMA[M]ENORV. Junon Pronuba voilée, debout de face, sous un temple à deux colonnes. ^ 9 */«•
Mionnet a décrit une première fois cette monnaie à Comana du Pont ; une seconde fois à Comana de Cappadoce, en croyant cette dernière attribution meilleure que la première. Sa description est d'ailleurs inexacte ; car il lit : COL. IVL AVG. G- l. F. COMANORV. Il faut lire AVGG. {Augustorum)^ ce qui prouve que la pièce a été frappée avant la mort de Geta; on doit rétablir aussi COMAMENORV; si l'M est effacé dans la légende, l'E est parfaitement visible et ne laisse aucun doute sur la lecture qui, d'ailleurs, est confirmée par la pièce suivante.
IMP. CAES. M. AVR. ANTONINVS. AVG. Buste lauré de Caracalla à droite, avec le paludamentum.
i^. G. COMAMENOR. Deux femmes voilées et
tourelées, assises en regard, sous un temple à deux colonnes sur le fronton duquel est un aigle aux ailes éployées. ^ 9 */,•
Cette médaille n'est pas dans Mionnet. Le commencement de la légende est fruste, mais le mot COMA- MENORum est très distinct et ne saurait faire l'objet d'un doute.
Enfin, à ces pièces, il faut ajouter la suivante que Mionnet a enregistrée à la Cappadoce d'après Sestini :
IMP. C M. AVR. ANTONINVS. AVG- Tête laurée de Caracalla.
ï^. COL. AVG. COMANORVM. Femme vêtue de la stola, debout de face, avec une tête de taureau, la
main droite levée sur une haste, et tenant de la main gauche pendante un petit vase. j:E 7.
Mionnet (SuppL, Cappadoce, vH" 308), à qui nous empruntons cette description, n'a connu celte médaille que d'après Sestini. Elle a fait partie du musée Hedervar, dispersé depuis longtemps, et nous ne savons ce qu'elle est devenue. Il ne nous semble pas douteux, d'après tout ce qui précède, qu'on doive lire COMAME- NORVM au lieu de COMANORVM.
Il nous reste à faire une remarque au sujet des va* riétés de l'ethnique de la ville de Pisidie dont nous nous entretenons ici. Les inscriptions publiées par M. Ramsay portent Cotnama; les monnaies portent aussi Comama et le génitif pluriel Comamenorum. J'ai dit plus haut que les auteurs anciens donnaient à cette ville le nom de Comana; ces auteurs se réduisent à deux. C'est Ptolémée et Hiéroclès ; et encore Forbiger nous apprend qu'un des manuscrits de Ptolémée, le Codex Palatinus^ porte Ki^fiuxxo; au heu de Kénoota \ Hiéroclès, qui mentionne KijiMcva, dit que cette ville, à l'époque byzantine, faisait partie de la province de Pamphylie. On a enfin parfois confondu Ck)mana ou Comama de Pisidie avec une ville de Gonana (Kévova) également en Pisidie, au sud de Baris, et dont les monnaies portent KONAN€aN ^
A Forbiger, Handbueh der allen Géographie, t. II, p. 337.
s Forbiger, ùp, cU,^ p. 334. La eoufusion que je signale a été faite notam* ment par E. Muret qui classe à Comana de Pisidie les monnaies portant la légende KONANEHN* Annuaire de la Société de IVumismatique, 1866, p. 42t
Si l'on adopte la classification numismatique proposée dans les pages précédentes, il s'ensuit qu'il ne reste plus aucune médaille à Comana de Gappadoce. Celte ville, avons-nous dit, était non moins célèbre que celle du Pont, et pour la distinguer de cette dernière on lui donne parfois le surnom de Xp^jo-yj, ou bien l'on dit ra Kcfzava zriç KaTnra^ox/aç. M. Ramsay a déterminé avec certitude l'emplacement de la Comana de Gappadoce \ Elle se trouvait dans la Cataonie, sur l'ancien Sarus, là où est actuellement une localité du nom de Sherherdere-si. Les textes épigra[)hiques que le savant voyageur anglais a recueillis en cet endroit ne mentionnent pas le nom de la ville. Mais trois inscriptions de la Cataonie publiées par M. Waddingtou donnent à Comana le surnom d'Hiéropolis ' ; elle prit ce titre sans doute pour imiter sa rivale, la Comana Pon tique, qui avait le nom de Hiérocésarée . Si, comme nous Tavons démontré, aucune des monnaies portant le nom de Comana ne peut être attribuée à Comana de Cappadoce, peut-êlre quelques-unes des médailles attribuées aux différentes villes à'Hiéropolisy ou HiérapoliSy savoir Hiéropolis de Cilicie (Castabala), Hiéropolis de Cyrrhestique, Hiérapolis de Syrie et Hiérapolis de Phrygie, pourraient être reportées à Comana de Cappadoce. Des monnaies autonomes enfin.
» Journal of Philology, t. XI, 4882, p. 445.
» BulL de eoir. hellénique, 4883, p. 423 et suiv.
mal classées jusqu ici, ap|>artienn8nt probablement à cette ville, car il serait étonnant qu'une cité aussi importante que celle-là au point de vue commercial, et dont le sanctuaire, avec ses six mille hiérodules, comme celui de la Comana Pontique, était encore si célèbre à Tépoque romaine, n'eût jamais possédé d'atelier monétaire. Dans tous les cas, c'est un nouveau côté de la question que nous aborderons peutêtre un jour; aujourd'hui, nous avons voulu nous borner à déterminer nettement les éléments du classement des monnaies qui, à l'époque impériale, ont été frappées avec les noms de Comana et de Comama.
MARCUS ANNIUS AFRINUS