‹ Mélanges numismatiquesChapitre 36 sur 109 · MONNAIES · texte numérisé non relu

MONNAIES

[urel a publié dans 1 une monnaie de C ; peut, je crois, êt[ une grande vraiseï onnée par Muret :

RTVS HONOR. Tête .

î de l'Honneur, COI s romains des famill TTIVS M.... VS IIIIVI rbedeP. Sittiusà di 1 en biseau. — Cabi ide du reverses! dét e plaçant d'abord i Èriel, on parvient iC lecture dont Mure )uria de Dardel n'a : p. SITTIVS MVG.

S- P'ice qui doit s'i (tius.Mug... nus, qh sénat as permissu.

ule décréta decurion ies d'Afrique; quai ;onlre ici pour la pi Dans l'épigraphie h

■■t pi. Il, n* 10.

luapecunia; il esl plus . des monnaies muni- •éler par : de sehatûs

I est inscrit sur cette toire pour avoir pris guerres civiles de la qui, par la prise de ipagne entreprise par 1 et les Pompéiens.

tnran46 avant Jésusouvelle colonie reçut Juvenalis Honoris et nt les types de l'Honièce qui est, par cou- B à Cirta, bien qu'elle On comprend égaleail tenu à cœur de ie de son fondateur, rabion, (ils de Masi-

liner le nom du quaémission monétaire; Lide matérielle, com- ' La monnaie inédite :ture définitive, le Publius Sillius, à

;e barbue de Jupiter,

- PI. VI, qu'une 5 ; on poi t bieo à ition toui deux m* î restitua as hors îctemeni ï de P. 1 nianus, i i, n'est , de la E

revers i r[o] D(eci

;vRM.... ] mou dan mages d Tullensii pauper e est fat rma don arteia, e:

naies doi du mod

a pro mort as aiUon.

ize de la même série i lais il a élé mal publ lenl, après hésitatioD, lété, il est vrai, rectifi de la médaille est to nplète et incertaine. '.

Muller :

IIVIR. Tête de P. Sillii

: Rome; au-dessus ui.

e de Florence '.

médaille avec les de restituer, au droit, api VS IIIIVIR- Au revers,

[DEC] DECVR (D^CTi èe est celle de la Valet

œnus à reconstituer I loyen et petit bronze, ^ lélaire faite au nom el ia colonie de Cirta no pièces sont semblabi ital, la forme des lettri l leur rapprochement lus que leur attributic as d'autres monnaies iiblius Sittius, en rais' us à César, jouit dans

iS (attribution à Cirta], et S

tive à Curubis).

DO 7i; Cf. Mucet, dans la Ri;

ntl pa Do rée I d

lécl Itrt 1 p

. BATVS PRAEF. Tête de

■e, à droite.

m bronze, 23"'. Bord e

dailles. — PI. Vl.fig. 4.

-CN. STATI. UBO. PRAEI

à droite.

^CERDOS- Patère et prae

, bronze, 21". Bord enbi

remière seulement de ce

les trois sont du iiiêm< aspect extérieur, le mèi pais et taillé en biseau, e lom de ville, on ne saura procher et à les consid ! même atelier et à nm :'est-à-dire sous Auguste re.

;us Batus, dont le nom r ;es, est qualifié de praeft municipal n'est mention!

mi chez aucun auteur. C ise conservation des deux nom nous parait certain Ler l'une ou l'autre des c

qui a proposé de lire sur VS, ABBATVS, ARBATVS, /S'. On ne saurait nor ï terminant par — bath î, Probatm, Fabatus, J est bien complet et pré

ii'i fpigrapkique, faac, I, de I8i

leurs, Batus, bien que latine, n'est qu'une fréquent en Afrique '.

raugusta, en Espagne, qualifié ;>rfle/ec/u* Caii •çait probablement les I préfet duumviral. Ce l'Espagne plutôt qu'ei ons un certain nombre les noms ou même l'efvec les noms de divers Ffètes ou duumvirs, oe ; à UD magistrat la quai que ce titre est asseï es d'Espagne. Quant è 1 de M. Batus, elle auG pronoDcé et on doit j tatus lui-même, car et le impériale ou divine, publiée par M. Roberl signalée ici même pai pu tout à l'heure recli' ilarcus Batus, et nou!

voir proposer une nouigende qui figure sui /AGAXA. T. TIRO. AED.

aé à un soldat, dans Siliui léraire mentionne un Jnliu evue arckéol., nov.-déc, 1881

1886 (t. VI), p. 40.

sède deux exemplaires de tat de conservation qui ne H]uer comme arguments iphie qui nous occupe. Il iit de Statilius ou Statius,

reconnu tout à l'heure ! Publias Sitlius.

depuis longtemps en pluété classée à l'Espace', ntre en Espagne quelques

pas de nom d'atelier, !es à circuler dans toute

conséquence, la pièce de i; il suppose qu'Agrippa,

traits, obtint le titre de igua en ses lieu et place tr cette raison, s'intitule attribue à Carthago Nova 'atelier, qui portent les lales. Eckhe! et d'autres e de Cn. Statius Libo à

jtions n'est scientifiquereste ouvert aux hypoins oser résoudre le proui figure comme duumisaraugusta', et un Tiro pièce de Carthago Nova

p. 316; Sestini, Sfedagh'eAisp.'

iciiM pourSIad'us ouS(at»fius.

Eipagne, p. 201.

lACCHIUS JUDAEUS.

ous les antiquaires connaissent les monnaies El République romaine, au revers desquelles représenté un roi de l'Orient agenouillé à côté 1 chameau qu'il tient parla bride. Ce roi tend, le main suppliante, une branche d'olivier, ibole de paix ; il est vêtu des larges pantalons maxyrides que l'art antique donne communéit aux Parthes et que nous voyons portés, ore aujourd'hui, par les Orientaux; sur ses ules il a un grand manteau qui rappelle le nous des Arabes, Il est nu-tête, avec des che- X longs ; une observation minutieuse d'un Qd nombre d'exemplaires de ces deniers qui iont pas rares, nous a permis de constater que wrsonoage ainsi figuré, est parfois imberbe c des traits juvéniles, tandis que d'autres fois

a a une longue barbe et l'aspect d'un vieillard (i). Le chameau qui figure à côté de son maître est couvert d'une selle qui offre des variantes. Borghesi y a ingénieusement reconnu tantôt Vepkipptum ou centuncidum, la selle de guerre d'où les Arabes pouvaient de haut, % ^*^' suivant l'expression d'Appien (2), décocher leurs flèches sur l'ennemi ; tantôt le bât en bois ou sagma, fait pour les chameaux de charge, et sur lequel on installait le matériel de campement et les vivres, d'où les chameaux étaient dits sagmarii et otierarii (3).

Les inscriptions qui accompagnent ce type curieux, partagent ces deniers en deux groupes, et prouvent qu'ils ont été frappés à Rome par deux personnages différents et à quelques années d'intervalle. Les uns, en effet, portent la légende : M ■ SCAVR • AED • CVR ■ EX S ■ C ■ REX ARETAS. {Marctis Scaurus, aedilis curulis, exsenatus consulta. Rex Aretas.) Il n'y a aucun doute possible au sujet de leur interprétation et de l'explication du tableau en miniature dont l'inscription nous donne la clef. Ces deniers ont été frappés

(1) Le duc de Luynes a cru remarquer que quelquefbii le personnage est coiffé d'une tiare pointue. Maïs naut n'avons pas réussi a découvrir cène intéressante particularité sur aucun des très nombreux deniers qui nous sont passas sous les yeux. Voir A.-H. di Luîmes, dans la Revue numismatique de i858, p, 384.

(î) Apmah. De reb. Syr., XXXLI.

(3} BoNCHESi, Œuvret eomplèles, (. Il, p. 1K6; Cf E. Babbi.oh, if nnnales de la république rcanai'it. X. I". p, 120.

tatus constdto) par l'édite scaurus, et le type repré- :as offrant sa soumission Scaurus est placée avec ne 696 (58 avant J. C.) :

! ces monnaies qui rapus joua en Syrie lors de Nous savons, en effet, Scaurus, lieutenant de nales incursions d'Arétas : les armes et à payer un nts : ce fut Scaurus qui Arabie Pétrée. Quelques à Rome et investi de la fut chargé de l'émission emple de la plupart des t la République romaine, s qu'il fit frapper, proba- 1 tribut d'Arétas, un type sux exploits en Orient, nétaire dont l'interprétaussi précise qu'on peut le u'il existe un petit groupe jr lesquels les mots RËX inscrits. Mais le type et le t demeurés identiques, de

'( offre un type et une légendi: qui ir un des ancêlres de M. Scsurut, I noua en occuper ici .

sorte que les pièces sur lesquelles on lit rex Aretas, expliquent sans effort celles où ces deux mots sont omis.

La seconde série de nos deniers porte, au revers, une légende toute différente de celle qui vient d'être expliquée. On y lit simplement ces mots : BACCHIVS IVDAEVS. Le droit nous apprend que ces monnaies ont été frappées par l'édile curule Aulus Plautius. Voici, au surplus, la description intégrale de ces pièces qu'il s'agit d'expliquer : A ■ PLAVTIVS AED ■ CVR ■ S ■ C. [Atdus Plautius aedilis curulis. Senatûs consulta). Tête de femme à droite, surmontée d'une couronne murale.

Rev. BACCHIVS IVDAEVS. Personnage agenouillé dans une attitude suppliante, tenant de la main gauche un chameau par la bride, et de la main droite, une branche d'olivier.

Le magistrat qui fit frapper cette médaille, Aulus Plautius, sur l'ordre du Sénat, en qualité d'édile curule, remplit cette charge en l'an 700 de Rome [54 av. J. C.) : son denier est donc postérieur de quatre ans aux pièces de Scaurus dont il reproduit le type de revers, moins les légendes.

Quel est ce Bacchius Jitdaeus qui figure au revers de notre médaille à la place du roi Arétas ? Plusieurs érudits ont cherché à l'expliquer , et s'ils n'ont pas trouvé, selon moi, la véritable solution du problème, c'est peut-être qu'ils sont allés la chercher trop loin. Elle me paraît des plus simples,

ainsi que nous le verrons tout à l'heure ; rappelons d'abord les principales hypothèses qui ont été proposées.

Le savant qui s'est approché le plus près de la vérité, est le duc de Luynes, et ceux qui sont venus après lui ont eu le tort de condamner trop absolument son opinion. Il voit dans le mot Bacchius le nom hébreu latinisé d'Aristobule, le roi juif fils d'Alexandre Jannée et compétiteur de son frère aîné Hyrcan. On sait que ce prince, dans la guerre même qui aboutit à la soumission d'Arétas, fut fait prisonnier par Pompée et emmené à Rome en captivité avec le roi nabatéen. Dans l'hypothèse du duc de Luynes, le nom hébreu d'Aristobule devait être 'p2 Bticchi, ou liTpn Btccchiou, mot dont les Romains auraient fait Bacchius. Aucun témoignage de l'antiquité, il est vrai, ne nous fait connaître le nom juif d'Aristobule, mais, ajoute ce savant, on sait que les princes juifs de ce temps avaient généralement deux noms, l'un grec ou romain, l'autre hébreu. « Il semble donc permis de reconnaître dans le Bacchius jusqu'à présent inconnu, l'ArivStobule vaincu par Pompée, et de croire que la médaille de la famille Plautia représente d'un côté la tête de la ville de Jérusalem personnifiée, de l'autre Aristobule vaincu, se livrant à Pompée, et déposant son titre de roi » (i).

(i) Duc DE Luynes, dans la Revue numismatique, i858, p. 384.

L'abbé Cavedoni, à qui l'on doit tant d'ingénieux aperçus sur les monnaies romaines, émit, dans un premier écrit, l'opinion que Bacchius Judaeus était un roi juif de quelque district de l'Arabie Pétrée. Il appuie cette conjecture sur un passage de Diodore de Sicile dans lequel l'historien grec rapporte que Pompée soumit < Aristobule, roi des Juifs, Arétas, roi des Nabatéens et un roi des Arabes (<« b«i).'« ■njii.im») > (i). Dans un deuxième ouvrage, le même auteur propose une autre hypothèse. Il rappelle que Josèphe (2) énumère panni les vaincus de Pompée un certain Silas le Juif {m^ i i.uAi»), tyran de Lysiade en Cœlésyrie, et il cherche, en conséquence, à identifier le nom gréco-latin Silas avec le nom hébreu Buccki (3). Plus tard enfin, après la publication du duc de Luynes, Cavedoni dit qu'on pourrait admettre que Bacckius est le nom gréco-latin du tyran de Lysiade qui s'appelait en hébreu Sela (4). Mais il fait aussi bon marché de cette conjecture que des précédentes, car il s'empresse d'ajouter que Silas est plutôt un nom dérivé de Silvanus, et que le tyran de Lysiade soumis par Pompée dans sa marche victorieuse de Damas à Jérusalem, était un personnage de trop mince importance pour mériter que son image figurât comme type moné-

(1) Cavedoni, Appendice al saggio, p. 145.

(a) Job.. Ant.juJ., XIV, 3, 3.

(3) Caviimni. Ragguaglio de' ripostigU, p, 1 1>, note 96.

I4I Voi*r le 7'AnaHrHS de GeneeiiK, p. 141?.

avec celle du roi Arétas (i).

talien ne peut se résoudre à opinion du duc de Luynes.

tête de femme tourelée, au est plutôt Cybèle que Jérubèle figurant sur plusieurs sous la république romaine En second lieu, Aristobule e sous son nom gréco-latin, m sous un nom juif ignoré la Judée. En outre, son nom nt Judas déjà porté par le t Bacchius est, selon lui, un ;réco-latin et non juif. Dans î, Cavedoni ne trouve rien de retourner à sa première ; à supposer que l'expression e le BwOiit •kfiAt, innommé , qu'on suppose de religion dans l'Arabie Pétrée, aurait a dépendance d'Arétas le /aume s'étendait jusqu'à la

:, de son côté, que ce B*«iiii ussi avec Bacchius Judaeus, s Sceniti cantonnés dans la

tttino archeoiogico neapolilant), i858,

rtie inférieure de la Mésopotamie (i). Enfin, . Mommsen se contente de repousser l'opinion i duc de Luynes pour deux motifs. Le premier, st que le titre de rex accompagnerait le nom du i juif, comme il accompagne le nom d'Arétas ; second, c'est qu'Arïstobule fit sa soumission )n à Plautius, lieutenant de Pompée, mais à jmpée lui-même (2). Ces arguments ne me uraissent pas bien solides, car il suffit que Plaujs ait pris une part directe à la soumission Aristobule, sous les ordres de Pompée, pour stifier la présence du roi juif sur les monnaies l'il fît frapper plus tard à Rome comme édile irule. D'autre part, les noms des anciens rois de ome, Numa Pompîlius et Ancus Marcius fîgu- Bt sur des monnaies de la république romaine imîUe Marcia) sans que le titre royal leur soit anné. Il est aussi possible que les Romains aient ivisagé Aristobule plutôt comme grand prêtre ue comme roi des Juifs, car il cumulait, cette Duble dignité, et dans la légende hébraïque de ;urs monnaies, les princes asmonéens ne prenent que le titre de grand prêtre et non celui de )i.

Me trouvantenprésence d'opinions aussi diverses >rsque je fus amené à traiter la question pour ma >escription des monnaies de la République romaine,

(1) BoRCHEsi, dans le Giornale Arcad., l. XLI. p. i3î.

<T.) MoMNsmi. HUt. de la motinaie romaine, 1. II, p. 4o5, note 3.

je crus devoir me rallier, sous réserves, à l'opinion du duc de Luynes, qui me paraissait la plus rationelle. Il est certain, ai-je écrit alors en substance, que la médaille fait allusion à la soumission de la Judée par Pompée et ses lieutenants, à une conquête assez importante pour être mise en parallèle avec celle de l'Arabie Pétrée sur Arétas. Or, le seul événement de la campagne de Syrie qui réponde à ces conditions est la défaite d' Aristobule et la prise de Jérusalem, et Plautius commandait dans cette campagne un corps d'armée sous les ordres de Pompée (i) : dès lors, l'opinion du duc de Luynes paraît très vraisemblable (2).

Mais il y a loin de la vraisemblance à la certitude et il restait dans mon esprit un doute reposant sur ce fait que donner à Aristobule le nom juif de Bucchi ou Bticchiou est une hypothèse purement arbitraire. C'est sans doute la même réflexion qui a engagé récemment M. Théodore Reinach à proposer, à son tour, une nouvelle conjecture et à supposer, comme Cavedoni, que Bacchius est le nom romanisé de quelque dynaste de la Palestine ou de la Syrie méridionale dont Plautius aura achevé la soumission. « Nul doute, dit-il, que Bacchius jfudaeus ne soit quelque principicule plus ou moins juif de Syrie, dont la soumission avait été l'œuvre de Plautius; les textes ne nous parlent

(1) Dion Cassius, XXXIX, i6; Cf. Plut., Pamp. XLVII. (3) E. Babblon, 0/7. ctt.f t. II, p. 324.

pas de ce personnage, mais on s:

du passage de Pompée, il exista du Liban, plusieurs dynastes de le milieu entre le chef de brigam d'eux, mentionné par Josèphe, s'a Bacchius ne serait-il pas tout si duction latine de ce nom grec ?

M. Reinach ajoute : < Dionysîc Tripolîs. Son voisin Silas est ft Iifiédejuif.(2).

Cette hypothèse ingénieuse me rejetée à son tour pour différent dans le texte de Josèphe, n'autorï Dionysios fut juif; au contrai:

comme parent de Ptolémée fil noms qui n'ont rien d'hébreu pa de Dionysios, et la précaution qi de nous avertir que Silas, le tyra juif, renferme peut-être implicit que le tyran de Tripolis dont il temps n'est pas juif. La soumiss sios est, comme celle de Silas trop peu important pour méritei les monnaies romaines, en par d'Arétas le Nabatéen. Enfin, dai romaine, le nom deZ)îonjvsi«sestt qu'on ne comprendrait pas pou]

(i) Th. Rediach, Les »

(a) Cf. Jo»kp«i, Attt.jad.. XIV, 3, 3

lui de Bacckius qui est : les rois ou les autres e sont appelés Dionysos ^nnés dans les auteurs avec la forme Dionysos ec la traduction Bacckus ndus méconnaissables, r l'hypothèse de M. Reiencore, la solution du mon tour, proposer une ; la légende monétaire its ont vainement, jusl'énigme.

: les Romains s'imagiuifs était une sorte de le Dusarès des Arabes, rsellement répandue et ster longuement à son lUtes les preuves histos Propos de table, a conjustifier cette assimila- Sacchus gréco-romain, que ce que l'on connaît ises des Juifs ne saurait LUX fêtes d'un Bacchus ;lle les Juifs ne mangent trait être, à Plutarque,

1 sanglier tua Adonis à la chasse, et il ajoute ïour les Juifs Adonis n'est autre que Bacchus. eûne prolongé de la fête de l'Expiation qui •de la fête des Tabernacles, n'a d'autre but que :iter les Juifs, par des privations prolongées, ébrer plus copieusement, sous des tentes de ; et de pampre, la fête essentiellement bachique endanges, qui tombait au même moment que jrandes Dionysiaques, et dans laquelle on lit souvent le libertinage des Grecs et des iains (i). Les grandes cérémonies dans lèses les Juifs portent processionnellement des :aux de myrte, des palmes et des thyrses ne ■elles pas des pompes bachiques ? Comme les Bacchanales, on danse et l'on sonne de la pette pour honorer le dieu des Juifs, et les es qui jouent de la cithare sont appelés Lévites,

qui vient, prétend Plutarque, de aj™; ou >t de Ei'ic, l'un des noms mystiques de Bac- . Le sabbat lui-même, n'est pas étranger cchus car rxee>-^ et b^(u<, sont des expressions nymes. Le costume du grand prêtre, sa tiare ï clochettes conviennent à merveille à un ponle Bacchus. Telles sont les principales raisons ivoque Plutarque pour assimiler le dieu des

à Bacchus, et Tacite {Hist. V, 5), relate le le préjugé. On croyait même constater un ort direct entre le nom de Jehovah Sabaoth

ixAETZ, Hist. des Juifs, trad. Vogue, t. Il, p. tiS.

(Jehovah, dieu des armées) et le nom de Sabazios donné au Dionysos phrygien (i). Une légende rapportée par Pline (2), place le tombeau de la nymphe Nysa, la nourrice de Bacchus, dans la Décapole, à Scythopolis, ville qui prit de là le nom de Nysa.

Difiérents événements historiques ont pu, dans une certaine mesure, contribuer à accréditer la croyance dont Plutarque et Tacite se sont faits récho. C'est ainsi qu'on prétendait que lorsqu'Antiochus IV Epiphane s'empara de Jérusalem et en profana le temple, il avait trouvé dans le Saint des Saints, une tête d'âne, symbole bachique (3). Ce qui est plus vrai, c'est que Nicanor, lieutenant de ce prince, entreprit d'élever un temple de Bacchus sur l'emplacement de celui de Jéhovah (4). Au temps de la domination des Lagides, un fermier général des impôts en Judée, Joseph, fils de Tobie, avait institué à Jérusalem une fête en l'honneur de Bacchus. L'historien Josèphe raconte que tandis que Pompée se trouvait à Damas, Aristobule voulant se concilier ses faveurs, lui offrit en cadeau la vigne d'or du Temple, qui pesait cinq cents talents, et cette vigne d'or, qui devait passer pour un symbole bachique, fut déposée à Rome

(1) Val. Max., I, III, 2; Fr. Lenormant, art. Bacchus, dans le Dict. des antiq. gr. et rom. de Daremberg et Saglio, t. I*', p. 600.

(2) Plin., Nat. hist, V, 18. 16.

(3) Graetz, Hist. des Juifs, t. II, p. 87.

(4) II Machab., XIV, 33.

î temple de Jupiter Capitolin après avoir dans le triomphe de Pompée (i). Enfin, sur )ûnaies juives on voit, comme types habita grappe de raisin et d'autres symboles que )mains prenaient naturellement pour des mes dionysiaques.

', c'est un fait établi depuis longtemps que mains s'imaginaient que le dieu des Juifs n Bacchus particulier, un temple de Bacchus était couramment : Biao:<:» ou Bacchdum, de même qu'on désigne ïsnoms de Herctdeium, Hereum^Artemisium, 1 vocables de même formation, les temples :ule, de Hera, d' Artemîs ou d'autres divinités, iple de Jérusalem était donc un Bacchemm :ux des Romains.

pontife préposé à un Baccheium en est le ou le Bacchius, le mot latin n'étant que la ription du terme grec et offrant les variantes ites ; Bacchius, Bacckdtis, Bacckeus, comme :c on a : Bùz^t. Bi^,.«c(, B«;t<i;(. Ce mot est formé e V** de ■•'fi', et bien qu'il signifie habituelle- « qui appartient à Bacchus, > ou « qui est lé de la fureur bachique, > on le trouve mt employé pour désigner le prêtre de us, notamment dans ce paysage de la Thé- \t Stace :

f,i.rHt,Ant.jud., 111; Cf. Gr*etz, Wiir. rfM Jui/i, t. Il, p. Mo.

... cultor Bacchaeut Acontea Phegeus

Jam vacuum telis, geminoque in sanguine ovantem

Cominus ense petit.

(c Au moment où, les mains vides de traits, Aconteus s'applaudissait de sa double victoire, Phegeus, prêtre de Bacchus, s'élance sur lui et le frappe de son épée. »

Stage, Theb., VU, 6o3 à 6o5.

Les Romains désignaient souvent les pontifes d'une divinité ou les membres d'un collège constitué en l'honneur d'un dieu par l'adjectif formé sur le nom de ce dieu et pris substantivement. C'est ainsi qu'il est constamment question dans les textes littéraires et dans les inscriptions, de Martenses ou Martiales, prêtre de Mars, de Venerii ou affiliés au culte de Vénus (î), d'Herculanei ou pontifes d'Hercule ; on sait que le nom à'Herculiiis fut pris comme surnom par Maximien Hercule. Servius (2) appelle les prêtres de Pavor et de Pallor, Pavorii et Palloriij termes pareils à celui de Bacchius désignant un prêtre de Bacchus.

D'ailleurs, le nom de b^^^c* b^c^k^c ou Bacchius, désigne souvent Bacchus lui-même, et les mots hiuixa, B«e;.iû«. Bmex^f B«e;fi«« sout cmployés indifféremment l'un pour l'autre, par exemple, dans la tragédie des Bacchantes d'Euripide. Les prêtres

(1) MoMMSSN, Inscr. regn. neapol., n» 4616. Cf. J. Marquardt, Rûmische Staatsvenvaltung, t. III, p. 317.

(3) Servius, ad jEneid., VIII, 285.

d'un dieu sont appelés du nom même < dont ils prennent non-seulement le non costume et les attributs. Les prêtres ( Pythien sont les n«.« ; à Sparte, les prêt Leucippides, femmes des Dioscures, s elles-mêmes Leucippides (i); à Athènes, I de Boutés et de Bou^ygès portent 1 mêmes de ces héros (2). Pour désigner t de Bacchus, on disait également bi Bacchius, et u«ï>f, Baccktis. C'est ainî inscription mentionne un ii«;!«, comme i

dieu : hkixf fu Bi»>;i» «; ipfu/i«« Si», x. r. ). (3).

, Une autre inscription trouvée à Smy mence comme il suit : ; vfi tiit=ikt '>■ ><

Ahïïwï nxjiniy «iti /■miiv Ui^iav Ai^ùlicv || l»]|tni> ïiv Si. ttijn^ft-j Ati wwifcv tïï £>e.«Sï i» BAKXOS TOT «EOV ,

Le scoliate d'Aristophane dans la coi Chevaliers donne expressément la défini vante : b«z»v .; -h i<iï:.»v ja;«v ixiitm, ii}.k x<.i «

:/7« «ci ni< aioVvf «V( c: >..:«« «^vi. (5).

Ainsi, voilà des textes bien positifs c B~xt< est donné comme désignant le p'

(0 Pausanias, m, 16, 1.

(i) Voir ScRŒBANM, Antiquttéi grecqucs, trad. Galuski.

(3) Kaibel, Èpigr., 811, 8j3. Sur des monnaies de S Lydie, à l'effigie de l'empereur Gallien, on rencontre le stratèges appelés Al^. touiitfMzes et Av^. 'Aixiisni *ài£iayr paraissent faire allusion à une confrérie pieuse en I Bacchus. Ihhoof-Blumer. Criechische Munjen, p. 717.

(4) Corp. Inicr, Grtec-, n" Sigo.

(5) Scol. in Aristoph, Equit,, 409-

Bacchus. Le mot Bkxyjnç était donc tout naturellement usité dans le même sens (i). Au féminin, les B«xx«f sont les Bacchantes, les prêtresses de Bacchus, de même que les b«c;c« sont les prêtres ou les Bacchants; c'est dans ce sens qu'il faut entendre cet adage qui se rapporte aux mystères d'Eleusis : -jacénxioêcti fi*v «»cî, ^kxxet ^t mi:9i, « Bcaucoup prennent le thyrse, mais bien peu sont Bix:^« », c'est-à-dire véritablement possédés de la fureur bachique ou Bacchants (2).

De ce qui précède, il résulte que l'inscription BACCHIVS IVDAEVS sur la monnaie frappée à Rome par Tédile Plautius, signifie tout simplement et sans torturer les mots, « le bacchant juif, le pontife du Bacchus juif », c'est-à-dire le grand prêtre du temple de Jérusalem, et c'est lui que le type monétaire représente agenouillé, un rameau d'olivier à la main. L'expression Bacchitis Judaern est analogue à celle de Martiales Larini ou celle de Mercuriales Capuani, par exemple, employée communément à Rome pour désigner les prêtres de Mars à Larinum, ou ceux de Mercure à Capoue.

Il ne sera pas difficile, à présent, de démontrer

(1) Une inscription trouvée à Athènes et conservée au Musée britannique mentionne un kvk9,fM Btaix'ioj Kt^ofAviou^ mais je crois que le mot Béucyteq est ici un nom propre et ne désigne pas un pontife du Bacchus de Colophon. C. /. Att., II, 652; Cf. Dittenberqer, 5>^/loge, p. 5 10.

(2) Plat., Phaed.t 38; Clem., d'Alex., Stromat.^ I, 19 (p. 372 de l'édition Potter).

que ce grand prêtre n'est autre qu c'est en cela que je crois pouvoir do tères de la certitude à l'hypothè; Luynes. Qu'on me permette de rap rement les événements politique déjà dit que les Macchabées et les néens furent investis de la double d prêtre et de prince du peuple ou d< ceux d'entre eux qui firent fra[ prirent, dans les légendes monéta kakkohen kaggadol c grand prêtre >.

nation se constate sur les monna pontife-roi de la dynastie, Jean Hyi discontinuité, jusque sur celles du princes, Antigone, qui régna de notre ère : remarque importante, bien contemporaine de la campaj et des deniers de Plautius. Après t( avec son frère Hyrcan II, Aristobul soutenu par les Romains, plaça sui de grand prêtre et la couronne bientôt reconnu qu'il n'était que le bition des Romains, il voulut résis sèment de ses États. Après plusîe fut fait prisonnier, et Jérusalem su!

d'un siège. Douze mille Juifs périre le Temple ; Pompée entra dans le £

(i) Vq^f aurce poini, Dion Cassiui, t. 1I[,

uif, ce qu'aucun mortel n'avait fait grand prêtre excepté (i); ce fait alutle surnom de Hierosolymarius. Le igieux de cette guerre et le siège du temple contribuent à expliquer du grand prêtre sur les monnaies près la prise de Jérusalem, Pompée lieutenant Scaurus achever la guerre .s et faire la conquête de l'Arabie

he de Pompée à Rome eut lieu peu av. j. C. Parmi les rois d'Orient qui :har triomphal on voyait Aristobule de sa famille; le nom d'Arétas le lit aussi inscrit sur la liste des princes ipossédés. Aristobule et Arétas sont 5 deux héros malheureux qui figurent re frappés à Rome en souvenir de ces mémorables, par Plautius et Scaurus.

s est représenté imberbe et le pontifee a une longue barbe : c'est, en dehors ; des monnaies, la seule particularité gue, et à ce sujet, il importe de remaries deniers à la légende REX AREluve tantôt le personnage imberbe et sonnage barbu ; la même observation ;, semble-t-il, pour le type des deniers ^IVS IVDAEVS. Il faut sans doute

i.Hiat.desJui/s.t. II, pp. igS « suiv. (irad. franc.)

je dans cette irrégularité, un exemple de avec laquelle les ouvriers monétaires de :erprétaient les types qu'on leur donnait : je n'oserais proposer de reconnaître les :s Hyrcan et Aristobule , tous deux grands- : rois, dans les types imberbe et barbu des ie Plautius. Quoi qu'on pense de cette rite, elle ne nous parait pas de nature à la thèse que nous venons de développer nsiste a reconnaître sur les monnaies le être de Jérusalem.

;st, si je ne m'abuse, la véritable explicaa légende Bacchius Jtidaeus ; cette inter- 1 offre ce côté piquant de reposer sur isse que les Romains se faisaient du dieu , et elle est en même temps si naturelle et 'me à la simplicité ordinaire des légendes res, que l'on peut, à bon droit, s'étonner le soit venue à l'esprit d'aucun des savants a'ici s'étaient occupés de ce petit problème smatique.

)N PHRYGIENNE DU DELUGi

s'occopent d'exégèse biblique ont tons éti ]ue cbez un grand nombre des peuples disper lu globe, il existe une tradition relative à ui >Ddation qui aurait, dans les temps primitifs } totalité d'une race d'hommes ou même di lUt entibre. C'est ce qu'on appelle l'universa lu déluge. Loin de moi la pensée de repreudn .ion qui parait épuisée, tant on a écrit à soi is la découverte par Georges Smith des ta' 1 renfermant le récit chaldéen du déluge. J< , essayer de démontrer que sur un point spé- : problème, celui qui concerne le délugf

trop b&té de conclure, et la base de met urellement un type monétaire bien souvent ,é : je veux parler du revers des monnaies . d'Âpamée, qui représente le patriarche Noé irche diluvienne.

: des modernes, je m'en référerai surtout au rançois Lenormant, Les Origines de rhisloire is lequel une longue étude critique est conà ses traditions chez les différents peuples '. avant parle du déluge phrygien, aprës avoir recs d'Ogygès et de Deucalion :

tradition diluvienne était nationale comme Apamée en lirait son surnom de Kibôlos ou

91 et tome 11, pp. 1 il56.

« arche », prétendaQl être le lieu où Tarche s'était arrêtée*. IconioD, de son côté, avait la même prétention*. C'est ainsi que les g^ens du pays de Milyas, en Arménie, montraient, sur le sommet de la montagne appelée Baris, les débris de l'arche ',qQe Ton faisait aussi voir aux pèlerins sur TArarat, dans les premiers siècles du christianisme^ comme Bérose raconte que sur les monts Gordyéens on visitait de son temps les restes du vaisseau de Hasisatra(le Noé chaldéen).

» Dans le n» et le m* siècle de Tère chrétienne, par suite de l'infiltration syncrétique de traditions juives et chrétiennes qui pénétrait jusque dans les esprits encore attachés au paganisme, les autorités sacerdotales d'Apamée de Phrygie firent frapper des monnaies qui ont pour tjrpe l'arche ouverte, dans laquelle sont le patriarche sauvé du déluge et sa femme, recevant la colomhe qui apporte le rameau d'olivier, puis, à côté, les deux mêmes personnages sortis du coffre pour reprendre possessiou de la terre*. Surlarche est écrit le nom deNQE, c'est-à-dire la forme même que revêt lappeliation de Nôa'h dans la version grecque de la Bible, dite des Septante. Ainsi, à cette époque, le sacerdoce païen de la cité phrygienne avait adopté le récit biblique avec ses noms mêmes, et Pavait greffé sur Taucienne tradition indigène.»

Ainsi, d'après cette thèse, il y aurait eu chez les Phrygiens, peuple que l'on dit d'origine japhétiquei une tradition spéciale et nationale du déluge, laquelle se serait fusionnée avec la Iraditioa biblique après que cette dernière eût pénétré jusquen Phrygie

1) une. SibyU.y L t. 261 et tutv.; Gednn., Histor. cmpend., U, p. iO,«d. de

Paris; voy. Ewald, Jokrbùchar der bibUschen Wisseuschafi, i854, p. i et 49. Sur le nom de Kibôtosporlé par la ville d'Apamée, Slrab., Xïl, p. 576; Ptolém., V, 2,25; Pfin., Hîsl. nat., V, 29.

^ Steph, Byt., T* 'Mvtov.

3) Nicol. Dii^n&sc. ê^ Josejpii., AnUq. JmàL, 1,3, 6.

4) S. Jean Chrysost., Deperfect. carit,, t. VI, p. 350, éd. Gaume. 5)Eckhel, Doctr, num. vet,, t. 111, p. 134-139; Charles Lenormanl, dans les

Mélanfes dnrché^îogîB des RR. PP. Martin et Cahier, l. TU, p. 1 W €l suhr. ; Madden, iVumwm. Chronicle, 1866, p. 173-219; Fr. Lenormanl, La mùnnaie dans VantiquUé, t. III, p. 123 et Buiv.

^dli^MMa

avefi Ifis idéfis juiféo-cbr^lianncs. l,^ doclriq^ du iélfxg» phrygi est admise non seulement par les ezé^ètes et les corameiit<itct dps Jiyrcs bi))lîques, mais par les historiens profanes eux-mèmi Apriè^ «voir signalé h type des monnaies d'Apaméa, Droys ajoute : » La légende doit avoir été importée de Gelsen», ode serf venue 4o Babylone, 9t c'est plus tard seulement qu'elle se s( combiné^ de pette façqn avec la tradition juive'. » ^nfin, od i permettra d« citer eqppre le téaioiguage ia M. Théodore R^inq qu), p4r)f^nt dfis médailles d'Apamée d^os le icbarmaut opuseï qu'il a consacré aux monnaies juives, s'exprime comme il suî a Non SËulemeqt le monoUtéisine juif, I9 morale juive gagnai* jdcs prostâ|y(£s jpsqufî sur les q)ar.çhe9 du trône, majs les légeqii: p,aïcpnfi|B ellcs-rnèmes coipmeaçaief^t ^ ^'accoqfQijodt-T aux ^■'a lions juives, h se fondre (ivep elles. Kous Avons un exeqjple bi remarquable de c^tte fusjon graduelle dans une inpi^naLe de Ic) yi xl'Apamée eu Pbrygie, qui date de l'empereur Sept^me Sévi^re qui s ^lé répétée plus^urs fois sous les règnes suiy«if|^... I Fbi'ygis^s avaient leur mythe du déluge, qui avait ^oi par se caliser à Âpamée-Cibotus, Âpamée u la PoUc » . Comn^e ^e ville renfermait, dfes l'époque de t^icéfon, vne nombreuse po[ Jtï,tîi3u juiyc, il dut s'opérer àjs boi^UB heure un^ fusion des 4o iégende^r/.' »*■

II semble que l'on doiye s'incliner devant uo jugement au unanime e^ aussi formel. On me pûrinettra uéanmçfos d'iCxpoi les raisons qui, selou moi, établissentqu'iln'yajamaiseu detra lion lijiiioft/ii/f ^u déluge chez ies Phrygiens ; que le mythe qu' ^ attribué à ce peuple comu^e un patnmoiuie de r^^Lce, une v^ei légeu^ 4^ famille, n'e&t en réajité .que le récit bibliqUie, et q ce dernier n'a poin^eu, eu Pbrygie, iiso fusionner avec une^l t[:a,diiion qui D'existant pas..

En p,remier lieu nous constatQUS qiUe i« tradition du déluge Pitrygie, à réj)oquo do J,a ^ominatjuu roiuaine, est loc^j^e jj.pfljwéc. .Cette vijle.en ayftit reçu le sujnQjga de jtCiSuriî, le caff-,

i) Orçyseii, jt(«iui>e de i'A^tiiismi'^.lraiJ.^n^cUé-J^dei^, l. 1)^ y,. 7i> 2) Tli. Reiai^ch, Les monnaies ^*uit)i;s, pp. 71 el "1%.

:he ; sur la montagne voisine, on montrait les débris da vais- I, et c'est là que s'éleva, à l'époque chrétienne, la fameuse lique de l'Arche, où M. Ramsay a récemment entrepris des lies archéologiques'. Or, qu'elle était l'origioe d'Apamée? e ville fut fondée sur l'emplacement de l'antique Celaenae, Antiochus I^ Soter, en l'honneur de sa mère Apama, femme de ucusP'Nicator. Ce fut une colonie créée et emhellie, comme

d'autres, par les premiers rois de Syrie qui peuplaient ces is nouvelles en y transportant, de gré ou de force, une partie habitants d'une autre région généralement fort éloignée, t par ce système que d'innombrables familles juives de la Se, de la Babylonie et de la Mésopotamie furent exilées en e, en Arménie et dans diverses régions de l'Asie Mineure. . d'attacher les colons à leur nouvelle cilé et d'en attirer très, on leur concédait des dégrèvements d'impâts et des iièges exceptionnels. Nous n'insisterons pas sur ces ftùls

connus, mais il importe à notre sujet de rappeler au moins issage des Antiquités judaïques de Joskphe (XII, 3, 4) dans el l'historien juif raconte comment la Phrygïe en particulier repeuplée par les colons juifs qu'y installa Antiochus III le id. Le roi de Syrie écrit k Zeuxis, le chef de ses armées en ie et en Phrygie, qu'il croit nécessaire, pour maintenir ces rées dans l'obéissance, d'y transporter deus mille familles es de la Mésopotamie et de la Babylonie (ài:ô ■«)( UtaoïzoxxiUaç IiSuXovCx; 'Ioi>îa£fi)v of^ou; Bwy^fouî o'jv èmçxeuîj (iSTaYcrj-eTv). Antio- ) ajoute qu'il a éprouvé la fidélité et le dévouement des iaih cause et qu'il tient à les en récompenser. II veut qu'ils vivent } leur nouvelle patrie, c'est-à-dire en Phrygie, suivant leurs )res lois ; « qu'on leur donne des places pour bfttir, des terres r cultiver et planter des vignes, sans qu'ils soient obligés, mt dis ans, de rien payer des fruits qu'ils recueilleront ». leur fournira du blé pour vivre jusqu'à ce qu'ils aient moisaé leur première récolte ; « nous vous recommandons, ajoute

Voyez Bulletin critique, 1890, p, 196. H. RaiiiBay a publié le résultat de ouilles daDB les Trantacliona of Ihe Aberdeen eeciesiological Society, 1890.

le roiy de prendre un si grand soin d'eux que personne n'ait la hardiesse de leur faire du déplaisir ».

Les colons juifs installés en Phrygie, par les princes Séleucides, y demeurèrent et s'y multiplièrent sous la domination romaine. Apamée, en particulier, renfermait au temps de Cicéron, une très nombreuse population juive ; Cicéron évalue à 100 livres la quantité d'or destinée à Jérusalem, qui fut confisquée par Flaccus sur les Juifs d'ÂpaméeS et, remarque M. Th. Reinach, « étant donné le rapport des valeurs de l'or et de l'argent, cette somme correspond à environ 350 kilos d'argent, ou 50,000 demi-sicles, quantité si considérable qu'elle doit représenter la contribution de plusieurs années ou des dons extraordinaires* ». Inutile d'insister plus longuement : la population d'Apamée, à l'époque romaine, était juive en grande partie, et elle descendait évidemment des colons installés en Phrygie par les rois de Syrie.

Dès lors, le lecteur comprendra que notre but est, ici, de démontrer que ce qu'on a pris pour une tradition phrygienne du déluge, n'est que la tradition biblique implantée dans le pays par les colons juifs. Pour admettre une tradition véritablement phrygienne^ il faudrait prouver Texistence de cette tradition antérieurement à l'arrivée des colons juifs, ou bien constater que cette tradition se présente à nous avec des particularités que n'aurait pas le récit biblique. On va voir qu'il n'en est rien, et qu'au contraire c'est le récit génésiaque seul qui forme le fond de la prétendue légende phrygienne.

En premier lieu, nous constaterons qu'avant la fondation d'Apamée, c'est-à-dire antérieurement à l'arrrivée des colons juifs en Phrygie, on ne trouve dans ce pays aucune trace de tradition relative au déluge. La conjecture de Droysen rapportée plus haut et qui suppose que « la légende doit avoir ^/^ importée de GelaBnae, où elle sera venue de Babylone », ne repose sur aucun fondement et elle n'a été inspirée à son auteur que par une idée préconçue. Aucun souvenir de ce genre ne s'attache à la ville de

1) Ciréron, Pro Flaeco, 28,

2) Tb. Reia&cb, Les monnaies juives, p. 72-73, note.

Celaenae qui devait djevenir Apamée ; jamais le surnoii de Ki^tùxàç ne lui est attribué.

Appliqué à Apamée, le nom de Ki6G)t6ç, se rencontrftt-il dès Fépoque où la ville fut fondée par Autiochus I", ne prouverait rien en faveur du mythe phrygien, puisqu* Apamée était une colonie juive en grande partie ; il ne sera pas inutile toutefois d'observer que ce nom de Ki6(ùx6ç apparaît pour la première fois dans Strabon (XII, 569) ; on le trouve ensuite dansPtolémée (V, 2, 25) et dans Pline {Hist. nat.j V, 29), Ainsi, il n'est usité par les auteurs qu'à Tépoque romaine, c'est-à-dire au temps où la colonie juive était le plus prospère, et où Ton montrait sans douta déjà les prétendues reliques de l'arche*.

Les témoignages littéraires sur lesquels on s'appuie pour affirmer l'existence d'un déluge phrygien ne sont pas plus concluants. Tous sont d'une époque basse et ils ne donnent aucun détail caractéristique qui distingue la tradition phrygienne de la tradition biblique. On cite d'abord les Oracles sibyllins ; mais si nous ouvrons ce livre fameux, recueil incohérent de fables de tous les temps et de tous les pays, nous y constatons que le passage qui concerne le déluge d'Apamée n'est qu'une amplification fastidieuse du récit biblique; Noé en est le héros; quand il a quitté l'arche on lui adresse un discours pour l'exhorter à repeupler la terre : Ncoe TCeç'jXaY(i.ive, m(rcà, S{xaic, etc. Bref, il n'est pas besoin de se livrer à une critique bien approfondie du texte pour démontrer qu'on est en présence d'une amplification biblique d'un rhéteur des bas temps de l'Empire romain*.

On cite encore le témoignage de l'historien byzantin Cedrenus > qui, à notre point de vue, n'a pas plus d'autorité que les Oracles de la Sibylle, car on y reconnaît, au premier coup d'œil, l'influence exclusive du récit biblique, sans la moindre infiltration étrangère.

1) Au temps de Strabon, Apamée Cibotos était, après Épbèse, la ville la plus commerçante de l*Asie Mineure. Cf. Droysen, Histoire de Vhellénisme, t. H, p. 7«3.

2) C. Alexandre, Oracula Sibyllinuy lib. I, vers 261 et suiv.

3) Cedrenus, Hist. eompend.. H, p. 10 (éd. de Paris).

IL ne sera pas indîfTirent à notre thèse de rappoler une autre légende qui avait cours aussi dans certaines parités de l'Asie Mineure et qui, tout en paraissant, de prime abord, autochtone et originale, n'a de Fondement que le texte de la Genèse. D'après Snidas et Etienne de Byzance, on racontait qu'à Iconion avait régné, un peu avant le déluge, un saint homme nommé Annacos on Naanacoa, qui l'avait prédit et avait occupé le trAne pendant plus de trois cents ans'. Or, i) est manifeste que loin d'être un héros national, cet Annacos ou Nannacos (l'assyrien Ammna&i) n'est que le 'Hanôch biblique avec ses trois cent soixante-cinq ans de vie dans les voies du Seigneur*.

Quant au type monétaire dont nous avons parlé et qu'on invoque également comme un témoignage palpable de la tradition

phrygienne du déluge, je ue m'y arrêterai pas longtemps, car il n'y aplus rien à en dire de nouveau. II figure sur des médaillons de bronse qui portent an droit l'effigie de Septime Sévère, de Maerin et de Philippe père, et les meilleurs commentaires qui enaient été donnés sont ceux d'Ii^ckhel* et de Charles Lenormant V Au lieu d'y reconnaître Deucalion et Pyrrha, comme le voulait

l)Slepb. Bifi., T* 'Ixtviov; Suidas, V Nnwaxct.

2) C'est ce que Buttmann a reconou le premier, dus le Mythologut, t. I^ p. 176 et SUIT. ; cf. Fr. Lenormant, Les origines de l'hUtoire, t. I, p. 441.

3) Doctr, num. vet., t. III, pp. 434 i. 139.

4] Dans les Mélangei d'archéologie des PP. Cahier et Martin, pp. 190 à 202. Je dois le cliché qui accompagne la présente notice & robUgeanee de mon ami H. Théodore Reinacb.

encore HioaDet, Charles Lenormant démontre eo toute évidence , surtout en s' appuyant sur l'inscription bien constatée Nfl€, qu'il faut y voir Noé et »a femme, c'est-à-dire une allusion au déluge biblique. Il y a le corbeau et la colombe ; Noé et sa femme sont

ésentés deux fois, d'abord dans l'arche, puis au dehors,

ime cela arrive couramment dans les représentations antis, notamment dans les bas-relief des sarcophages où le prin- ,1 héros est figuré plusieurs fois, suivant les développements et épisodes successifs du mythe, bien qu'aucune séparation ne indiquée matériellement entre les diverses scènes. Les monts portent, sous les règnes de Septime Sévère et de Hacrin, la inde : EHI AmNOSETOY APTEMA - T ■ AnAMEnN.etsous lippe père: En MAVP-AAEZANAPOY- B • APXI- AnAMEON s Artémas, agonolkète pour la troisième fois; ou, sousMarcus ■elius Alexandre, grand prêtre potar la seconde fois). Le prînil intérêt de la publication de Charles Lenormant est de B connaître une sculpture en bas-relief, des catacombeB Rome, qui représente, avec un plus grand développement, scène, identique, de tous points, au type monétaire d'Alée.

.insî, en venant s'installer à Apamée, sous les premiers rois lucides, les colons juifo apportèrent avec eus en Phrygie ■s traditions nationales. Peu à peu, ils les localisèrent dans ' patrie d'adoption, et ce sont ces souvenirs bibliques, plus moins altérés et hellénisés, que les historiens modernes ont pour d'antiques légendes de la race phrygienne. Il ne sauplus être question, selon nous, de syncrétisme et de pénétraréciproque de la tradition puenne et de la tradition juive, s l'influence des idées chrétiennes. C'est partout la légende e gardée par des colons comme un précieux dép6t, et traduite eux en image, à une époque où ils étaient déjà complètement énisés, sur les monnaies de leur puissante et riche colonie, nbre de types monétaires, dans différentes villes, s'expliquent [a même façon , par les souvenirs mythiques ou historiques ;iaux à chacune d'elles, et à ce propos nous signalerons ici monnaie d'Etaea en Éolide, à l'ef&gie de Lucius Verus ;

elle porte, au revers, un type encore inexpliqué, qui, plastiquement, n'est pas sans analogie avec celui des monnaies d^Âpamée '.

On nous objectera peut-être : Si les colons juifs ont transporté la tradition biblique en Phrygie, comment se fait-il que ces colons aient prétendu que Tarche de Noé s'était arrêtée en Phrygie, au mont Bérécynthe ou sur la montagne voisine d'Âpamée, tandis que le récit delà Genèse place^ au contraire, Tévénement «dans les montagnes. d'Aràràt »? Mais il est facile de répondre à une pareille objection, car le lieu où s'arrêta l'arche n'était point fixé avec précision dans la tradition biblique, et ce sont seulement d'anciens interprètes grecs et latins de l'Écriture sainte qui ont localisé l'Arftràt du déluge au mont Ma5«is en Arménie.* La tradition juive était si vague à cet égard que la montagne où Noé sortit de Tarche est placée dans vingt régions différenics. La plupart des colonies juives en Orient soutenaien t naturellement que la montagne la plus élevée de leur voisinage était celle du déluge^ et si les Juifs d'Apamée prétendaient montrer aux curieux, à l'époque romaine, des débris du vaisseau de Noé, on conservait des épaves analogues dans les monts Gordyéens, ainsi que dans une localité voisine du lac de Van et dans une autre située sur le mont Massis '.

Pour rendre compte de ces variations dans la légende juive, et de la contradiction de ces souvenirs qui ont la même origine, nous pourrions invoquer un grancl nombre de phénomènes analogues dans les traditions mythologiques des Grecs et des Romains. Une foule de localités où le culte de Bacchus était en honneur, par exemple, affirmaient avoir donné le jour à ce dieu et montraient dans leur voisinage la grotte où il était né, ou bien des souvenirs de son enfance et des nymphes qui l'avaient élevé. Une colonie de Thraces transporte-t-elle le culte de Bacchus dans rile de Naxos, bientôt après, les habitants prétendent que le dieu est né au milieu d'eux, et Ton montre aux pieux pé-

1) Imhoof-Blumer, Monnaies grecques, p. 274.

2) Fr. Lenormaot, op, cU,, t. II, p. 3.

3) Voyez surtout au sujet de toutes ces localisations, Fr. LeDormant, op. cU»j i, II, pp. 1 et Buiv.

lerius les lieux qui son! cuinin^ avoir reteati du se^ premiers vagissements.

On a vu de mênfie, au moyen &ge, des villee noDibreuMs offrir simultanémeat à la vénéraLioq des fidèles le corps saint d'un même jnartyr, ou so disputer l'honneur de localiser sa légeoda. Il en fut ainsi en tous les tepipa. C'est uu fait reconnu que las colons cbcrchaient h faire revivre dans le pays où ils se Iransplaataient, la pière-patrie qu'Us avaient quittée, donnant des noms qui Uur étaieQt chers et auxquels ils étaient habitués, aux lieux et aux objets nouveaux qui avaient quelque analogie avee eaux

d'autrefois.

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