Dans \e Nftmtsmatic chronicle
2. Voyez Heuue numiamaiitjue , 1888, p. 502 à 505. Cf. ci dessus, p. 91.
conquérant macédonien, et enfin sur une petite monnaie d'argent sûrement postérieure à la mort d'Alexandre. Il est donc évident qu'il ne peut être question que d'une inscription se rapportant à l'atelier monétaire. Ce ne saurait être ni un nom royal , puisqu'elle se reproduit pendant deux siècles, ni un nom de divinité, car elle accompagne des types variés, ni une indication de valeur, car elle se trouve sur des pièces de tous modules. Rien, d'autre part, n'autorise à soutenir que les monnaies à la légende ^CD appartiennent à des villes différentes. C'est incontestablement la marque d'un atelier unique. M. Six l'a d'ailleurs fort bien compris, et il a admis, mais sans le démontrer*, qu'il s'agit d'Aradus; je crois que cette démonstration peut être faite d'une manière directe et positive.
Il est hors de doute, ainsi qu'on l'a reconnu depuis longtemps, que, sur les monnaies d'Alexandre, l'atelier d'Aradus est, en général, représenté par un monogramme grec composé des lettres AP; or, nous trouvons ce monogramme, accompagné des lettres phéniciennes ^k'y» sur un statère d'or dont nous avons déjà eu l'occasion de parler", et qui est reproduit sur notre planche IX, fig. 1.
1. Cf. Imlioof-Blamer, Monnaies grecques^ p. 449 , n*' 63 & 56 (incertaines de Phénicic).
2. En traitant des monnaies de Marathus (ci-dessus, p. 91 à 94). Ce statère est dans la collection de Lu jnes ; il en existe un autre exemplaire du même coin, je crois, au British Muséum. Nous rappellerons ici que les lettres phéniciennes ^"Q ont été substituées, sur le coin monétaire, à une date que l'ouTrier graveur n'a réussi à effacer qu'en partie. Trompés par ces traces de date, Mullcr et Six ont cru lire j^nV? tandis qu'il y a simplement f^Q, ainsi que nous l'avons péremptoirement démontré.
La même planche reproduit également (fig. 5) une pièce de la collection de Luynes, qui a, au revers, avec les lettres ND, une proue de navire arrondie, identique à celle qui figure sur d'autres petites pièces au monogramme AP, et dont l'attribution à Aradus est incontestable. Il ressort de ces observations, que Tatelier unique d'où sont sorties toutes les monnaies à la légende NQ est bien Aradus. Cette conclusion va être encore corroborée par le sens que nous allons proposer de donner à ces deux lettres mystérieuses.
On a émis bien des conjectures à ce sujet. Il n'est guère possible de songer à un nom phénicien com* mençant par de telles initiales, malgré l'exemple des rois de Sidon, dont les noms, sur leurs monnaies, se trouvent abrégés par les deux premières lettres. En effet, la lettre N étant une quiescente^ ne serait vraisemblablement exprimée dans l'écriture que dans le cas d'un mot commençant par Mea.. . C'est tout à fait à tort qu'on a voulu voir dans ND les initiales de Marathus, dont le nom s'écrit en phénicien niQ, c'est-à-dire sans N. La seule interprétation qui mérite d'être discutée est celle que M Clermont- Ganneau a proposée avec une grande réserve dans son étude sur la première inscription d'Oumm el 'Awamid*, mais que MM. Six et Barclay Head' ont acceptée sans hésiter. Ces savants voudraient reconnaître dans ND les initiales des deux mots T^N ^Sd, rex Aradi. Pour soutenir cette hypothèse, M. Six
1. Ch. Clermont-Gannean, Étude» d'archéologie orientale ^ l'^^livr., p. 60.