‹ Mélanges numismatiquesChapitre 45 sur 109 · B. Head, Uiêt. numorum, p · texte numérisé non relu

B. Head, Uiêt. numorum, p

s'appuie sur deux arguments. Il invoque en premier lieu le statère d'or d'Alexandre (pi. IX, fig. 1), qui porterait, selon lui, K Dy {populus Aradi) : en traitant des monnaies de Marathus nous avons démontré que cette lecture, déjà donnée par Millier, est erronée et que la prétendue lettre 27 n'est que le produit d'un tréflage*. En second lieu, M. Six s'appuie sur l'analogie des monnaies de Tyr, sur lesquelles il y aurait QN, au lieu de ND, et après avoir interprété QN par DD;Q 1^^C, Adon Melakim^ a le seigneur des rois, » il suppose que les lettres ^CD sur les pièces aradiennes ne peuvent signifier autre chose que Tl^N *]Sd, melek Arvad « roi d'Aradus ». Or, la légende tID^C n'existe en réalité sur aucune des monnaies de Tyr; on trouve bien sur de rares statères d'argent de cette ville, au type de la chouette, les lettres 54 et D*. Mais ces lettres n'ont aucun rapport entre elles, et l'on ne saurait les rapprocher pour en former les éléments d'une même légende : leur disposition respective suffira à le démontrer. La lettre Q se trouve au dessus du fléau delà chouette, tantôt seule, tantôt accompagnée d'une date ; la lettre ^C est isolée au dessous du fléau, et elle est bien souvent remplacée par une autre lettre qui varie. Nous constatons, entre autres, les variétés suivantes :

\ \"^ \' \.ato.

1. L. Mullcr, Numism. d'Alexandre, n» 1367; Six, dans \eNumUm, chronicle,

N. s. t. XVII, p. 183-184 ; cf. Reuue num., 1888, pp. 503 à 505 et ci-dessus, p. 93.

9. n y en a un dans la collection de M. Imhoof-Blumer; il pèse 8. gr 85.

En présence de ces variétés et de cette disposition des lettres, je laisse au lecteur qui voudra bien me suivre dans ces minuscules détails le soin de conclure si M. Six a eu raison de rapprocher les lettres N et D et d'en faire QsSd pN I Quel que soit le sens que Ion donne un jour aux lettres variables qu'on lit dans le champ des statères tyriens, on peut, à coup sûr, affirmer que ce ne sera pas celui-là.

Dès lors, aucun des arguments qu'on a pu invoquer pour expliquer ^CD par Melek Arvad ne subsiste. J'ajouterai que cette formule abstraite a roi d'Arvad », sans nom propre, serait étrangère aux usages de l'antiquité tout entière. Le plus souvent, les rois inscrivent leur nom seul, ou leur nom accompagné du titre royal, par exemple, AAEïANAPOY ou BAZIAEnZ AAEZANAPOY, sans le faire suivre d'une ethnique; quelquefois le nom du roi est suivi de l'ethnique comme dans Azbaal^ melek Gebal; mais jamais on ne trouve la formule abstraite ro/âfe Gebal ou roi de Macédoine ou toute autre, sans le nom du prince. Cet usage s'est d'ailleurs maintenu à l'époque romaine, ainsi qu'au moyen âge et dans les temps modernes : la personnalité du roi est toujours spécifiée sur les monnaies. Devant une pareille constatation, on peut dire que la formule Melek An^ad « roi d'Aradus », serait tout à fait anormale, et que cette interprétation des lettres KD est invraisemblable.

Il faut chercher moins loin la solution du problème : je proposerai de voir simplement dans les lettres ND, le nom d'Aradus, T^N, précédé d'un D indiquant le lieu d origine et correspondant à la pré-

position latine ex. Tous les orientalistes savent que c'est l'acception usuelle du D préfixe en hébreu , et par conséquent en phénicien. Grammaticalement, mwa, ex Aradoy ne souffre donc aucune difficulté; toute la question est de prouver que cette formule peut se trouver sur des monnaies. En Phénicie, au lieu du D, nous trouvons ordinairement un S préfixe; par exemple, à Tyr, il y a des monnaies qui portent "lïS; à Sidon, nous trouvons tUaiïS. A Gypre, nous avons le S préfixe devant des noms royaux, par exemple, ^SoSiJsS. Le D préfixe parait donc n'avoir pas été usité en général dans les formules monétaires de la côte de Phénicie; c'est le S qu'on rencontre à peu près partout. Aussi hésiterions-nous à reconnaître un D préfixe sur les monnaies d'Aradus si nous ne pouvions invoquer que la convenance grammaticale. Mais nous ti'ouvons le D préfixe lui-même employé, à maintes reprises, dans les colonies phéniciennes ou puniques de la Sicile, de l'Espagne ou de l'Afrique. Les monnaies de Gadès portent fréquemment la formule mJinS^JSD; les médailles de Sexi, V^3U^S273D , celles de de Lixus en Mauritanie ont : WdS Sjyaa ; celles de Tingis : W3>n S:73Q ; celles de Panorme portent : y^sSySD. Ces exemples témoignent de la facilité avec laquelle les préfixes indiquant l'appartenance ou l'origine, D et b, pouvaient, suivant les habitudes locales, être employés l'un pour l'autre.

Nous croyons donc être pleinement autorisé à interpréter ^<D par ex Arado « d'Aradus ». 11 en résulte la confirmation de l'attribution à Aradus

de toutes les monnaies qui portent ces deux lettres. Les pièces sur lesquelles se trouvent simultanément les lettres ND et le monogramme grec AP peuvent être comparées aux monnaies bilingues de Tyr et de Sidon, sur lesquelles on lit à la fois : TYPIAN et

nïS, iiAfiNinN et D^a-nrS.

Ces préliminaires généraux étant posés, nous passons au classement et à l'explication des différents groupes monétaires.

Première période (400-351 av. J.-C).

1. Dagon ichthyomorphe, à droite, barbu, les cheveux nattés, tenant dans chaque main un dauphin par la queue; le bas du corps, à partir des reins, a la forme d'une longue queue de poisson sinueuse, couverte d'écaillés, munie de nageoires, et bifurquée à son extrémité, comme celle du scorpion. Dans le champ, les lettres ^h) (ND, ex Araclo). Au pourtour, une sorte de couronne cordiforme.

Cf. Galère phénicienne, sans voiles, allant à droite; dessous un hippocampe ailé, à tête de griffon, galopant à droite. Au pourtour, trace d'un carré creux bordé d'un rang de perles.

.». 16 mill. Drachme, 3gr. 30*.— PI. VIII, fîg.let2.

2. Même description. A. 10 mill. Hémi-drachme, Igr. 65. — PI. VIII, fig. 3.

3. Dagon vu à mi-corps, à droite, barbu , les cheveux nattés, tenant dans chaque main un poisson par

la queue; dans le champ, les lettres j^tf (NQ).

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