‹ Mélanges offerts à M. Émile PicotChapitre 122 sur 320 · LES PLANS DE CATHERIXH II I · texte numérisé non relu

LES PLANS DE CATHERIXH II I

« Nous nous verrons forcés d'agir avec une efficacité proportionnée à la façon dont on veut nous restreindre », lui écrivait-il. Les négociations de iMalmesbury à Paris inquiétaient aussi Thugut au point qu'il demandait le 30 novembre 1796 si l'impératrice jugeait la continuation de la guerre possible dans le cas où l'Angleterre refuserait de faire savoir ses intentions sur la question d'une paix séparée. Markow, de son côté, se préoccupait d'un projet de cession du Hanovre à la Prusse pour la décider à agir contre la France (10 août) et Thugut enfin demandait à Eden qu'on ajoute aux Pays-Bas autrichiens Liège et la Flandre hollandaise (16 novembre) ou qu'on effectue l'échange avec la Bavière. Le ministre autrichien était saisi d'un accès de colère quand le 26 novembre suivant Morton Eden lui parlait de céder la Belgique à la Prusse : « Et la compensation de la Bavière ! », s'écriait-il. Cependant Whitworth et William Eton, dans des lettres écrites après la mort de Catherine II, ne semblent pas douter de son intention d'intervenir contre la France. « Mais que ses plans contre la Turquie, dit Eton, restèrent sans changeinents jusqu'à la fin de sa vie, cela ne peut souffrir aucun doute. Un des motifs qui portèrent llmpératrice à intervenir fut la crainte de la paix. Elle voulait effectuer son plan pendant la guerre actuelle. Le corps de troupes qu'elle oftniit n'aurait pas, pensait-elle, tellement affaibli son armée qu'elle ne pût en même temps exécuter son plan, et d'ailleurs elle levait 150.000 recrues '. » Les papiers publiés jusqu'aujourd'hui, sans infirmer ces vues de William Eton, ne les confirment pas non plus ; ils ne permettent pas non plus de voir jusqu'où Catherine entendait aider l'Autriche contre la France, ni par quelles garanties elle entendait s'assurer que cette puissance et l'Angleterre ne lui flmsseraient pas compagnie dans une guerre contre la Turquie comme elles le firent à l'empereur Nicolas en 1854. L'ajournement de l'opération

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