LES PLANS DL CATIIERIXL II I
Khanykov qui se trouvait à Copenhague, Tordre de renvoyer en Angleterre les vaisseaux en bon état, soit sous son commandement, s'ils étaient assez nombreux, soit sous celui d'un de ses subordonnés, si ce n'était pas le cas. En exécution de cet ordre, le contre-amiral Makarov retourna en Angleterre avec trois navires, deux frégates et un transport, auxquels se joignirent plus tard deux frégates envoyées en Ecosse ' .
Le 17 (28) sept. 1795, l'Angleterre adhéra aux engagements du traité d'alliance entre ses hauts alliés « pour autant qu'ils sont conformes à ceux qui sont stipulés dans ses traités particuliers avec chacun d'eux ». Cest ce qu'on appela la Triple Alliance. Elle était dirigée presque au tant contre la Prusse que contre la France.
Si les affaires de Pologne avaient été réglées définitivement en octobre 1795. en revanche dès la fin de cette année, la guerre commençait avec la Perse, la Russie s'étant décidée, un peu tard d'ailleurs, à soutenir son vassal le roi de Géorgie, Héraclius. En vain celui-ci avait réclamé dès le printemps des secours à Hudowiczqui commandait la ligne du Terek-Kouban. Les Persans avaient pu prendre Tiflis en septembre et emmener 60.000 esclaves sans qu'un seul Russe fût mis en mouvement. La direction de cette guerre fut confiée à Valérien Zoubov. La veille de son départ, en février 1796, il déclara que si ses projets réussissaient, il ne reviendrait pas avant cinq ans. On parlait d'aller jusqu'à Ispahan. En fait^ le aros des Russes s'arrêta au confluent de l'Arax et du Kour pour y attendre l'attaque d'Aga Mohammed, le souverain de la Perse.
Les victoires des Français, au printemps de 1796, amenèrent de nouveaux développements de la politique de Catherine IL Aux demandes de secours de l'Autriche, demandes fondées endroit aux termes des traités d'alliance depuis que les Français avaient envahi le territoire allemand de cette puis-
I. Miliutin, Geschichte des Krwgcs iiii Jahrc 1796, p. 12 et 300. Vcsc- Ligo, KrotJcaa Istoriïa rousshago flola, p. 215.
14^ EMILE LALOV
sance, l'Impératrice avait longtemps opposé l'impossibilité où elle se trouvait de les accorder. Elle représentait que la Galicie et la Pologne étaient encore troublées par des symptômes d^ agitation qui ne manqueraient pas de prendre un caractère menaçant dès que les armées russes évacueraient la Pologne pour aller faire la guerre à la France. Au surplus^ le gouvernement russe donnait à entendre que l'Autriche n'était pas à l'abri d'une attaque de la part de quelque puissance voisine que ce soit (dépèches du 4 mai et du 9 juin 1796).
Mais plus la cour de Vienne essu5^ait de revers, moins elle accordait d'importance à ces explications. Le baron Thugut finit même par déclarer ouvertement à l'ambassadeur de Russie « que toutes ces appréhensions au sujet des troubles en Galicie étaient sans nul fondement ». Il insistait donc sur l'accomplissement du traité d'alliance en renouvelant ses demandes d'un secours effectif. « Il faut, écrivait-il à Cobenzl, le 18 août 1796, que Ton sache enfin d'une f;içon sûre ce qu'on peut espérer du bon vouloir de la Russie. » A peine cette dépêche était-elle partie que Thugut en recevait une du 1 1 août annonçant que Catherine était prête à envoyer 60.000 hommes au printemps. Elle n'exigeait en échange que de gros subsides anglais, mais aucun programme de contrerévolution. Elle formait seulement le vœu de voir les puissances alliées tâcher d'engager la Prusse à se joindre de nouveau à la coalition. Elle en fit la proposition à Berlin en septembre, insistant péremptoirement sur une réponse immédiate, mais sans réussir à faire sortir le gouvernement prussien de sa réserve, il lui promit seulement de « contempler de loin ses efforts o-énéreux ». D'ailleurs les choses n'allaient pas sans difficultés même avec l'Angleterre et l'Autriche. Si le 19 octobre, le cabinet anglais, obligé par la guerre avec l'Espagne d'évacuer la Corse, envoyait en offrir la souveraineté à Catherine, en revanche, le 16 novembre, Starhemberg protestait auprès de Grenville sur ce que l'on constituait les subsides de la Russie aux dépens de ceux donnés à TAutriche.