‹ Mélanges offerts à M. Émile PicotChapitre 124 sur 320 · ET L'HYGIÈNE DE GARGANTUA · texte numérisé non relu

ET L'HYGIÈNE DE GARGANTUA

La pédagogie moderne a loué maintes fois le Gargantua de Rabelais d'une composition si nette, d'une part le tableau satirique de l'enseignement purement verbal, mnémonique du moyen âge, de l'autre le plan de l'éducation nouvelle qui fait appel à la raison et donne aux sciences leur part légitime. Mais ce beau livre a un singulier début, ou, pour parler comme Rabelais, cette « belle robe d'or triumphante ' », une bordure « de... boue » un peu large, toute une série de chapitres parfaitement ignobles sur l'hygiène des tout petits enfons. Qu'en faire de ces chapitres ? Il n'est plus question de les louer, mais de passer vite, en plaidant les circonstances atténuantes ou les droits de la bonne nature : « Négligeons les folies du début, la naissance de Gargantua par l'oreille gauche, la description de sa layette, les premiers signes d'intelligence qu'il donne à son père Grandgousier dans un chapitre dont on ne peut pas même rappeler le titre. De trois à cinq ans, il passe son temps comme les enfants du pays, « a boire^ manger et dormir, a manger, dormir et boire, a dormir, boire et manger » . Rabelais, qui jusqu'à sa mort n'a dédaigné aucune de ces trois choses, ne semble pas trouver mauvais cet épicurisme de la première enfance. Gargantua ne tardera pas, d'ailleurs, à rattraper le temps perdu -. » Cette explication, que nous empruntons à un livre de pédagogie très connu, et pour ainsi dire classique, est ingénieuse, mais tientelle vraiment compte des taits ? Le bons sens indique que

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