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6% du Regius 3502 (1630), fol. loi ''. Ce sont là les « Alphabets de Montfaucon », avec lesquels on il parfois confondu ceux de Florence.
ALPHABETS SECRETS IDENTIFIES
Le tableau que j'ai dressé, aussi complet qu'il m'a été possible, des alphabets secrets accompagnés de leur clef', doit être précédé de quelques explications.
Alphabet I. — Parmi les alphabets dont nous possédons la signification, le plus usuel, et probablement le plus ancien, est celui qu'emploient toujours les copistes lorsqu'ils veulent dissimuler leur souscription et leur signature. On en trouve la clef dans plusieurs manuscrits -.
C'est le seul système où la série alphabétique ordinaire est remplacée en partie par une autre disposition dont M. Jules Martha nous a dévoilé le mécanisme K Son ingénieuse observation peut se résumer en ces termes : Aux lettres A-0 de la série alphabétique ordinaire correspondent les mêmes lettres, disposées dans l'ordre inverse ; seulement le A est remplacé par le signe numérique C ; la lettre I l'est par le signe numé rique M. Puis même interversion appliquée au groupe K-TT. La lettre P est représentée par le signe ^ ; enfin nouvelle interversion du groupe l-Cl. L'ordre des lettres suivi dans ce système correspond, mais dans l'ordre inverse, à la valeur numérique des lettres: i^'' groupe: 1-9; 2^: 20-90; 3'' : 200-800. C'est ce qui explique les substitutions indiquées (T opur A, q pour I, ^ pour P). Ces trois lettres devaient être remplacées par les chifi"res qu'amène la série des nombres. Voici la concordance des deux alphabets (série alphabétique ordinaire
1. Que M. Marcel Vernet, correspondant de la Société des Antiquaires de France, dont l'amicale obligeance et l'habileté consommée m'ont procuré la photographie de ce tableau, reçoive ici mes plus vifs remerciements.
2. Notamment le Codex monacensis graecus 201, du xiiie siècle, les manuscrits de Messine 150 (i2ri) et 162 (1337), le Berolineusis 173, fol. 84 V., le Parisinus 2705 fol. Bv.
3. Société des Antiquaires de France, séance du 11 avril 1894.
et alphabet I de notre tableau), que je mets ici sous les yeux du lecteur pour en faciliter la vérification.
a |3 Y 0 - C ■'! Q t X X [J, V ^ z i: p c t u 5 •/ t]; w f) Ti ^ Ç z ^( ^ oc H ":: 0 ^ V [j. X y. ^ lù '\i yo -j z a
Il serait oiseux de mentionner ici les souscriptions auxquelles est appliqué ce système et qui se rencontrent dans presque tous les manuscrits datés'. J'en reproduirai seulement, après Montfaucon (^Pal. gr., p. 28e) et Gardthausen (p. 236), le plus ancien exemple connu, tiré du Codex Regius 2610 (aujourd'hui nr. 1085), exécuté en l'an looi.
£ Y p a ç Yj 0 <Ct!> a )^ £ p b ç A £ 0 V T
/v w TC s g ^ q 7: /v -/ £ V u C7 ^ G a i Ç •/
Puis, en clair :
ixo\)çy,ô<7\xo'j, 'TçO tvo. r;' ('i^' corr. Gardthausen).
Les plus anciennes applications de ce système, d'après l'opinion commune, remonterait, on vient de le voir, au début du xi^ siècle avec le Parisinus 1085 5^ peut-être même dans un codex Vaticanus, fonds arabe, contenant le Nouveau Testament, qui serait du IX^ (Les plus récentes se rencontrent encore dans les souscriptions du xvi^ siècle.) Or j'ai relevé dans
1. Voir H. Omont, Liste des maftuscrits grecs [de la B. N.jf/atà, dans son Inventaire sommaire des mss. de la B. N., t. IV, p. lui ss. — Cf. Montfaucon, Pal. gr., livre I, chap. vi, où sont relevés les manuscrits, datés pour la plupart, dont il a eu connaissance. Plusieurs d'entre eux ont des souscriptions cryptographiques.
2. La lettre | est constamment représentée ici par le signe numérique Ç au lieu de S- J'^ ^^ sais si la confusion de ces deux signes vient d'une déformation du q, ou d'une erreur du scribe, qui aurait pris l'un pour l'autre.
3. Scholz, Bibl.-krit. Rcise, p. 126, cité par Gardthausen (Gr. Pal., p. 255), qui rectifie son déchiffrement.
un papyrus grec un exemple de cette cryptographie qui la fait dater du m'' ou iv= siècle de notre ère'. Voici cet exemple :
7, A 'J> T 6) ^ 6 -JT 6. 0 X V. 0 0 •/; m v.
<r6À ({^ Ç" Xv Te -> e (0.
i a 0 ' T ', 0 V t (?) î - a ç (?). Gardthausen (Gr. Pal., p. 232) est porté à croire que l'origine de ce système « le plus ancien de tous » est à rechercher en Orient.
Alphabet II. — Alphabet alchimique (ms. 299 de Saint- Marc, à Venise, fol. 193'', publié avec fac-similé, par Marcellin Berthelot (Les alchimistes grecs, t. I, p. 156). Suit un exemple de son application.
Alphabet III. — Autre alphabet alchimique (ibid.) avec fac-similé. Suivent deux exemples.
Alphabet IV. — C'est le troisième alphabet de Florence (Montfaucon, Pal. Gr., p. 286) reproduit avec quelques corrections par Gardthausen (Gr. Pal., p. 240), qui, renseigné par un ami, lui assigne le nr. 53 (Badia).
Alphabet V. — Sixième alphabet du manuscrit de Florence (Montfaucon, ibid. ; Gardthausen, ibid.^ avec des cor-
1. British Muséum; Papyri; no CXXI, col. 27. — Voir C. Wessely, Neite griechische Zauherpapyri, dans les « Denkschriften » de l'Académie impériale de Vienne, t. XLII, 1893, p. 54. Premières mentions de notre découverte : Rei'ue critique du 29 février 1894 ; BiiU. de h Soc. des Antiquaires de France, séance du 4 avril 1894. — Elle a été enregistrée par Wessely lui-même dans le tome XLIV des Denkschriften, 1896, nr. 4, p. 9. Voir Gardthausen, Ziir hyiantinischen Kryptographie (By^. Zettschrift, t. XIV, 1905, p. 616 ss.).
2. Le copiste a conservé par mégarde la lettre de l'alphabet ordinaire, comme il est arrivé dans quelques autres manuscrits ; mais lui-même ou un reviseur l'a surmontée d'un trait.
3. Lire taw. Le Parisinus 2249 donne des variantes, f. 274 pour l'alphabet II et p. 279 pour l'alphabet III.
rections qui, comme celles du précédent, lui ont été envoj^ées par le susdit ami, et dont notre tableau a bénéficié.
Alphabet VI. — Extrait du Baroccianus 50 (Bibliothèque bodléienne à Oxford).
Alphabet VII, — Un autre codex Baroccianus, le ms. 33, de l'année 1595, contient les éléments d'un alphabet « numérique » dont Gardthausen (p. 238), a découvert le principe. Il s'agissait de déchiffrer la partie cryptographique de cette légende :
oià yzlpoq èiJ.oD 5 I 2 7 3 I 7 4 Icpéwç 3 7 4 3 I 2 I 7 4...
D'après ce principe, le chiffre arabe i désigne le chiffre grec a', qui, à son tour, désigne la lettre a; 2, 6' ê ; 3, y', y ; et ainsi de suite ^; i, i', i; 2, y,', •/. ; 3, />', X; 4, [x' , 1^.; 5, v', v ;
6, ^', ^; 7j ^'j^ 58;. ^ 5 '^; ij ? > ?; 2, a', a; 3, t , t; 4,u',u; 5? 9', ç ; 6, y', X ; 7, -y', à ; 8, w', m. On voit que chaque chift're surmonté d'un point doit être multiplié par 10, surmonté de 2 points, multiplié par 100. La souscription se déchiffre ainsi : Nty.oXàou. . . tcu Aay.tou.
Alphabet VIII. — Dans le Parisinus 2421 (Colbertinus 1240), du xvi^ siècle, les folios, 32-33, qui ont été intercalés lors de la reliure, contiennent : 1° l'alphabet ordinaire, 2° un alphabet cryptographique que l'on retrouve, copié par Ismaël BouUiau, dans ses Miscellaiiea (ms. 20 du suppl. gr.,fol. 196''). Il y a lieu de croire que le rédacteur de ces deux feuillets a puisé les éléments de l'alphabet secret dans des textes qui se lisent aux folios 21 et 163 du beau manuscrit 2424 (Regius 2732) du xiii^ siècle. Dans ces textes figurent plusieurs mots cryptographiques (ff. 21 % 58, 59, 69, 70", etc.), par lesquels le copiste a remplacé ceux qui offensaient sa pudeur; mais une main moins
I . Je complète le tableau de Gardthausen en ajoutant les lettres qui ne sont pas dans le groupe cryptographique, vu que le paléographe allemand dans ce tableau, ne donne que les lettres de ce groupe.
LA CRYPTOGRAPHIE GRECaUE 295
scrupuleuse, du siècle suivant, croyons-nous, en a donné un déchiffrement placé au-dessus des signes, et c'est du relevé des lettres formant ces mots qu'on a pu déduire l'alphabet du 2421. Ce qui justifierait cette explication, c'est que les lettres qui n'y sont pas représentées (ç , y^ 'h) manquent précisément dans le 2424 '.
Alphabets IX-XVII. — Ces neuf alphabets sont empruntés au Parisinus 2419, fol. 274 ^ copié par Georges Meidiatès en 146 1 (ou plutôt en 1465) ^ disposés horizontalement, précédés de l'alphabet latin et de l'alphabet grec ordinaire.
Alphabet IX. — Premier du manuscrit.
— X. — Deuxième; manquent les signes des lettres
œet |3.
— XI. — Troisième.
— XII. — Quatrième.
— XIII. — Cinquième.
— XIV. — Sixième.
— XV. — Septième.
— XVI. — Huitième.
1. Notre regrettô confrère et ami Paul Tannery a fait une étude approfondie de ce manuscrit, notamment au point de vue de la gcomantie et de la cryptographie. Son travail, resté inédit, sera probablement publié et complété par des amis compétents. Il m'avait obligeamment communiqué les résultats cryptographiques de son travail.
2. Voir Berthelot {Les akbhnistes grecs, introduction, p. 156), quia fait quelques observations sur ces alphabets après les avoir reproduits en facsimilé.
Alphabet XVII. — Neuvième; manquent les signes des lettres s et suivantes.
Alphabet XVIII. — Groupe tachygraphique publié par Ulrich Kopp (Pal. crit.^ t. I, p. 493; p. 471 et s.; Gardthausen, Gr. Pal., p. 212). Quelques-uns des signes de ce système sont entrés dans l'usage courant des copistes. Tels ceux de l'a (— ), de l'e (/), de W (l), du T (^ /) et de l'w (co). Il en va de même de certains groupes de lettres, notamment l\ (7).
Alphabet XIX. — Autre groupe tachygraphique (première colonne de la planche XII dans la Gr. Pal. de Gardthausen). Il diffère peu du précédent.
Alphabets XX-XXVI. — Le manuscrit grec 173 de la Bibliothèque royale de Berlin (olim Claromontanus 295, Phillipsianus 1577), fol. 84 '■'-85, contient neuf alphabets parmi lesquels M. Franz Boll, qui a décrit ce manuscrit {Catal. codicum astrol. gr., t. VII, codices germanici, nr. 26, p. 48) en a donné sept seulement en fac-similé.
Le premier alphabet de Berlin n'est autre que la série des lettres ordinaires. Le suivant ayant pour titre : ùff-r^Xit (?) âX^aêiTcç, précédé de la clef, est l'alphabet des copistes (alph. I de notre tableau).
Alphabet XX. — 'Eispa â/voâ6-/]Toç.
— XXI. — 2i6uXAiay.à Ypa[j.jjLaTa.
— XXII. — lepoYA'Jîii/.à ^(^■x\}.%~y. (sic).
— XXIII. — llîpjf/.à Ypatj,ij,a-a.
— XXIV. — lIuO^YOpixi: 7p7iJ.aT3t.
LA CRYPTOGRAPHIE GRECaUE 297
Alphabet XXV. — 'E-ipa àÀsaê-r^TOç.
— XXVI. — 'Eiô'pa 7X(fi6T,zoq. J'ai cru reconnaître dans ce dernier alphabet un grand nombre de lettres russes. Tels sont les signes correspondant aux lettres grecques ,8, Yj C, i, •/., À, \j., V, 0, X, j, -, s, '/ et >h.
Alphabets XXVII-XXXV. — Le Parisinus 684 du supplément grec, fol. 207-209, présente une série de neuf alphabets.
Alphabet XXVII. — Premier alphabet : ' AhoiST-.oq àffxpcvc-
— XXVIII. — Deuxième : "E-zpz; x\<^i6-qxoc.
— XXIX. — Troisième : "Exzpoq àAça6*/;Tcç.
— XXX. — Quatrième : "Exspoç àAîx€r,TOç.
— XXXI. — Cinquième : "Eispc; ocXçaêirjTOç.
— XXXII. — Sixième : "Extpzq àXaâêYjToç.
— XXXIII. — Septième : "ETspoç àXçâéYjTc;.
— XXXIV. — Huitième : "Eiepoç àXçaêTjTo;.
— XXXV. — Neuvième : "Eispcç aKo<x6r,ioç.
Alphabet XXXVI. — Sixième alphabet de Montfaucon (Paî. Gr., p. 376, avec fac-similé), qui l'a reproduit d'après le Codex Regius 3502 (ms. actuel 1630), fol. loi ". Malgré quelques corrections résultant de mon collationnement, la concordance de ce manuscrit avec l'alphabet ordinaire, dont il n'est pas accompagné, reste pour moi quelque peu conjecturale.
Alphabets XXXVII-XXXVm. — Le Parisinus 2705 (Regius 2790) m'a fourni, dans la partie exécutée au xiV siècle, trois alphabets surmontés tous trois de l'alphabet ordinaire.
XXXVII. — Le premier offre cette particularité que les sept premières lettres (a--^) sont représentées par des signes astronomiques et géométriques qui, dans le second septénaire (O-o), reparaissent surmontés d'un point et, dans le troisième, de deux points. Le signe de \\ manque. Ceux des lettres 'b, m ainsi que les lettres elles-mêmes manquent aussi. Ces signes sont d'ailleurs faciles à suppléer (voir le Tableau général).
Le second alphabet est celui des copistes.
XXXVIII. — Le troisième ne comprend que les signes des lettres x-\. Il diffère à peine du premier.
Alphabet XXXIX. — Parmi les six alphabets qui figurent dans le Parisinus 2091 (Regius 3496), fol. 117^', un seul vient s'ajouter à ceux du tableau, savoir, le premier, qui est surmonté de l'alphabet ordinaire, et dont le quatrième est une répétition, avec des variantes sans importance. Le deuxième, ainsi que le cinquième, est celui des copistes. Quant au troisième et au sixième, ce ne sont pas, à proprement parler, des séries cryptographiques, mais des alphabets ordinaires de grande dimension, dans lesquels chaque point extrême de la lettre est bouclé.
Alphabets XL-XLII. — Ils font partie d'une collection de treize groupes cryptographiques contenus dans le Parisinus 2316, fol. 418-419, présentés par le copiste comme autant d'alphabets ; ils y occupent les trois derniers rangs, et d'ailleurs, je les reproduis sous toutes réserves, à cause des doublets qu'on y rencontre. On les retrouvera plus loin, sous leurs titres respectifs « alphabets non identifiés », n°' 24