‹ Mélanges offerts à M. Émile PicotChapitre 234 sur 320 · DU SUCCES DE L ŒUVRE DE CHARLES D ORLEANS 4I · texte numérisé non relu

DU SUCCES DE L ŒUVRE DE CHARLES D ORLEANS 4I

xvi= siècle, puisqu'on lit, sur le premier feuillet de garde, d'une écriture de ce temps : by ihe leysurles hand de nouster povre i-fm/z/tT Thomas Kendall. Ce recueil comprend surtout des poésies pieuses et édifiantes. On y rencontre entre autres au fol. 38 la translation des Vigiles des Morts de Pierre deNesson; au fol. 72 VOraisofi de Nostre-Danie du même poète; au fol. 95 le Mirouer de la Mort; au fol. 113 les Faintises du Monde de Guillaume Alexis. Les poésies de Charles d'Orléans se rencontrent au fol. 148 v° : Cy après ensuyvent plusieurs ballades plaisans et joyeuses, et au fol. 223 v° sous la rubrique : Chansons, rondeaulx, carolles, lai^ et virelais. L'intérêt du ms. Lansdowne pour l'établissement du texte de Charles d'Orléans demeure fort secondaire. C'est un simple extrait fait vraisemblablement sur les manuscrits du duc qui circulèrent vers 1441 : l'auteur a surtout recueilli les ballades, les chansons, les complaintes. L'intérêt véritable du ms. Lansdowne est bien plutôt de nous présenter une série d'imitations, parfois assez curieuses, des poésies de Charles d'Orléans. Un scribe les aura recopiées parmi les morceaux de notre poète, et le tout aura été recueilli par le copiste du ms. Lansdowne. Voici ces imitations :

As tu ce jour ma mort jurée ?

Soussy, je te pry, tien te qiioy... (éd. J. M. Guichard, p . 315).

Cf. fol. 255 vo Hé Fortune, pourquoi si fortunée '

Suis je par toy ? As tu ma mort jurée, Qui m'as osté le plaisir de mes yeux ? Mon cueur en a pour jamais, se m'aist Dieux, Dueil angoisseux, rage desmesurée I

Helas ! c'est ce que plus amoye.

Et que tenoye

Mon seul espoir, mon vueil, mon amy !

Je te pry que je le revoye, I. Cette pièce se rencontre aussi dans le Jardin de Plaisance, éd. Vérard,

fol. 94 ro, ire col.

4l8 PIERRE CHAMPION

Et que m'otroye

Qiie je puisse parler à luy ;

Ou se ce non, face descoulourée

Aray tousjours et prendray pour livrée

Drap sans couleur : puis après, pour le mieulz.

Sur ma manche seront motz escrips tieulx :

Langueur sans fin et vie malheurèe !

Hé Fortune [etc.]

Au plus fort de ma maladie,

Des fièvres de mélancolie (éd. J. M. Guichard, p. 358). Cl. fol. 251 vo Au plus fort de ma maladie.

Hélas ! il m'est pris envie

De vous veoir, ma seulle richesse,

Pour voir compter la grand destresse

Et douleur que tant m'ennuye !

Se j'eusse peu m'amour, m'amie.

Parler à vous, ne doubtcz mie.

Tous mes maulx eussent eu cesse Au plus fort [etc.]

De bonne heure vous ay choisie :

Pour ce, belle, je vous supplie Que me soyez bonne maistresse, Mais que vostre amour ne me laisse :

Vous serez cause de ma vie !

Au plus fort [etc.]

Dieu vous conduie, doulx penser.

Et vous doint faire bon voyage... (éd. J. M. Guichard, p. 236). Cf. fol. 241 vo Très doulx penser, Dieu te convoyé

Vers celle ou mon désir t'envoye.

Dont je suis si d'amours actains ;

Prouchain du cueur, des yeulx loingtains.

Plains de regretz, wyde de joye.

Banny du plaisir que j'avoye Suis et seray, tant que la voye :

Vas tos en souspirs et en plains Très doulx [etc.]

Dy lui, s'espoir ne me pourvoye, Et que bien brief je la revoye, Tous mes désirs seront estains ;

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Va, je te pry, a joinctes mains, Fay lui savoir, ou que je soye, Très doulz [etc.]

Jcsuis à cela. . . (éd. J. M. Guichard, p. 592) Cf. loi. 252, cette pièce d'un esprit d'ailleurs bien différent :

Je suis à cela De quicter amours Se je n'ay secours D'ung peu de cela.

Quant je la tiens nue, Trois foiz de venue, Je lui fais cela :

Je suis [etc.]

Et tout pour cela Goucte je n'eu sue ; Es autres je rue Et puis veez me la :

Je suis [etc.]

Mon seul iiDiy, mon bien, ma joie{cd. ].M. Guichard, p. 232.) Cf. fol. 358 vo :

Mon seul plaisir et ma doulce joye, La maistresse de mon espoir, J'ay tel désir de vous veoir Que dire ne le vous sauroye.

Helas ! pensez que ne pouvroye '■ Nés ungs biens sans vous recevoir, Mon seul [etc.]

Car quant Desplaisir me guerroyé Souventes foiz de son povoir, Et je vueil reconfort avoir, Espérance vers vous m'envoye.

Mon seul plaisir [etc.]

Benoît Damien (éd. J. M. Guicliard p. 359) et Thignonville (Ms. de Carpentras, 375 fol 64 v°) ont écrit deux rondeaux sur les thèmes : Pour parvenir a voslre grâce.

Cf. fol . 244 vo :

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