‹ Mélanges offerts à M. Émile PicotChapitre 246 sur 320 · HISTOIRE POLITIQUE DES PROVINCES ESPAGNOLES DE 285 A · texte numérisé non relu

HISTOIRE POLITIQUE DES PROVINCES ESPAGNOLES DE 285 A

Maxiniien Hercule fut associé à l'empire, par Dioclétien, le I" avril 285 S et reçut le commandement des armées de l'empire d'Occident. On ignore quel titre il porta ; les monnaies qui le désignent comme Auguste ne furent frappées qu'à partir du !'■■'■ mai 286-. Certains auteurs lui attribuent le rang de César qu'il n'a jamais tenu'. Une mesure prise en sa faveur par Dioclétien, en 293, lorsqu'il éleva à ce rang Constance Chlore et Galère, je veux parler du redoublement de la puis-

1 . Voir sur cette date : O Seeck, Geschichte des Untergaiigs cler Antiken JVelt, 5e édition, 1910, pp. 25 et 446. Le savant historien s'est trompé sur l'attribution du titre de César à Maximien Hercule, mais, par contre, il a le premier indiqué la solution du problème des deux séries de puissances tribunitiennes de Maximien Hercule. Je renvoie pour l'étude de cette question à : J. B. Mispoulet, Chronologie de Maximien Hercule dans Bulletin de V Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1908, p. 455 sq.

2. Le Colonel Woetter dans ses études sur : Die kupferpràgungen d. Diocletlanische Tetrarchie, a placé en 285 la frappe d'un certain nombre de monnaies de bronze de Maximien Hercule, désigné comme Auguste ; mais il n'a pas apporté de raison positive pour justifier ce classement chronologique que nous avons adopté à sa suite ; rien n'autorise, en réalité, à faire remonter l'émission de ces monnaies plus haut que l'année 286.

3. Eutrope, IX, 20 et 22 se trompe formellement en attribuant le titre de César à Hercule. Ammien Marcellin, XXVII, 6, 16 dit que Verus seul fut élevé directement au rang d'Auguste par Marc Aurèle. Il se trompe également. Il oublie le cas de Licinius, notamment. Une confusion analogue est commise par les auteurs (Excerpta Val. V, 26), (Victor, Epitome, 59), (Zosini. hist. II, 23 et 27) qui ont attribué à Martinianus le titre de César qu'il ne porta pas. La Numismatique rectifie ces erreurs; mais il reste à expliquer comment les anciens se sont trompés aussi formellement ? Est-ce en raison d'une idée préconçue, qui se serait formée sous

sance tribunitienne de Maximien Hercule en cette année \ a trompé sur le début de son règne.

Des savants ont cru qu'il avait été promu au rang impérial de César ou d'Auguste, à partir de l'année 285, ainsi que semblaient l'indiquer les chiffres de ses puissances tributiennes postérieures à l'année 293. M. Mispoulet a récemment démontré que Dioclétien n'avait accordé, à cette époque, qu'une satisfaction d'amour-propre à son premier associé à l'empire ^, lequel ne reçut alors aucun des deux titres de César ou d'Auguste. Maximien Hercule posséda l'Imperium jusqu'au I" mars 286, et dut être désigné par quelque appellation vague, telle que celle de Princeps Invictus que s'attribua plus tard son fils Maxence ', peut-être en imitation de son père. Dioclétien l'éleva au rang d'Auguste, en 286, et lui accorda les mêmes prérogatives qu'à lui-même ; gardant seulement le droit de signer le premier les lois et rescrits, droit qui entraînait le pouvoir législatifs. Ce fut entre ces deux dates, (286

la tétrarchie, ou sous le règne de Constantin, lorsque l'habitude fut prise de donner le titre de Césars aux fils adoptifs des Augustes ou aux fils de Constantin? Il n'existe pas de monnaies frappées aux noms de Maximien Hercule César. (Voir sur Martinianus Auguste, Niim. Const., t. II, p. 587, et Nuiiiisniatic Chronide, 1903, p. 250; et sur Maximien Hercule, Num. Const., t. I, p. 8 et pi. I, n° 11). Le médaillon attribué par Cohen à Hercule est de Galère et présente l'effigie de Dioclétien dont Galère était le fils adoptif.

1. Voir la savante discussion de M. Mispoulet ainsi que son tableau des puissances tribunitiennes de Dioclétien et de Maximien Hercule dans sa communication à l'Académie. Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1908, p. 456-457; O. Seeck, Gesch., I, p. 447.

2. Ibid., p. 462. Mispoulet a pensé que Maximien Hercule aurait pu porter quelque titre vague tel que ceux de Titus « Caesar designatus » ; de Caracalla « Caesar destinatus »; d'Alexandre Sévère « Hères imperii ». J'indique pour ma part comme plus vraisemblable celui de « Princeps Invictus », qui fut repris par Maxence. Le titre d'Invictus emprunté aux religions astrologiques, ne fut abandonné que par Constantin, au milieu de son règne.

3. J. Maurice, Numismatique Constant inienne. Tome le^, pp. 171-175.

4. O. Seeck, Geschischte des Untergangs der Antiken ÎVelt, 3e édit., I, pp. 26, 448 explique que cette élévation au rang d'Auguste fut probablement arrachée par Maximien Hercule à Dioclétien. La nomination des Césars en 293 eut peut-être pour but de faire contre-poids au pouvoir d'Hercule.

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et 293), que les « praesides » ou gouverneurs des provinces espagnoles descendirent du rang sénatorial au rang équestre « viri perfectissimi », et durent en conséquence être placés sous la direction d'un « Vicarius », gouvernant le diocèse des Espagnes, lequel dut alors être créé". Il était nécessaire d'indiquer ces faits avant d'entreprendre l'étude qui suit.

Le diocèse des Espagnes fît partie des états de Maximien Hercule jusqu'en 293 ; mais, lorsqu'à cette date, Dioclétien attribua au César Constance Chlore le gouvernement des Gaules, il y eut deux empires en Occident. Celui d'Italie et d'Afrique appartint à Maximien Hercule, celui des Gaules à Constance Chlore. Les historiens ont différé d'avis, depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, sur le rattachement du diocèse des Espagnes à l'un ou à l'autre de ces empires. Lactance, contemporain de cette histoire, parlant de la persécution qui sévit contre les chrétiens, sous la première tétrarchie impériale, de 293 à 305, s'exprime ainsi « Vexabatur ergo universa terra, et, praeter Gallias, ab oriente usque ad occasum, très acerbissimae bestiae saeviebant » -. Ces trois sauvages persécuteurs des chrétiens sont Dioclétien, Maximien Hercule et Galère. Constance Chlore qui les protégeait ne régna donc que sur les Gaules, d'après Lactance, qui attribue ailleurs formellement à Maximien Hercule la possession de l'Espagne, a Nam cum ipsam imperii sedem teneret Italiam, subjacerentque opulentissimae provinciae, vel Africa, vel Hispania ^ ».

Un demi-siècle plus tard environ, l'empereur Julien disait exactement le contraire; parlant à Constance II de leur nïeul

1. Mispoulet, Traiisjonini lions de F Espagne durant Jes trois premiers siècles de l'Empire romain, dans Revue philologique, 1910, p. 308. La connaissance de l'état des provinces romaines au ive siècle est due à la découverte de la liste de Vérone par Mommsen et à l'excellente traduction du texte et des mémoires de Mommsen et de Mùllenhoff que nous devons à M. Picot. Cette liste ne daterait toutefois d'après M. Mispoulet que de la fin du règne de Constantin.

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