HISTOIRE POLITIQUE DES PROVINCES ESPAGNOLES
Auguste, dans ses propres états, en 307, par son beau-père Maximien Hercule, lequel était censé avoir gardé, après son abdication, le pouvoir inaliénable comme la dignité de l'auguste, de consacrer d'autres empereurs '. Galère ne reconnut, à Constantin, ainsi qu'il vient d'être dit, le rang d'Auguste, qu'en 309. Ce dernier, satisfait de cette reconnaissance de son titre, et cherchant à se rapprocher de Licinius auquel il fiança bientôt sa sœur Constantia et à désarmer Maximin Daza, afin d'isoler Maxence; fit frapper dans ses ateliers monétaires, au courant de l'année 309, les monnaies de Licinius, de Maximin Daza avec les siennes ; les trois empereurs y étaient désignés comme Augustes ^.
Maxence, au contraire, avait rompu toute relation diplomatique avec Constantin, en. attendant qu'il se préparât à la guerre contre lui. Ses ateliers d'Italie n'émirent plus en conséquence que des monnaies frappées à son nom et à celui de son jeune fils Romulus, mort au début de l'année 309, et consacré comme Divus ">. Ils cessèrent brusquement de frapper, comme ils l'avaient fait auparavant, les monnaies de Constantin. L'atelier de Tarragone suivit l'exemple de ceux des Gaules dont il s'était nettement distingué jusque là. Il émit les pièces de Licinius, de Maximien Daza et de Constantin 4.
C'est ce qui prouve l'adhésion du diocèse des Espagnes à l'empire des Gaules, en pleine période de paix, en 309. Ce fut, en effet, au cours de cette année, que l'atelier monétaire de Tarragone, cessant de frapper les monnaies de Maxence et de son fils Romulus, obéit aux ordres de la chancellerie de Constantin, reçut l'effigie de ce prince et com-
1. Voir sur cette inaliénabilité ou éternité du pouvoir de l'Auguste, le panégyrique VI et Isliim. Const., II, p. xix.
2. Nniii. Const., I. L'atelier de Trêves, p. 392, sq.; t. II, l'atelier de Lyon, p. 95 sq.
3. Ibid., t. I, l'atelier de Rome, p. 187-191 ; l'atelier d'Ostia, p. 267 sq. ; l'atelier d'Aquilée ferma avant la frappe de ces monnaies.