‹ Mélanges offerts à M. Émile PicotChapitre 253 sur 320 · Theodorct, /</., lib. I, c · texte numérisé non relu

Theodorct, /</., lib. I, c

à envoyer une ambassade à Constantin, pour se soumettre à son autorité. Il est difficile de constater le degré de véracité de toute la légende. Les souvenirs de royautés barbares sont sans doute antérieurs à l'époque qui nous occupe ; mais nous pouvons contrôler ce qui est dit dans la légende, relativement à l'adhésion de l'Espagne chrétienne à l'empire de Constantin.

Voici ce qui s'était passé.

Ce pnys possédait des communautés chrétiennes importantes dont s'occupa le concile d'Elvire en 305-306 '. Constantin, de son côté, continuant les traditions de son père. Constance Chlore, avait montré sa bienveillance pour les chrétiens, dès son avènement au pouvoir, alors qu'il était païen lui-même ^. Il en était ainsi en 309 et l'Espagne fut attirée pour cette raison vers Constantin.

Mais d'autres circonstances avaient également engagé l'Espagne à se placer sous la protection de cet empereur. Elle était, en fait, en 309, séparée de l'Italie, par un empire hostile \ Elle n'avait plus rien à craindre de Maxence, dont le règne ne semble avoir été nulle part populaire; elle avait, au contraire, tout à attendre, au point de vue politique comme au point de vue religieux, de Constantin.

Les études Numismatiques permettent de rendre compte des événements qui s'accomplirent en 308 et 309.

Galère avait, sous la pression de Maximin Daza reconnu le titre d'Auguste à cet empereur et à Constantin, au début de 309. Licinius avait déjà été élevé à la même dignité, en novembre 308 ■*, et Constantin lui-même avait été promu

1. Mgr Duchesne, Hist. anc. de l'Eglise, t. I, p. 522 et Mélanges Renier, 1887, p. 150 sq.

2. Lactance, De mortihus peiseciitoiiivi, c. xxiv. J'ai montre combien Lactance était digne de foi : cf. La véracité historique de Lactance. Comptes rendus de V Académie des inscript, et helles-lettres, 1908, pp. 146-iéo.

3. Depuis la brouille survenue entre Constantin et Maxence en 308; voir O. Seecl<, loc. cit., I, pp. 97 et 485 ; et Num. Const., t. I, p. LXii.

4. J'ai expliqué cette histoire des élévations des Augustes dans : Kiim. Const., t. 11, p. 3CO- 305 .

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