‹ Mélanges offerts à M. Émile PicotChapitre 266 sur 320 · vol. Paris · texte numérisé non relu

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2. L'impression de ces textes hongrois est très correcte ; on voit immédiatement qu'un Hongrois en a corrigé les épreuves. Si on les compare avec les strophes d'un ancien chant populaire hongrois citées par de La Borde dans son Essai sur la Musique aiicienite et iiiodenie (Paris, 1780; t. L p. 157- 162 : De la musique des Hongrois) on voit la différence énorme au point de vue de l'exactitude.

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lui-même. « Il est regardé, dit le Mercure, par les littérateurs hongrois comme l'un des poètes modernes nationaux qui se distinguent le plus par l'énergie et la profondeur de sentiments et par la pureté de son style. Ayant pris pour modèles les meilleurs poètes anciens et modernes, et possédant un véritable génie poétique, il n'a pu manquer, dès son début dans la carrière littéraire de se faire remarquer. » Il mentionne sa traduction de quelques poèmes d'Ossian et donne une traduction très fidèle de son Ode intitulée : Le Prisonnier. Apostrophe à la lune écrite en 1795 pendant sa captivité.

Dans le second volume du Mercure étranger, Bacsânyi donna encore un article assez détaillé sur le poète Gyôngyôsi (1629?- ' 1 704), mais l'étude promise sur Faludi, poète favori de Bacsd nyi, n'a pas paru. Les deux premiers tomes de la revue contiennent encore de nombreuses nouvelles littéraires par lesquelles l'exilé voulut attirer l'attention du monde savant sur son pays natal. Avec le tome III sa collaboration cessa.

Ce premier essai pour faire connaître la langue et la littérature hongroises en France est resté isolé. S'il avait été donné à Bacsânyi de vivre plus longtemps à Paris et de pouvoir ainsi continuer son rôle d'intermédiaire entre les deux pays, la France aurait pu être initiée plus tôt à ces études. Avec le départ de Bacsan)à, l'oubli se fait de nouveau et il faudra attendre une quarantaine d'années pour que les émigrés hongrois de la Révolution de 1848-49 se mettent à l'œuvre avec quelques écrivains français pour démontrer au public qu'il existe une langue magyare qui n'est ni un dialecte germanique, ni un idiome slave et qu'il y a des poètes hongrois qui peuvent prendre rang parmi ceux de la littérature universelle.

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