‹ Mélanges offerts à M. Émile PicotChapitre 274 sur 320 · L ART POETIQUE ABREGE · texte numérisé non relu

L ART POETIQUE ABREGE

mentionnés, ainsi que Jodelle pour ses vers mesurés à l'antique : « Maintenant je diray seulement de noz François, lesquelzje dy sans flatterie, commencent à piller l'honneur des anciens, approchant si près du souverain degré de la gloire poétique, que je puis espérer (et n'est mon espérance vaine) les veoir faire honte aux anciens... Toutesfois il fault attendre la souveraine main de quelque grand Poëte, lequel marchant d'un plus grand stile passe les traces communes de la vulgaire Rithmaillerie de ces farceurs Courtisantz » (F r°-Fij v°). Citons encore une protestation contre les poésies dissolues « blasons, amours folles et dieux des idolâtres »(Fiijv°) et reproduisons le sonnet de l'avant-dernière page, qui présente le même genre d'intérêt que les pièces Uminaires transcrites plus haut :

Sonet.

L'Immortel bruit, qui voz noms eternize,

Ja triomphant sur la gloire des cieux

Promet un heur a vos chantz gracieux

Que de ses raiz Apollon favorize.

C'est luy, c'est luy, qui la faconde prise,

En le chassant au Temple précieux

Du saint troupeau de voz biens soucieux

Pour vous la France en toutz honneurs maistrise. Divin Ronsard, le Delien Jodelle,

L'heureux Bellay, et celluy qui d'une elle

Du Cygne doux lamente ses erreurs, Grave Caron, Sibillet et Le Conte

Aux anciens par vos chantz faites honte,

Authorisez voz Delphiques fureurs.

(F iij ro.)

Quand nous aurons mentionné l'insignifiant cinquain d'Eustache de Martigny à l'auteur, qui occupe une partie du dernier feuillet non paginé, nous aurons donné une description suffisamment complète de cet opuscule dont l'intérêt est beaucoup plus grand que sa brièveté ne pourrait le faire croire.

F. Gaiffe.

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