‹ Mélanges offerts à M. Émile PicotChapitre 302 sur 320 · A. JEANROY · texte numérisé non relu

A. JEANROY

manuscrit se trouvait alors en Béarn, et vraisemblablement dans la bibliothèque la plus riche de ce pays, celle des comtes de Foix, conservée d'abord à Orthez, puis à Pau, Cette conjecture devient une certitude, grâce à une précieuse communication que veut bien me faire mon collègue et ami M. Antoine Thomas : nous lisons dans un inventaire des « meubles » du château de Pau rédigé en 1533, sous le n° 12 : Un livre de chansons, escriptes enparchemin, comniensant : FloquetdeMarceille ' . Notre manuscrit correspond exactement à cette description. Une autre raison appuie l'identification : c'est qu'un autre manuscrit de la collection était au xvii'' siècle, comme le nôtre, entre les mains de Catel ^.

J'ai relevé encore sur les marges du manuscrit trois annotations anciennes qui ne manquent pas d'intérêt; elles sont malheureusement très courtes et identiques entre elles : dans la marge des folios 321 r° et v°, et 322 v°, une main, que je crois être du xv^ siècle, et plutôt de la fin que du commencement, a tracé, d'une écriture anguleuse et fine, les mots : del baus. Ces mots se trouvent en face de deux pièces de Paulet de Marseille, où un prince des Baux (Barrai, mort en 1270) est désigné par son titre ^ ; l'annotateur n'a donc fait que souligner une indication qui lui était fournie par le texte même. Cela prouve du moins qu'il s'intéressait particulièrement à la famille des Baux ; il y aurait, ce me semble, quelque vraisemblance à admettre que ce lecteur était provençal. On pouvait toutefois s'intéresser aux princes des Baux en dehors de leur pays d'origine *.

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