HISTOIRE DUN CHANSONNIER PROVENÇAL
A partir du commencement du xvii^ siècle, l'histoire de notre manuscrit est jalonnée d'un grand nombre de faits assurés. Nous savons positivement qu'il fut en possession (nous ignorons malheureusement à partir de quelle époque) de l'érudit Guillaume Catel, président au parlement de Toulouse ', puis, après la mort de celui-ci (5 octobre 1626) de son neveu et héritier Jacques de PuNnnisson, d'abord avocat, puis conseiller au même parlement-. Après la mort de Puymisson (octobre 1631), nous ne savons entre quelles mains il passa, mais il est probable qu'il resta à Toulouse : il fut souvent utilisé en eflet par des historiens de la région ou de la ville même, notamment par Dominicy, Caseneuve et Hautcserre. Malheureusement les érudits de ce temps pratiquaient avec ferveur le noniiui prcniafiir in aiiiiiiDi, et la date des ouvrages où est cité le chansonnier ne nous renseigne pas exactement sur celle où il fut réellement consulté 5.
Le premier de ces érudits, mort en 1650 ou 1656, selon Chabaneau '^, nous a laissé une Hisloire du Pais de Qiicrcy, où il cite un certain nombre de troubadours. Le manuscrit de cet ouvrage a été étudié par M. A. Thomas, qui a montré que
exécution maladroite, des mains allongées, à Tlndex vigoureusement tendu ; l'usage de désigner ainsi au lecteur les passages importants était fréquent au xvie siècle. Je ne signale quelques notes marginales de Raynouard (cette attribution est assurée par le paraphe même de Tauttur) aux folios 350 vo et 385 ro que pour regretter le sans-gêne avec lequel les érudits du siècle dernier en usaient parfois avec les manuscrits.
1. Catel, qui le désigne clairement comme étant sa propriété, en parle en ces termes: » Ces plaintes (les aplaiihs» de Jean Estève et Guiraut Riquier dont il sera question plus bas) ce(5/c)treuuent dans un grand tome que i'ay, escrit à la main, contenant les Poëmes de six vingts Poètes Prouençaux... » (Mémoires de l'Histoire du Languedoc, p.u- M. Guillaume Catel, l'olose, Pierre Bosc, MDCXXXIII, p. 610).
2. La signature de Piivniisson se lit encore, quoique très effacée, en tète du fol. I .
3. Plusieurs des ouvrages que je vais avoir à mentionner lurent publiés posthumes.