‹ Mélanges offerts à M. Émile PicotChapitre 305 sur 320 · A. JEANROY · texte numérisé non relu

A. JEANROY

quatre des citations qu'il contient ont été empruntées à notre chansonnier '.

Il a été également consulté par le plus ancien historien des Jeux Floraux, Caseneuve (né en 1591, mort le 30 octobre 1652), qui voit en lui, et avec raison, une sorte de « corpus » de la poésie provençale à son apogée : « Aussi estoit ce. écrit-il, presque an même temps que la Poésie Provençale se vît élevée au plus haut point de sa perfection, par les belles et riches productions desprit d'un grand nombre de poètes et particulièrement de ceux delà ville de Toulouse, qui, comme j'ay veriffié dans les recueils des anciens Poètes Provençaux, en avoit elle seule plus que les deux meilleures Provinces de la Langue Provençale, les Principaux d'esquels estoînt Peire Ramond loti Proiis, Peire Vidal, Aymeric de Pegiilha, Giiilhm Montagnol, Guiraiii Despagua, GitiUem Anellier, Pons Sanlolh, Joyos, et 'Nul Dénions, parmy les œuvres d'esquels se trouvent celles du Bien-heureux Rauum Escriva... » -. Bien que Caseneuve parle de « recueils », c'est certainement le nôtre, et uniquement le nôtre, qu'il a en vue ; en eft'et l'ordre dans lequel il cite les dix troubadours originaires de Toulouse est précisément celui dans lequel le manuscrit nous les présente, sauf une exception aisément explicable '.

Le jurisconsulte toulousain Dadin de Hauteserre ne s'est pas borné à le citer ': pour donner une idée de la manière du

i.Dominicy en possédait un autre, aujourd'liui perdu, étroitement apparenté au manuscrit I (Romania, XVII, 405 et 41 1).

2. L'Origine des Jeux fleur eatix (sic) de Toulouse par feu M^ de Caseneuve, avec la vie de l'autheur par Monsieur Medan, à Tovlovse, chez, Raimond Bosc, MDCLIX, in-40, p. 58-9.

3. 11 met en tête de sa liste Peire Raimon, soit parce que la rubrique même le donnait comme toulousain, soit parce qu'il le considérait comme le plus ancien de tous. On se demande pourquoi Caseneuve accolle à ce nom l'épithête de lou Prous. On ne trouve rien de pareil ni dans les rubriques, ni dans l'une ou l'autre des deux tables placées en lête du manuscrit.

4. je ne sais sur quoi s'appuvait Tamizey de Larroque {Lettres de Peiresc, Vil, 10, note i), pour affirmer que Hauteserre en avait été possesseur. Jene sache pas que celui-ci ait jamais rien dit de pareil.

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plus ancien des troubadours, qui l'intéressait en tant que duc d'Aquitaine, il a emprunté au manuscrit de Catel deux longues pièces deGuillaume IX, qu'il a publiées intégralement, d'une façon assez correcte pour l'époque ; il a cru devoir, il est vrai, pour se fiiire pardonner cette hardiesse, les traiter le plus cavalièrement du monde ' .

Mais c'est surtout le possesseur même du manuscrit qui naturellement l'avait feuilleté avec le plus de soin. Il l'a souvent mis à profit pour la composition de ses Mémoires de l'Histoire du Languedoc, où il a cité, outre les deux « planhs » de Guiraut Riquier et de Jean Estève sur la mort d'Amalric de Narbonne, la chanson pieuse de Folquet de Marseille Fers Dieu el rostre nom, six vers de B. de Born et autant de Raimon de Cas tel n au ^

Le précieux recueil avait bien failli, vers cette même époque, quitter Toulouse pour entrer dans une collection célèbre, dont il aurait sans doute partagé le triste sort. Peiresc, passant par la capitale du Languedoc, en août ou septembre 1623, était allé rendre visite à Catel, qui l'aurait pressé d'accepter en pur don son chansonnier. Dans un accès de délicatesse dont il ne se consola jamais, il aurait refusé. Plus tard, comprenant la valeur du trésor qu'il avait laissé échapper, il essaya de l'obtenir, moyennant compensation, de Puymisson ; mais celui-ci

1. «... Inter poetas quos vulgovocantProuincialeslcguuturlusoria huiuscc principis vernaculo idiomate conscripta, quae hic apponere non pigebit in gratiam antiquitatis, quac eiiam puerilibus et anilibusnugisgratiam et auctoritatem conciliât. Horum primum est de Hierosolymitano itinereinstituendo. (Suit la pièce Pos de cbanlar) .. . Alterum carmen eiusdem est amatorium ac perineptum... Hoc génère versuum delectatus est Willelmus noster, eodem cecinit suas ineptias amatorias et res gestas in belle sacro (suit la pièce Farai lin vers). {Renan Aquitanicaniin libri quinqiie... aiiclore Ant. Dadino Alteserra, antecessore Tolosano. Tolosae, apud ArnaidumColomerium, MDCLVII, p. 469 et 504.) — Selon Chabaneau (Revue des langues romanes, XXIII, 126) notre nis. a été aussi consulté par P. Borel, de Castres (mort en 1689), qui lui a emprunté deux passages insérés dans son Trésor des recherches el antiquités gauloises (1655).

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