De Clevientia, I, 3,8 et
MÉLANGliS. 5
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La plupart des rapprochements institués par Dieckow ne sont pas plus convaincants que ceux-là. Je ne vais pourtant pas jusqu'à dire que nulle part le Tiinber n'évoque le souvenir de Montaigne. Il est difficile de ne pas reconnaître dans la phrase que voici l'une de ses plus chères pensées, et une pensée exprimée au moyen d'une comparaison qui semble venir directement de lui. Nous y vérifierons du même coup l'hypothèse que Ben Jonson faisait usage de la traduction de Florio, et non du texte original, car nous y retrouverons les mots mêmes de Florio.
« The soûl, dit-il, is a perpétuai agent, prompt and subtile; but often flexible and erring, intangling her selfe like a silkevv'orme \ » La même image était chez Montaigne, et Florio l'exprimait ainsi : « The mind doth but quest and firret, and uncessantly goeth turning, winding, building and entangling her selfe in her owne work; as doe our silke wormes, and therein stifleth her selfe -. »
La réminiscence ici ne semble guère douteuse. Même dans un des cas où Ben Jonson rapporte des observations morales ou des exemples pris aux anciens, et que Montaigne avait cités avant lui, nous pourrons être conduits à admettre l'hypothèse d'un emprunt à Montaigne. En eff"et, son texte me paraît être plus voisin de celui de Montaigne que du texte ancien qui en est la source première. Il s'agit d'un apophtegme bien connu de Carnéade, qui nous a été conserve par Plutarque dans ses Œuvres morales'.
Florio. Ben Jonson. Plutarque.
« For this consi- « They say Princes « Carneades autcni
deration was Carnea- learn no art truly, diccbat divitum ac
des wont to say, that but the Art of Hor- rcguni lilios iiihil a-
Princcs children scmanship. The rea- liud bcnè ac rectè
2. Essais, III, p. 331. L'épithéte « perpctuall » se trouve à la page suivante : « It is an irreguiar unccrtainc motion, perpetuall, paternclcsse and w'ithout end. »