EN ITALIE ET EN FRANCE AU MOYEN-AGE
Il existe dans les litténitures orientales (notammenten arabe) et dans les littératures occidentales (France, Italie) des contes plus ou moins développés, dont le thème essentiel peut être résumé ainsi : deux amants font route ensemble; au beau milieu du voyage, un objet précieux, appartenant à la femme, est enlevé par un oiseau de proie, à un moment où la femme est endormie ; l'homme court après pour le rattraper, il se trouve ainsi éloigné de sa compagne; les deux amants ne sont réunis qu'après des aventures diverses,
La forme la mieux connue de ce conte se trouve dans les MiHc et une Nuits : c'est le conte de Caiiiaral^anian'. Bien que ce récit soit universellement connu, il est nécessaire d'en rappeler ici brièvement les traits essentiels :
Camaralzaman, prince de l'Ile des enfants de Khaledan, et Badoure, princesse de Chine, habitant des pays très éloignés, sont rapprochés un moment par l'intervention surnaturelle des djinns; ils deviennent amoureux l'un de l'autre. Le prince va à la recherche de la princesse, qui est devenue folle d'amour ; il la trouve, la guérit, l'épouse et la ramène dans son pays. Pendant le voyage, un oiseau enlève le talisman de la princesse endormie, que le prince examinait ; Camaralzaman court après l'oiseau et est ainsi séparé de la princesse. Il est recueilli dans un port de mer par un vieux jardinier, en attendant qu'il puisse revenir dans son pays. La princesse Badoure, de son côté, une fois que le prince a disparu, revêt ses habits et se fait passer pour le prince. Elle arrive dans un pays, le royaume d'Ébène, où le roi, la prenant pour un homme, lui
I. Voir pour les difîérentes traductions et imitations : V. Chauvin, Bibliographie des ouvrages arabes (Liège, 1901), V, 204, no 120. Je laisse, dans le résumé, aux noms la forme que leur a donnée Gàlland et qui nous est familière depuis notre enfance.