I. Bourgeois, Le grand siècle, Paris
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temple de Charenton; Moyens sûrs et honnêtes pour ramener les protestants à la vraie foi; Le nouveau Conseil de Cabinet ou Vinfluence de de Maintenon; La belle Constance dragonnée par Arlequin Déodat {Louis XIV); Les cotiversions et les destructions des temples protestants ; Tel homme^ tel discours^ aut Cesar^ aut nihif satire contre les rois orgueilleux.
Mais les gravures qui eurent le plus de portée et qui ont le plus d’importance dans l’histoire de la caricature sont celles de Romain de Hooghe. A l’exemple de Louis XIV, Guillaume III comprit la valeur de cette imagerie satirique utilisée comme arme politique. De même que Louis XIV encourageait les facéties dirigées contre les Hollandais en exaltant la supériorité des Français, de même Guillaume III subventionnait Romain de Hooghe pour se moquer du grand roi et le rendre ridicule en Europe. Au moment de la révolution d’Angleterre de 1688, quand Louis XIV soutint Jacques II sur les conseils des Jésuites, Romain de Hooghe publia l’estampe intitulée : U armée et la Sainte -Ligue pour rétablissement de la monarchie des Jésuites. Louis XIV et Jacques II sont figurés sous les traits d’Arlequin et de Panurge montés sur un hippogriffe; leurs deux têtes sont réunies sous un seul bonnet de jésuite. Le Cabinet d’estampes d’Amsterdam renferme une quantité de pièces de ce genre avec titre en français et commentaires en hollandais contre Louis XIV. Il est souvent désigné sous le nom d’Arlequin Déodat, comme dans l’image intitulée : Panurge secondé par Arlequin Déodat à la croisade dTrlande. C’est une satire contre l’expédition
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de Jacques II en Angleterre, aidé de Louis XIV, à l’instigation du Père jésuite Piton. Un recueil important de quarante caricatures de Romain de Hooghe qui parut à La Haye en 1702, avec des dialogues satiriques, est intitulé ; Æsopus in Europa. Peu de temps après, en 1707, on publiait en Angleterre des Poèmes sur les affaires d’État avec des planches de Romain de Hooghe.
Tandis que se répandaient ces gravures de Romain de Hooghe, plusieurs médailles satiriques se succédaient où Louis XIV était spirituellement attaqué. Elles ont été réunies dans un ouvrage très documenté de Van Loon’, qui a rassemblé toute une série de pièces historiques parfois assez mordantes. Parmi les médailles satiriques contre Louis XIV reproduites dans l’ouvrage de Van Loon, il en faut citer de très curieuses : dans l’une, Louis XIV est comparé à un limaçon qui a montré les cornes, mais que l’eau salée fait périr; ailleurs, il est comparé à Phaéton qui a eu la témérité de conduire le char du soleil, mais qui est précipité dans le Pô; dans une autre estampe, il est figuré en Samson rasé dont les Philistins triomphent; dans une autre il apparaît comme un invalide qui danse au son de la harpe ; sa puissance est symbolisée par la statue du colosse de Rhodes qui succombe à cause de sa pesanteur; là il est dessiné sous l’aspect d’un crocodile qui se cache dans les roseaux pour surprendre un voyageur. Il est encore représenté sous les traits d’un faux Neptune précipité hors
I. Gérard van Loon, Histoire métallique des dix-sept provinces des Pays-Bas depuis V abdication de Charles-Qiiint jusqu’à la paix de Bade, traduite du hollandais, La Haye, 1732, t. IV et V.
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de son char par le Dieu des mers. La flotte française est en feu et Louis XIV, jetant son trident, prend la fuite. Il est figuré sous l’aspect d’un coq entouré de poules, symbole des dames qu’il avait amenées à l’armée, et fuyant devant un renard (Guillaume d’Orange). Ailleurs, deux dames qui tirent le char sur lequel Louis XIV est monté portent une bourse vide attachée après un bâton avec cette devise : « Venit, vidit, sed non vincit. » Quant à l’emblème de la puissance de Louis XIV, le soleil, il est livré aux flammes et le fameux « Nec pluribus impar » devient « Nunc pluribus impar », maintenant, il ne peut résister à plusieurs.
Malgré le talent réel de leurs auteurs, ces gravures n’auraient peut-être pas suffi à rendre impopulaire Louis XIV en Europe à la fin de son règne si leur publication n’avait coïncidé avec un mouvement d’opposition se manifestant contre lui en France h On a signalé quantité de chansons, d’une audace surprenante, pour ne pas dire révolutionnaires, contre le roi et sa famille, dans le genre de celle-ci :
Le grand-père est un fanfaron,
Le fils un imbécile,
Le petit-fils un grand poltron.
Ohé la belle famille!
Mais si on prétend qu’en France tout finit par des chansons, on pourrait ajouter aussi par des caricatures. Nous savons^ que la police poursuivait des graveurs comme Larmessin qu’on accusait d’avoir fait graver et répandre une estampe représentant un