Bibl. nationale, ms. fr. nouv. acq
LOUIS XIV ET l’imagerie SATIRIQUE. 285
homme qui vomissait, une femme qui le soutenait, avec cette inscription : « Le roi et M*"® de Maintenon. » Les archives de la Bastille* font allusion à d’autres condamnations de prévenus suspects d’avoir imprimé des pièces analogues.
En 1694, le nommé Chavrance, garçon libraire, natif de Lyon, est condamné par sentence de La Reynie, lieutenant de police, à subir la question et à être pendu pour participation à la distribution clandestine dans Paris de libelles contre le roi. Déjà le 19 novembre précédent avaient été pendus en place de Grève un compagnon imprimeur nommé Rambault de Lyon et un garçon relieur nommé Larcher pour le même fait. « Ces deux derniers eurent la question ordinaire et extraordinaire pour avoir révélation des auteurs, graveurs, imprimeurs, relieurs, vendeurs et débitants de libelles. » Les libelles visaient le mariage secret du roi avec de Maintenon; ils étaient précédés d’une planche gravée de la statue de la place des Victoires, mais au lieu des quatre nations enchaînées placées aux angles du piédestal, il y avait quatre femmes tenant le roi enchaîné : M™® de la Vallière, Mme de Fontanges, M™® de Montespan, M™® de Maintenon.
Quel que soit le nom de leurs auteurs, elles attestent une animosité assez violente contre Louis XIV. L’arme dont il s’était servi pour combattre l’étranger se retournait contre lui. La caricature traduit les sentiments qu’exprimait Leibnitz dès 1684 dans le Mars Christ ianissimus lorsqu’il se moquait de Louis XIV et protestait contre le fait d’immoler des milliers
I. Funck-Brentano, Lettres de cachet à Paris, étude suivie d'une liste des prisonniers de la Bastille. Paris, igo3.
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d’hommes, « afin qu’on ait seulement de quoi mettre sur les murs de Paris le nom de Louis le Grand en lettres d’or ». L’orgueifde Louis XIV, loin d’exalter le patriotisme français, à la fin du siècle provoquait contre lui le mécontentement dont Fénelon se faisait l’écho dans sa lettre au roi que l’on date de 1695 environ : « Nos victoires et nos conquêtes ne « réjouissent plus le peuple, écrivait-il. Il est plein « d’aigreur et de désespoir. La sédition s’allume peu (( à peu de toutes parts L »