‹ Mélanges offerts à M. Henry LemonnierChapitre 17 sur 220 · I. Livre des métiers^ éd. Depping, note au titre LXII · texte numérisé non relu

I. Livre des métiers^ éd. Depping, note au titre LXII

DES XIV^ ET XV^ SIÈCLES

Grès, on ne rencontre jamais que des miroirs, des peignes et autres objets de toilette. Cependant, dans la seconde moitié du xv^ siècle, cette règle serait tombée en désuétude, Jehan Daniel fournissant aussi bien des pièces d’échiquier que des statuettes. On le voit, les textes, plus ou moins contradictoires, ne permettent de rien affirmer.

Tout cela, nous l’avouons, est médiocrement précis, mais il ne semble pas que les documents permettent de serrer la question davantage. Nous avons néanmoins réussi à introduire quelques nouveaux noms d’ivoiriers dans l’histoire de l’art du xiv^ siècle et à délimiter à leur propos certaines parties du domaine du métier d’ivoirerie. Sans doute, des textes que nous avons cités pourrait-on tirer d’autres lumières. D’abord, nous y notons que tous les ivoiriers connus, moins deux, sont Parisiens; puis ils nous donnent divers détails sur l’existence de nos artisans. Non seulement nous les voyons en relations constantes avec les barbiers des princes, personnages souvent fort influents, on le sait, et de la bonne volonté de qui dépendait la fortune des fournisseurs; mais grâce à ces textes nous pénétrons plus avant dans la boutique de ces petites gens et apprenons que la comtesse d’Artois, le duc de Berri ou le duc de Bourgogne allaient parfois eux-mêmes y faire leurs emplettes; nous savons quel prix trousses, diptyques ou statuettes se vendaient; nous connaissons même de menus faits divers, telle l’histoire de cet ouvrier ivoirier condamné au pilori pour avoir donné la nuit un soufflet à une servante qu’il prenait « pour une fille de mauvaise vie à quelques discours qu’elle tint ». Mais ce n’est pas notre propos d’insister ici sur ces

2Ô QUELQUES NOMS d’iVOIRIERS

points; il ne nous reste qu’à donner le texte de nos documents, en nous excusant de leur petit nombre et en marquant l’espoir que ceux de nos confrères qui en connaîtraient d’autres voudraient bien nous les communiquer; nous leur adressons à l’avance l’expression de notre gratitude.

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