‹ Mélanges offerts à M. Henry LemonnierChapitre 3 sur 220 · L. Lévy-Bruhl, professeur à la Faculté des lettres de Paris · texte numérisé non relu

L. Lévy-Bruhl, professeur à la Faculté des lettres de Paris

Jean Locquin, docteur ès lettres.

Ferdinand Lot, professeur à la Faculté des lettres de Paris.

Henri Maistre.

Émile Mâle, professeur à la Faculté des lettres de Paris.

Pierre Marcel, professeur à l’École nationale des Beaux- Arts.

Frantz-Marcou, inspecteur général des Monuments historiques.

Edgard Mareuse.

Jean-J. Marquet de Vasselot, conservateur-adjoint au Musée du Louvre.

Fernand Mazerolle, conservateur du Musée de la Monnaie.

Luc Olivier Merson, de l’Institut.

Louis Metman, conservateur du Musée des Arts décoratifs.

André Michel, conservateur au Musée du Louvre, professeur à l’École du Louvre.

G. Milhaud, professeur à la Faculté des lettres de Paris.

Georges Morel, inspecteur général honoraire de l’Instruction publique, directeur honoraire de l’Enseignement secondaire.

Léon Morel, professeur à la Faculté des lettres de Paris.

Auguste Pécoul.

Alfred Pereire.

Claude Perroud, recteur honoraire.

Charles Petit-Dutaillis, recteur de l’Université de Grenoble.

Charles Pfister, professeur à la Faculté des lettres de Paris.

Edmond Pottier, de l’Institut, conservateur au Musée du Louvre, professeur à l’École du Louvre et à l’École nationale des Beaux-Arts.

LISTE DES SOUSCRIPTEURS

MM

René Poupardin, secrétaire de l’École des chartes.

Denys Puech, de l’Institut.

André Ramet, directeur de la Revue de VArt chrétien. Paul Ratouis de Limay, secrétaire de la Société de l’Histoire de l’Art français.

Émile Renard, professeur à l’École nationale des Beaux- Arts.

De Ribes.

Jean Richer.

Eugène Richtenberger, receveur des Finances à Paris. Romain Rolland.

Gabriel Rouchès, bibliothécaire à l’École nationale des Beaux-Arts.

Alphonse Roux, professeur au collège de Pontoise.

Henri Stein, conservateur-adjoint aux Archives nationales.

Victor de Swarte, critique d’art.

Jean Terquem.

Antoine Thomas, de l’Institut, professeur à la Faculté des lettres de Paris.

Maurice Tourneux.

Gabriel Vauthier, professeur au lycée Janson de Sailly, Paul Verwaest, secrétaire du Conseil supérieur de l’Instruction publique.

Edmond Villemsens.

Paul Vitry, conservateur-adjoint au Musée du Louvre. Professeur Warburg, Hambourg.

PRÉFACE

(ÎMon cher qAmi,

Tes élèves m’ont demandé une préface à ce volume de Mélanges qu’ils ont composé en ton honneur. Ils attendent évidemment que je parle de toi., sachant bien que personne ne peut le faire en meilleure connaissance de cause.

Il y a cinquante et quelques années , nous étions assis sur les bancs du lycée Charlemagne., une maison où beaucoup travaillaient ; nous étions de ceux-là. Au sortir du lycée., nous prîmes des voies différentes. Tu t’inscrivis à la Faculté de droit : allais-tu devenir avocat? Mais., en même temps ^ tu étais élève à l’École des chartes : serais-tu archiviste ?

Une intime vocation te conduisit à l’agrégation d’histoire., au doctorat et à l’enseignement.

Nous nous retrouvâmes alors. Il faut croire que

PRÉFACE

nous avions senti tous les deux les défauts de Véducation qui nous a été donnée, car nous avons été de ceux qui travaillèrent à la réformer. Nous avons désiré un enseignement secondaire moins formel, moins encombré d’exercices pour apprendre à dire, soucieux d’apprendre à réfléchir et à penser par soimême. En histoire, nous détestions le pêle-mêle et le fatras où se perdait l’essentiel; nous désirions que l’histoire fût véritablement la magistra vitæ en faisant comprendre et sentir la vie. Ensemble aussi, nous avons souhaité que la Sorbonne, solennelle, monologuant devant des auditoires anonymes où les jeunes têtes apparaissaient si rares, appelât la jeunesse, créât l’étudiant en lettres, personnage inconnu, lui assurât che\ elle une place privilégiée, le jît parler, lui enseignât par la pratique les méthodes de travail, et lui transmît l’outil.

Mon cher Ami, ç’a été une de 7nesplus grandes joies que de t’avoir introduit da?is la Sorbonne nouvelle en te présentant pour me suppléer pendant un congé que je dus prendre.

Il arriva ce que j’avais espéré. Une fois que la Sorbonne eut fait ta connaissance, elle voulut te garder. Che:{ nous, on sait apprécier un homme qui, comme toi, aime son devoir, ne croit jamais l’avoir fait tout entier, s’en inquiète et s’en trouble; et quand cet homme est modeste, aimable, de belle humeur, il

PRÉFACE

reçoit l’hommage d’une sympathie unanime^ unanime à la lettre^ mon cher Ami.

Donc., sur la proposition de la Faculté., le Conseil de l’Université créa pour toi un cours (^'Histoire de l’art moderne, qui ensuite devint une chaire.

Tout était à faire pour cet enseignement nouveau. Quelque place et quelque argent lui étaient attribués ; - tu te mis à l’œuvre : tu as organisé notre petit musée de moulages; tu as composé une bibliothèque et une collection de gravures et de photographies. Pendant des heures et des heures., tu as tenu dans tes mains des centaines et des centaines de livres et de pièces; tu les as classés, déclassés, reclassés, catalogués, jamais content tout à fait, car tu n’es jamais tout à fait content de ce que tu fais.

Tu habitais ton cabinet de professeur, près de la bibliothèque et de la salle de conférences, à portée des documents et des étudiants, le vrai milieu professoral. Qui avait affaire à toi te trouvait toujours. Tu as été un patient directeur de travaux par l’enseignement de tes conférences et par le téte-à-tête avec les étudiants. Et les étudiants te suivaient dans ce vaste amphithéâtre Richelieu, tout rempli d’un grand public, habitué par nous au sérieux de l’enseignement supérieur.

Toutes les joies de notre métier, tu les as donc con-

PRÉFACE

nues : recherches^ direction du travail de recherches^ enseignement intime^ enseignement public.

Mais, un jour, l’acte de ta naissance avertit l’administration que ta soixante-dixième année était venue. Tu ne sentais pas en toi la vieillesse, et personne ne la sentait à la Sorbonne, non plus à l’Ecole des beauxarts, ni à V École normale de Sèvres; car il faut que je dise au moins en passant que tu fus, dans ces deux grandes maisons, un maître qu’on aima autant qu’à la Sorbonne, pour les mêmes raisons. Mais l’acte de naissance était là...

Par privilège spécial, les membres de V Institut ne sont vieux qu’à soixante-quin:(e ans, mais tu n’étais pas membre de l’Institut. Les titres ne te manquaient pas; l’ambition manqua ou plutôt elle vint trop tard. A peine (( admis à faire valoir tes droits à la retraite », tu fus élu membre libre de l’Académie des beauxarts. Quelques semaines plus tôt, et ta vie universitaire se fût prolongée d’un quinquennat. « Mais, m’as-tu dit, si Voccasion s’était offerte quelques semaines plus tôt, je ne me serais pas présenté. Je n’aurais pas voulu avoir l’air de solliciter ce privilège académique du quinquennat supplémentaire ». Et voilà bien comme tu es, et c’est bien d’être ainsi.

L’Académie des beaux-arts, en t’élisant, a proclamé la valeur de tes livres, de ton enseignement et de ta personne. Tu lui prouveras ta reconnaissance.

PRÉFACE

Membre libre, tu ne te contenteras pas de la liberté de porter un titre et un habit vert et une épée. Tu continueras à publier des documents qui intéressent l’histoire de ton Académie; puis tu feras autre chose, je ne sais pas quoi, ni toi non plus, mais quelque chose. Toutes les fois qu’à la Sorbonne s’imposait une besogne imprévue, et qu’un coup de main était nécessaire quelque part, on disait : Il y a Lemon^

nier »; il y avait en ejfet Lemonnier et qui ne se dérobait pas. Et bientôt, si ce n’est déjà fait, on dira, sous la coupole : Il y a Lemonnier »; et il y

aura Lemonnier, et qui ne se dérobera jamais.

Mon cher Ami, tu n’oublieras pas la Sorbonne, tant calomniée, vainement d’ailleurs, par des hommes qui, ou bien ne la connaissent pas, — et ce sont les plus nombreux, — ou bien ne savent pas ce qu’est l’enseignement supérieur, — et ceux-là aussi sont nombreux, — ou la détestent pour des raisons parmi lesquelles il s’en trouve qui ne sont pas belles.

Tu te réjouiras en voyant ton œuvre bien continuée. On dit que bientôt notre Université créera un Institut nouveau; le recteur l’espère, et le recteur Liard est un homme qui s’arrange pour que ses espérances ne soient pas vaines. A côté du laboratoire du radium et de l’Institut de chimie, dont les bâtiments s’achèvent, à côté de l’Institut de géographie, dont l’emplacement est choisi et les plans tout prêts, s’élèvera un Institut de

PREFACE

l’histoire de l’art; après la petite chapelle où tu offi~ cias^ ce sera une grande église. J’espère que nous serons encore là quand on V inaugurera. Ce jour-là., tu pourras dire : da^is les fondations de ce monument., une belle et large pierre est de moi.

Mon cher Ami., tu as tort de n’être jamais content de toi; crois -en

ton vieil ami

Ernest Lavisse.

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