‹ Mélanges offerts à M. Henry LemonnierChapitre 46 sur 220 · I. Cf. Inventaire des richesses d’art de la France · texte numérisé non relu

I. Cf. Inventaire des richesses d’art de la France

entreprises parles érudits locaux sur leur date et leur provenance ^

Quelques indications générales sont d’abord nécessaires. Les retables franco-belges de la région du nord ont surtout été étudiés par Rousseau et par Destrée^. Deux grandes écoles semblent s’être développées au xv« et au xvi<^ siècle, celle de Bruxelles et celle d’Anvers, dont les produits ont été répandus jusque dans le nord de l’Europe. On en a trouvé à Tongres et à Lübeck aussi bien que dans les églises de Suède. En France également, le rayonnement de la sculpture flamande a été considérable. M. Vitry^ a signalé un certain nombre de retables d’origine flamande, en bois sculpté, dans le centre de la France. D’autres ont été trouvés dans les départements picards, dans l’Oise, dans la SommeL La difficulté souvent insoluble est de savoir si l’on se trouve en présence d’originaux ou de copies locales de retables flamands. Dans l’ensemble, on peut acTcepter ce que dit Dubois,

1. Cf. dans la Thiérache [Bulletin de la Société archéologique de Vervins)^ année 1877, notes de Rigot sur Le retable de la Flamengrie (p. 71) et de Mennesson sur Les retables de la Flamengrie et de Roubaix. Cf. aussi une série d’articles descriptifs de Gravet dans la Frow/zère (journal local) d’août 1904.

2. H. Rousseau, Note pour servir à l'histoire de la sculpture en Belgique. Les retables [Bulletin des Commissions royales d’art et d'archéologie, t. XXIX à XXXIV. Bruxelles, 1890-1895); Destrée [Mémoires de la Société des Antiquaires de France,

, el Annales de la Société archéologique de Bruxelles, 1894-

3. Vitry, Michel Colombe et la sculpture française de son temps. Pans, 1901.

4. Cf. Dubois, Note sur les retables flamands des XV^ et XVF siècles de l’Oise et de la Somme (extrait du Bulletin de la Société archéologique et historique de Clermont, 1906).

après Courajod^ : « Il est vraisemblable qu’il s’est passé pour les retables ce qui a eu lieu pour les petits monuments votifs ou funéraires... D’abord en pierre bleue, achetée à Tournai^, ils ont été assez vite copiés en pierre du pays par des imagiers locaux. » Mais pour des retables d’une région qui a appartenu à la domination bourguignonne, puis autrichienne au XV® et au xvi« siècle, la question ne se pose pas de la même manière. Il est certain qu’en dehors de Tournai, de Bruxelles, il y a eu des centres locaux de fabrication, que des œuvres d’art ont été exécutées non seulement par des laïques, mais encore dans les monastères. A mesure que l’on se rapproche du xvi® siècle, les retables de bois sculptés et polychromés semblent être les plus nombreux. Il y a eu au xv® et au xvi® siècle une industrie des retables qui a produit souvent des œuvres médiocres et des copies maladroites. Le jour où l’on établira un Corpus des retables franco-flamands, il faudra tenir compte de ces différences d’exécution.

Quant aux questions d’origine et de facture, elles sont plus délicates encore. Théoriquement^ les retables d’Anvers ont un poinçon spécial : l’empreinte d’une main ou d’un castel. M. Destrée^ a relevé sur certains retables bruxellois la présence d’un maillet avec d’autres poinçons qui constituaient, conjecturet-il, la signature du maître. Des lettres de l’alphabet sont probablement des marques supplémentaires indiquant les années. La difficulté sera de trouver ces marques; il faudrait pouvoir manier toutes les pièces

1. Cf. également J. de Bosschère, La sculpture anversoise aux XV“ et XVL siècles. Bruxelles, 1909.

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