XI. I dieci libri delV architettura di M. Vitruvio
Tradotti et co^nmentati da Mans. Daniel Barbara (In Venetia appresso Francesco de Franceschi Senese et Giovanni Chruger Alemano compagni., iii-q®).
Les figures sont celles de l’édition précédente, mais copiées et réduites; par suite, moins lisibles. Ces nouveaux bois passaient en même temps dans l’édition latine donnée également en iSby chez le même éditeur (voy. VI). Le beau frontispice du verso de l’édition de i556 n’a pas été reproduit, non plus que la vue de Venise de l’édition latine de iSôy.
Réédition en iSSq. Titre dans un nouveau et magnifique encadrement.
Editions françaises.
XII. Architecture ou art de bien basth% de Marc Vitruve Pollion^ autheur romain antique., mis de latin enfrançoyspar Jean Martin., secrétaire de Monseigneur le cardinal de Lenoncourt pour le roy trèschrestien Henri II (Paris., Jacques Ga\eau^ 1^47, in-fol.).
DU XVI® SIÈCLE
L’édition de 1547 célèbre à cause de la participation de Jean Goujon qui dessina pour ses quatre premiers livres des figures nouvelles et la compléta d’un commentaire : Iean Govion studieux d’architecture aux lecteurs SALVT. Les figures sont authentiquées par VAdvertissement qui fait connaître de quelles autorités a pris conseil Jean Martin pour donner cette édition. C’est Jean Joconde, Philander, Budé, Serlio, enfin « maistre Jehan Goujon qui a fait nouvellement les figures concernantes la massonnerie que cet auteur (Vitruve) nous promettoit ». Dans le commentaire qui termine l’ouvrage, Jean Goujon reconnaît pour siennes les figures des folios 28, Sq, 35, Sy, 38, 3g, 40, 42, 46, 48, 49, 5o, 5i, 52, 5q, 55, 56, 5y, 58. Mais les figures des folios 2, 3, 36, 41, q3, 44, q5, 47, 5g sont, sans conteste, de la même main. Faute de pièce de comparaison, les deux belles figures du folio i5 demeurent douteuses. Celle du folio 77 et les deux du folio 78 sont empruntées à V Architecture de Serlio. La Scène satirique (78 vo) est signée du monogramme K. D. Les figures des derniers livres sont copiées des Vitruve italiens. Le commentaire qui termine le volume forme, avec les annotations qui le précèdent, un cahier de vingt-quatre feuillets non chiffrés, terminé par cette mention placée au-dessus d’un fort beau portrait d’homme déjà rencontré sur la page du titre : Fin des annotations sur Vitruve imprimées pour la veuve et héritiers de Jean Barbé ^ i54j .
On n’insistera pas, pour l’instant, sur le volume et ses annotations, car des extraits en seront donnés plus loin. On laissera également de côté l’identification du beau portrait qui vient d’être mentionné et qui, selon les sympathies, représenterait Jean Martin, Jean Goujon ou même Jean Barbé qui avait fait les frais de l’édition.
Réimprimée en 1572 : Paris, Hierosme de Marnef et Guill. Cavellat, petit in-fol. Titre encadré. Mêmes figures, sauf marque terminale L
I. Malgré leur intérêt, le commentaire et les figures de Jean Goujon devaient disparaître dans certaine édition de la traduction de Jean Martin, publiée en 1618 à Cologny (Genève) chez Jean de Tournes. On y trouve, par contre, une Vie de Vitruve recueillie de ses propres escrits par G. Philander, et les jolies figures de l’édition de Lyon, i552 (voy. V). Aussi, pla-
LIVRES d’architecture
Rappelons, pour en finir avec les Vitruve du xvie siècle, VEpitome ou Extrait abrégé des dix livres de Marc-Vitruve Pollion^ dû à J. Guardet et Dominique Bertin (Paris, iSfiq), et les éditions : allemande de iSqS, donnée par Gualth. Hermenius Rivius, Nuremberg^ J. Petrejus^ 1^48, in-fol. (réimprimée à Bâle en iSyS); espagnole de 1549, rééditée en i564\ Tolède^ Juan de Ayala^ in-40.
Dans ces éditions successives, avons-nous dit, la compréhension de Pantique demande du temps, exige de préliminaires tâtonnements.
Rien de moins antique que la plupart des figures de la première édition illustrée de Vitruve : celle publiée à Venise par Joconde chez J. deTridino. Un exemple : les cariatides du fol. 2. Elles procèdent exclusive-
cée en tête, cette définition de l’architecte : « Que l’architecte soit magnanime, non arrogant, mais qu’il s’accomode, qu’il soit juste et fidèle, sans avarice. Qu’il ne soit point convoiteux ny désireux de recevoir aucun présent, mais qu’avec une certaine gravité il maintienne tousiours son honneur avec bonne réputation. Qu’il attende d’être recherché pour commencer quelque œuvre plutost que de se présenter premièrement. »
C’est, plus résumé, l’esprit des pages consacrées au bon et mauvais architecte par Philibert Delorme à la fin du livre IX de son Architecture. Pages très belles, très nobles, mais non exemptes de malice à l’égard de certains « contrôleurs » intrigants qui sentent le favori italien d’une lieue. Deux gravures satiriques complètent la démonstration.
I. Ces éditions espagnoles étant peu communes, nous croyons intéressant de donner la suscription d’un exemplaire passé récemment en vente :
Medidas del romano 0 Vitriivio niievaméte impressas y anadidas miichas pieças z figuras miiy necessarias a los officiales q qiiieren seguir las formaciones de las basas., colünas, capiteles, y otras pieças de los edijicios antiguqs. Impressas en Toledo : en casa de Juà de Ayala, 1564, in-q” goth. de 43 û\ non chiff.
Les bois ont un caractère ornemental bien particulier, en rapport avec la surcharge plateresque.
DU XVie SIÈCLE.
ment du Quatrocento ; il semble que fra Giocondo n’ait jamais vu de cariatide antique. Mêmes anomalies dans l’édition, pourtant autrement fine et renseignée, donnée chez Gotardo da Ponte, à Côme, en i52i. N’y rencontre-t-on pas, à côté de cariatides, très Italie du Nord, nombre de figures se rapportant à des basiliques et des habitations italiennes contemporaines de l’édition? C’est dans celle-ci qu’est introduite, aussi, une église ogivale. Que faut-il penser? Naïveté ou désir de s’imposer partout, coûte que coûte, de s’insinuer notamment chez les maîtres maçons qui acquerront le volume plus sur le vu des planches que sur la lecture du texte.
Mais l’art antique fait des pas de géant, la déroute des vieilles traditions s’accentue chaque année. On regarde mieux les monuments de l’ancienne Rome, on les dessine et on les mesure. Les guerres facilitent la chose. Les grands architectes de la Renaissance française : Philibert de l’Orme, Jean Bullant témoigneront de leur passage en Italie et du soin avec lequel ils étudièrent les monuments antiques. Alors vient l’édition lyonnaise de Guil. Philandri (i552). L’acquis des cinquante dernières années est évident dans cette édition qui vaut par Lélégance des figures, leur pureté linéaire n’excluant pas le pittoresque. Enfin, la consultation de l’ouvrage est rendue complètement pratique par la présence d’un épitome dû à George Agricola où sont expliqués les termes techniques. Curieuse coïncidence, le mélange des éléments renaissants et romains fait que les figures ont parfois plus de parenté avec l’art pompéien, — ignoré alors, — qu’avec le pur art romain. Il faut voir ce livre à la Bibliothèque nationale, admirer, toucher, 1913 II
IÔ2 LIVRES d’architecture
feuilleter l’exemplaire revêtu d’une belle reliure du temps qui est conservé sous la cote V i359, Réserve. La première feuille de garde contient aussi une indication précieuse : la liste déjà longue des ouvrages d’architecture qu’un artiste renaissant pouvait consulter. Composée de notes écrites à l’encre, de découpures imprimées remontant, les unes et les autres, au milieu du xvi« siècle, cette liste part de Serlio pour aboutir à Vignole (première éd. i563), en encadrant Vitruve et les contemporains.
Mais, pour nos Français d’autrefois, pour nousmêmes encore, que sont ces doctes éditions à côté de celle donnée en iSqy par Jean Martin! Voici Vitruve en français, traduit par un humaniste réputé, un lettré reconnu tel par Ronsard, Joachim du Bellay et d’autres précieux écrivains^, un curieux d’art qui recommandent ses relations avec Serlio et Jean Goujon. Par eux, il a été initié aux expressions de métier, voire aux méthodes de construction, à tel enseigne que les poètes de la pleïade l’enrôlent dans la glorieuse phalange des praticiens :
Tandis qu’à tes édifices Tu faisais des frontispices,
Des termes, des chapiteaux.
Ta truelle et tes marteaux N’ont su de ta destinée Rompre V heure terminée'^.
et Gaston Dorange :
Les grands Palais jadis audacieux Et les maisons superbes et hardies
1. Sur Jean Martin, cf. Un vulgarisateur : Jean Martin, par Pierre Marcel. Paris, Garnier frères, s. d.
2. Pierre de Ronsard : épitaphe de Jean Martin placée en tête de sa traduction de U Architecture de Léon-Baptiste Alberti. Paris, Jacques Kerver, i553, in-fol.
DU XVI® SIÈCLE
Qui ont dressé leur front jusques aux deux Sont en ruines, ores et démolies,
Mais pas ne sont les sciences péries Pour les bastir par la cure et moyen Des bons auteurs qui nous ont fait ce bien :
Du nom desqueli^ sera toujours mémoire,
O lan Martin, ainsi que le nom tien Aura en France une éternelle gloire^
Mais ce n’est pas l’entente plus ou moins grande qu’a Jean Martin du texte latin, ce n’est pas l’élégance de la traduction ni la propriété des termes qui nous rendent chère l’édition de iSqy. Ce qui nous séduit, nous retient, ce sont les figures qu’a dessinées Jean Goujon et le commentaire dont il les accompagne; commentaire qui, authentique, précise sa collaboration et fait connaître quelques-unes de ses vues sur la pratique de son art. Si l’on en excepte l’utilisation qu’en ont faite M. Henry Lemonnier, dans une étude sur la Salle des Cariatides"^, et M. Paul Vitry, dans son excellente monographie de Jean Goujon^, ce commentaire n’a pas été jusqu’ici l’objet d’appréciations favorables. On a reproché à Jean Goujon de n’y rien apporter de sensationnel. Evidemment, Jean Goujon, très ferme adepte de l’école néo-antique de la Renaissance, avait mieux à faire qu’à s’essayer à des divagations comme en a trop connu la fin du xix® siècle. Son effort consiste à exposer les lois qui doivent régir la décoration architecturale, à fixer certaines règles, à dire les avantages de tel ou tel parti. Il s’étend longuement sur le cha-