‹ Mélanges offerts à M. Henry LemonnierChapitre 72 sur 220 · Hommage inséré dans le même ouvrage · texte numérisé non relu

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2. Henry Lemonnier, Jean Goujon et la salle des Cariatides {Galette des beaux-arts, 1906).

3. Les grands artistes : Jean Goujon, par Paul Vitry. Paris, Laurens, s. d.

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piteau corinthien. La hauteur, compris le tailloir, doitelle être égale au diamètre de la colonne à sa base? Vitruve, ici obscur, semble être de cet avis ; « Toutefois, remarque Goujon, ce n’est pas l’avis de plusieurs bons maîtres modernes : mais, afin de contenter tout le monde, j’en ay bien voulu designer une figure correspondante à ses paroles : et la trouverez au cinquantiesme feuillet, puis au dessoubz en pourrez veoir une autre qui excede cette mesure de toute l’espoisseur du susdict tailloer, et laquelle est selon l’intention des bons maistres, disans que nostre Autheur a tousiours esté corrompu en cest endroit par la faulte et ignorance de ceux qui ont escrit les plus vieulx exemplaires sur quoy son œuvre a esté imprimée. Si est ce que toutes les autres proportions d’iceulx chapiteaux se concordent; considéré que l’ordre des premières feuilles monte tousiours à une tierce partie du vaisseau, le second à une autre, et la volute faict le reste : par ainsi il n’y a de différence sinon ladicte espoisseur de tailloer adiouster plus que le diamètre. »

Et, pour chacun des cas, Jean Goujon trace une figure admirable de ligne et de couleur. Il en est de même pour les corniches, frises, architraves.

Mais une autre question lui est chère et, là aussi, il illustre son commentaire de dessins. C’est la question, si délicate, de la perspective ornementale. Étant un recul donné, il dit la nécessité de certaines déformations, diminutions ou accentuations : « Si est ce que quand le bastiment se faict en quelque rue estroicte, ceulx qui le veulent contempler n’ont le moyen de reculler pour le voir plus loing : parquoy en ce cas fault user d’une proportion discrette, autre que s’il estoient en plain champ d’où il se peut examiner de

chapiteau filon la reiglc de Vltruue,

Jean Goujon.

Deux interprétations du chapiteau corinthien.

(La figure supérieure est selon le texte de Vitruve; celle du bas est du goût de « plusieurs bons maistres modernes. »)

Architecture de Marc Vitruve Pollion (1547).

LIVRES d’architecture.

toutes parts. » Ces lois, il les appliquera dans la décoration extérieure du Louvre, ainsi que l’a fait remarquer Paul Vitry dans la monographie de notre sculpteur : « Il ne faut pas oublier sa volonté de décorateur exprimée dans le discours sur Vitruve, les recherches d’effets de forte saillie, les déformations voulues de l’anatomie même, auxquelles il a pu essayer de se livrer pour conserver leur valeur à ses motifs destinés à être vus à grande distance. » En fait, il préconisait à nouveau des principes qu’avaient déjà appliqués les plus grands sculpteurs de tous les temps, les Grecs. Au Parthenon, « sur les frises intérieures des portiques, qui ne pouvaient jamais être éclairées que par reflet et être vues à petite distance, de bas en haut, les surfaces destinées à accrocher la lumière pour faire sentir la forme sont souvent inclinées dans un sens contraire à celui que demanderait le modelé réel. Au Pandrosium, les cariatides, placées en pleine lumière, sont traitées de telle sorte que les parties accusant fortement la pose offrent de larges surfaces unies et par conséquent très lumineuses, tandis que celles qui doivent s’effacer sont chargées de détails qui procurent toujours l’ombre, d’où que vienne la lumière » L

Ces observations de Jean Goujon ne constituentelles pas un précieux trésor, ne méritent-elle*s pas le respect? Songez qu’elles viennent d’un homme qui a, au plus haut degré, la passion et l’intelligence de son art. A Dieu plaise que tous nos grands décorateurs des XVII® et xviii® siècles aient ainsi expliqué le pourquoi des partis qu’ils adoptèrent pour l’élabo-

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