Fol. 307 a
REMARQUES TRIENNALES
plus de mille cierges, de soixante grands flambeaux et des lampes d’argent. Et c’est encore à Gabrieli qu’il convient d’attribuer cette Passion, chantée à trois chœurs, sans orgue et sans instruments, au mois d’avril 1608. L’un de ces « chœurs » n’était que d’une voix : du « balcon » qui se trouve à la gauche du chœur elle modulait en plain-chant le récit de l’évangéliste. Pour le second chœur, trois voix étaient réunies : elles exprimaient les paroles de Jésus, « par une musique fort douce et lente » ; les chanteurs étaient placés « dans la chaire où se font les prédications, laquelle sert aussi à lire les Euangiles ». Le troisième chœur était « d’une musique forte et violente, composée de tout le chœur des chantres ordinaires, lesquels redisent les paroles de tous les autres qui sont entremis par l’évangéliste et ont leur chœur en leur peupitre ordinaire à la main droitte »L
Pendant les banquets « du prince », la musique ne cesse pas : le « jour saint Etienne », en 1607, elle se fit « sur vn petit balcon auec vne espinette, quelques violions, luths et haultsbois, et parfois auec vn flageollet, le tout entremeslé de voix à la fantasie des musiciens »^. En 1609, les instruments jouèrent de même, sans arrêt, pendant tout le repas : vers la fin, on entendit quelques voix, et leur chant fut si agréable au
1. Fol. 92 b. Il entendit aussi, à l’église Saint-Jean, des leçons de ténèbres, chantées d’une musique plaintive, le mercredi saint (fol. g3 a). Le jour des Rameaux, un chœur placé au-dessus de Saint-Marc dialoguait avec le chœur qui était resté en bas (fol. g2a).