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DE JEAN-BAPTISTE DUVAL. l83
doge qu’il le fit répéter^ Les particuliers engageaient des musiciens pour leurs fêtes : Duval entendit, pendant un repas de mariage, concerter le clavecin, les théorbes, les flûtes douces et les voix^. Il advint même que l’on joua devant lui une pièce avec des intermèdes en musique. « Je vy représenter, écrit-il le 24 février 1609, ceste sy renommée tragicomédie du Pastor fido, composée par le sieur Jean-Baptiste Guarini. Ce furent de jeunes gens, marchands vénitiens, qui la récitèrent par passe-temps et pour leur contentement, et n’y espargnèrent chose quelconque, tant pour l’ornement du’théatre, qui estoit fort beau, que pour leurs habits et musique des chœurs entre les actes On lui montra aussi des comédiens de métier : le 10 juillet 1608, un comédien espagnol « de ceux du duc de Mantoue, nommé Victorio », fit ses tours devant lui, avec « trois siens compagnons et une comédienne ». Il apprit par eux ce que c’est que de jouer et danser en chantant, à la mode des Indiens, « qui est auec un guiterron appuyé sur un tambour qui est lié à la ceinture et sert comme de table audict guiterron. Le comédien en auoit vn qui luy pendoit en quadrangle sur^e genouil auec vn ruban, et le prenant par fois a deux mains par les angles le battoit des doigts ». La femme avait des castagnoti. Duval n’en avait jamais vu : il en donne la figure et observe que « cela est commun aux dames indiennes et encores en Espaigne »^.