Fréret à Gaubil, 1er novembre 1736 (Obs
4. Mémoires de l'Académie des Inscriptions, t. X, p. 377 et suiv.
5. Lettre du P. Bouvet à Leibniz, Leibnizii epislohe ad dwersos, Lipsise 1738, III, p. 16.
6. A la suite de sa correspondance avec le P. Bouvet, Leibniz crut retrouver dans les caractères indéchilïrables de YY-King une application de son arithmétique binaire (Cf. Baruzi, Leibniz et l'organisation religieuse de la terre, p. 80-81).
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bil] donne dans ce figurisme qui a fait tant de tort en Europe au P. Fouquet. Est-il possible que de bons esprits se laissent gaster par cette maladie et qu'elle devienne assez générale pour infecter également aux deux bouts de la terre des gens plus éloignés encore par leurs sentiments que par les lieux qu'ils habitent, les Jésuites et les Jansénistes1. »
L'ancien jésuite Foucquet, qui avait dû quitter la compagnie à la suite de dissentiments avec les autres Jésuites sur la question des rites chinois, et qui résidait alors à Rome, était en effet l'ardent défenseur de ce symbolisme. La Nouvelle table chronologique de V histoire de la Chine publiée en latin et en chinois à Rome en 1729, en français en 1730 ', ne faisait remonter l'histoire authentique de la Chine qu'à quelques siècles avant J.-C. Dans sa correspondance avec des savants français, notamment avec l'abbé de Rothelin3, il menaçail de publier des documents qui accableraient les tenants de l'antiquité de la nation chinoise et il défendait — mais en paroles seulement — son système avec une espèce de « persuasion religieuse ; » qui faisait sourire un Président de Brosses ', mais qui ne laissait pas de faire dis prosélytes.
« Je ne reçois aucune nouvelle du P. Fouquet, mande Fréret à Gaubil le 8 août 1737", je crois qu'il craint de donner trop de publicité à ses opinions mais comme on vous l'a mandé, il les débite en particulier à des auditeurs dont il effraye l'imagination par la citation de quelques textes de chinois qu'ils croyent tirés du grimoire. Je scay ce détail d'original par le rapport d'un de mes amis revenu de Rome depuis peu et qui estoit bien infatué de ce système. Par ce moyen ce Père ne laisse pas de se faire des partisans et trouve le secret de n'avoir point de contradicteurs et de là il est à craindre qu'il ne résulte dans l'esprit de la plus grande partie, non que son système est raisonnable, mais que l'histoire et la chronologie chinoise sont des choses supposées, que les livres de cette nation ne méritent aucune croyance et que l'Erudition chinoise est une chose absolument vaine. »
Contre les détracteurs de l'antiquité chinoise, Fréret veut montrer dans sa dissertation de 1733 que l'histoire authentique de la Chine, et qui peut être déterminée soit par les témoignages anciens soit