‹ Mélanges offerts par ses amis et ses élèves à M. Gustave LansonChapitre 173 sur 276 · Obs · texte numérisé non relu

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par les calculs astronomiques, remonte à plus de deux mille ans avant J.-C. Pour cela il remonte des faits les plus récents et les plus sûrs aux faits les plus anciens pour en fixer la date, contrairement à la méthode des PP. Parennin et de Mailla qui cherchaient à établir dès l'abord la certitude historique des faits les plus reculés de l'histoire chinoise. Sans doute Fréret réduit de cent cinquante ans environ la chronologie de la Chine, mais s'il le fait c'est que cette chronologie lui semble « susceptible de retranchements par elle-même et indépendamment des raisons que le système religieux demande que nous y fassions »'. Aussi ne faut-il pas se laisser prendre à sa conclusion où il montre que les adversaires de la chronologie chinoise n'ont rien à craindre de l'antiquité de la Chine et que cette antiquité n'infirme pas la chronologie biblique. Simple mesure de précaution, et conclusion accessoire qui n'a influé en rien sur l'étude critique des faits historiques.

« Si j'ay paru suivre le calcul abrégé de la Vulgate dans ma dissertation, c'est que me proposant d'establir la certitude de la chronologie chinoise par sa partie historique qui ne remonte pas au delà du règne d'Yao, il me suffisoit de montrer que ce Prince estoit au plus contemporain des Roys Elamites qui possédoient alors un assez grand Empire et que l'on ne pouvoit proposer contre l'existence de la monarchie chinoise au temps d'Abraham aucune difficulté qui ne tombast également sur celle des Elamites prouvée cependant par l'Ecriture ". »

Et revenant sur cette question l'année suivante, Fréret disait encore au P. Gaubil «... C'estoit gagner beaucoup que d'obliger les adversaires de l'antiquité chinoise d'accorder ce point et je ne crois pas qu'ils puissent le refuser3. »

D'ailleurs, à nier systématiquement l'antiquité de la nation chinoise qui est fondée sur une tradition certaine, il y a danger pour les défenseurs de la tradition juive, et Fréret ne dissimule pas ce danger au P. de Prémare qui ne croit pas trop aux traditions historiques de la Chine et qui donne dans le « figurisme ». « C'est un fait constant que toutes les traditions historiques s'accordent à placer l'origine des empires et le commencement des nations les plus célèbres à peu près dans le temps auquel l'Ecriture nous apprend qu'est arrivée la dispersion des hommes et j'ay cru que ce fait bien éclaircy pourroit devenir une espèce de preuve ou du moins de confirmation de la vérité des Livres saints, ce qui n'est pas indifférent aujourd'hui que le pyrrhonisme historique et philosophique est si fort à la mode

1. Copie d'une « lettre de Fréret à M. de Mairan écrite vers juillet ou aoust 1733 ». Bibl. Nat., Mss. Fr. 12215, f0i 175-177. Cette copie fait partie des papiers de Léonard de Malpeine.

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