‹ Mélanges offerts par ses amis et ses élèves à M. Gustave LansonChapitre 177 sur 276 · Fréret à Gaubil, 8 août 1737 (Obs · texte numérisé non relu

Fréret à Gaubil, 8 août 1737 (Obs

2. De l'origine et du progrès de l'Astronomie et de son usage dans la Géographie et dans la Navigation (Mémoires de l'académie royale des sciences depuis 1666 jusqu'à 1699, t. VIII, p. 4).

3. Je ne puis, dans un court article, examiner les opinions véri tables de Fréret sur la religion des anciens Chinois. Je dois dire cependant que dans une note trouvée dans ses papiers, et qui date à peu près de la même époque que cette lettre, note que je publierai prochainement, Fréret cherchait à établir des rapports entre la doctrine des anciens Chinois et le spinozisme.

indécentes et par l'addition des pratiques superstitieuses les plus opposées aux principes du culte naturel, s'en suit-il qu'ils avoint aussi conservé des connoissances abstraites et des principes scientifiques que l'on ne voit pas trop avoir esté connus avant le Déluge. »

Fréret croit au progrès — idée à laquelle le P. Gaubil ne croit pas du tout — et il sait que le progrès ne peut s'accomplir que par un lent travail au cours des siècles.

« On suppose que de leur temps (des premiers Empereurs de la Chine), écrivait-il en 1733 à M. de Mairan1, les sciences etc. étoient non seulement inventées mais même portées au point de perfection dont ils n'ont fait que déchoir depuis : cette supposition absurde par elle-mesme puisque cette perfection ne peut jamais estre que le fruit d'une suite d'années et de générations qui marchent longtems dans la même route avec la même ardeur, cette supposition dis-je est démentie par les textes formels des Kings. »

Les « Eclaircissements sur le Mémoire... touchant l'antiquité et la certitude de la chronologie chinoise » lus à l'Académie des Inscriptions le 20 février 1739 2, présentent le même caractère que la première dissertation, ce sont encore des doutes, mais qui pourtant cette fois serrent la question de plus près que ne le faisait le Mémoire de 1733. La conciliation entre les deux chronologies, chinoise et biblique, est devenue singulièrement plus difficile depuis que Fréret, sur les indications du P. Gaubil, et d'après des témoignages chinois qu'il estime irrécusables, a dû reporter beaucoup plus haut qu'il ne le faisait en 1733, l'origine de l'empire chinois et l'existence en Chine de connaissances astronomiques. Comment concilier ces faits avec la Bible lorsqu'on n'a pas la ressource, qu'avait du moins le P. Gaubil, de croire que ces connaissances sont des restes de la science antédiluvienne, et lorsqu'on croit à la lenteur du progrès? Fréret ne cherche pas coûte que coûte une conciliation en interprétant les faits, comme avaient l'habitude de le faire les chronologistes à son époque : il montre seulement les difficultés que provoque la comparaison des deux chronologies, des deux séries parallèles de faits, mais du moins un fait important est acquis désormais : « on dispute non de la certitude de certains événements (de l'ancienne histoire chinoise) mais de celle de la date de ces événements, à quelles années il faut les rapporter3. » Personne ne peut plus refuser d'admettre l'existence des empereurs chinois Fo-hi et Yao, prouvée par des témoignages certains que vérifie le calcul astronomique. Si « l'histoire chinoise

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