‹ Mélanges offerts par ses amis et ses élèves à M. Gustave LansonChapitre 180 sur 276 · LETTRES DE MADEMOISELLE AISSÉ · texte numérisé non relu

LETTRES DE MADEMOISELLE AISSÉ

çaise, il y a une douzaine de poésies adressées à la mère de Mme Calandrini, à sa sœur aînée, à son frère, à elle-même ; Julie de Pellissari reçut l'une de celles-ci à l'Age de huit ans ; sa sœur cadette a aussi sa place dans une lettre mêlée de prose et de vers. La plupart de ces pièces sont sans date ; celles qui sont datées, sont des années 1675 à 1694.

III. Jean Beddevole (lettres 28 et 29) est né à Genève le 15 août 1697 ; il avait exercé dans cette ville les fonctions de notaire pendant cinq ans, 1717-1722.

IV. Isaac de Cambiague (lettre 18) était né à Genève le 14 mars 1650 ; il \ est mort le 15 avril 1729. Je copie quelques lignes de son testament :

« Je lègue aux dames Calandrini et de Chandieu, nées de Pellissari, mes chères cousines, dix mille livres à chacune ; et à madame la vicomtesse de Saint- Jean, leur sœur et ma chère cousine, cent livres sterling. Je la prie d'agréer cette petite marque d'amitié, quoique si légère ; et que je porte le fort de mon bien sur monsieur son frère et sur mesdames ses sœurs, par convenance à leur état présent qui me demande cette conduite : leurs fortunes, et particulièrement celles de ces deux dames, se trouvant si affaiblies par tant de malheurs essuyés, et si différentes de la belle et heureuse situation dont la bonté divine la fait jouir.... Je fais et institue pour mon héritier universel M. Barthélemi de Pellissari, mon cher cousin. »

D'après James Galiffe, Barthélemi de Pellissari hérita ainsi d'environ 430 000 livres courantes. La livre courante de Genève était une monnaie de compte, qui valait trois florins et demi ; trois livres courantes faisaient un écu de 27 grammes d'argent *. La part de Barthélemi montait ainsi à plus de 750000 francs, tandis que ses sœurs, Julie Calandrini et Anne de Chandieu, recevaient chacune environ 18000 francs.

V. Jean Caze, qu'Aïssé appelle M. de Caze (lettres 15 et 27) était un riche particulier qui approchait de la cinquantaine au moment où elle parle de lui ; sa famille s'était réfugiée à Genève, à l'époque de la révocation de l'Édit de Nantes.

VI. Julie, fille de Jacques Micheli, sieur du Crest (lettre 31), était née le 21 juin 1695. A trente-sept ans, le 20 octobre 1732, elle épousa son cousin germain Marc Pictet, né le 20 août 1693. Mme Julie Calandrini était la tante des deux époux.

VII. « Le pathétique M. Jean-Louis Favre » (lettre 15) était un des neveux de Mme Calandrini ; né le 7 février 1693, il était fils

1. Demole Eugène, Histoire monétaire de Genève, 1887, p. 54-98 et 324.

de Jean Favre et de Marianne Calandrini. A Genève, il a rempli pendant quelque temps les fonctions de commissaire- général, c'est-à-dire d'archiviste de la République.

VIII. Daniel de Martine, né à Genève le 8 décembre 1649, mort à Paris le 24 juillet 1727 (lettre 2) a fait un testament (De Saugn) . notaire à Paris) le 6 juin 1727, et un codicille le 13 juillet. En 1692, il avait été chargé des affaires de la République de Genève à la cou* de France ; il était aussi Conseiller privé et Envoyé du landgrave de liesse.

Il n'était pas parent de Mme Calandrini, et le legs qu'il lui a fait ne doit pas avoir été considérable. On lit en effet, dans les registres du Conseil de Genève, 4 juillet 1727 :

« M. le syndic Gallatin a rapporté que la Chambre des Comptes avait examiné la proposition faite par le sieur De Martine, de Paris, au sujet du 10 pour cent qui pourrait être dû à la Seigneurie sur (|ii< lt|iies-uns de ses legs ; et qu'après avoir été informée que ses facultés consistaient principalement en rentes viagères qui cesseraient par sa mort, et en quelques meubles et vaisselle d'argent, le sieur Martine, ancien Auditeur, avait ajouté que son parent avait pris cette affaire fort à cœur ; et qu'étant invité par la Chambre de faire quelque offre, il avait offert 200 écus : lesquels la Chambre, pour de bonnes raisons, estimait que le Public devait accepter. Dont opiné, l'avis de la Chambre a été approuvé. »

IX. « Votre belle-sœur P. est malade », écrit Aïssé (lettre 21). Il s'agit, ou de Susanne Calandrini, femme (1677) de J.-J. Pictet, morte le 20 juillet 1740 ; ou de Françoise Calandrini, femme (1693) d'Ami Perdriau, morte le 21 novembre 1759.

X. M. Saladin le cadet (lettres 2 et 31) doit être Jean-Louis Saladin d'Onex, qui fut nommé en 1731 résident de Hanovre, et en 1746 chargé d'affaires de la République de Genève à la cour de France.

XI. M. Tronchin (lettre 8) doit être le Conseiller François Tronchin, qui a été un des correspondants de Voltaire. M. Henri Tronchin a publié sa biographie (Paris, 1895).

XII. Jacob Vernet, dans sa jeunesse, a demeuré huit ans à Paris (1720-1728) où il était précepteur d'un jeune Harenc, dont la famille appartenait à la colonie protestante de cette ville. Vernet a connu Aïssé, à laquelle il a adressé un madrigal, plus joli qu'on ne l'eût attendu d'un ecclésiastique genevois ; mais ceux qui nous l'ont conservé en ont laissé tomber un vers.

XIII. Je ne comprends pas qu'Aïssé puisse dire : «je vendange », dans la lettre 5, datée de mai 1727 ; il semble qu'un feuillet détaché, con-

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