Moniteur, 1835, 12 mai
de distribution ' ; l'article, combattu par Guizot, ne fut pas adopté \ Duvergier de Hauranne, rapporteur du budget de 1838 3, Lacrosse;, Gillon, rapporteur du budget de 1839 5, d'autres encore, renouvellent les mômes critiques ; le dernier se plaint que la province soit sacrifiée à Paris ; le tout sans résultat.
Enfin, sur l'objet même des souscriptions, il y a désaccord entre la Chambre et les ministres. La Chambre affirme maintefois (mais platoniquement) sa volonté que les souscriptions soient réservées aux grandes collections, aux ouvrages savants, importants, coûteux, et peu populaires, comme le Thésaurus linguae praecae, d'Henri Estienne, les voyages de Jacquemont et de d'Orbigny G. Tous les rapporteurs constatent successivement qu'une foule d'ouvrages d'un usage commun par leur prix et leurs sujets ont fait l'objet de souscriptions 7. Dubois déclare qu'aux ouvrages accessibles à tous l'Etat ne doit rien8, et par un autre article additionnel, qui ne fut pas non plus adopté, il réclame l'établissement au 31 décembre, par chaque ministère, d'un état précis et minutieux de l'emploi des fonds consacrés soit à l'impression et à la gravure des ouvrages publiés aux frais du gouvernement, soit aux souscriptions; la liste d'ailleurs peu explicative prescrite par l'article 10 de la loi du 31 janvier 1833 étant toujours en arrière de deux ans, l'état nouveau serait distribué chaque année avec la situation provisoire de l'exercice courant. Lacrosse9 se plaint de trouver parmi les souscriptions des ouvrages de minime importance, ou de mince intérêt, des poésies légères même (je souligne), ou des rééditions d'ouvrages anciens. Auguis10 demande la nomination d'une commission des souscriptions. La loi du 10 août 1839, votée après les abus de l'administration de Salvandy, donnera une satisfaction partielle à ces critiques, mais elle sera peu appliquée. De leur côté les ministres, à tort ou à raison, maintiennent une pratique plus libérale ; Guizot « a toujours pensé » que les grandes collections de vulgarisation devaient avoir leur place à côté des grandes collections savantes". Les ouvrages particuliers, même d'importance nulle, ne seront jamais exclus entièrement. Mais les ministres n'ont pas leurs coudées franches, et on s'explique que la littérature soit si mal partagée dans la distribution de crédits qui ne lui sont pas destinés.