Du 15 avril
LITTÉRATURE ET GOUVERNEMENT DE JUILLET. .',:r,
Panthéon littéraire 100 ex. 15 000 »
(Sainte-Beuve), Critiques et portraits
littéraires (Renduel), 3 vol 25 — 600 »
(Vatout), Palais de Versailles 100 — 600 »
Duvergier de Hauranne, rapporteur du budget de 1838 ', réédita les critiques habituelles, mais, sous quelques réserves, il décerna un satisfecit au ministre pour 1836.
Le crédit demandé s'élevait à 150 000 francs. La Commission l'alloua, mais en invitant le ministre à l'observation stricte des intentions si souvent manifestées par la Chambre. On verra quel compte il tint de l'invitation.
Les ouvrages terminés en 1836 libéraient une somme de 13 020 francs Les ouvrages en cours d'exécution absorberaient une somme de I 15 135 francs ; les abonnements fixes aux journaux et périodiques, une somme de 5850 francs. 121 000 francs se trouvaient donc engagés d'avance ; si le crédit était maintenu à 134 000 francs, il ne resterait au ministre que 13 000 francs. Or il se préparait des publications importantes, comme le catalogue du Muséum, avec mémoires originaux, qui coûterait 6 000 francs par an.
La tension avait singulièrement augmenté depuis un an. Le rapport bénin de Duvergier ne faisait pas prévoir les vives critiques de la discussion 2 et la scène grave qui devait s'ensuivre.
Lacrosse s'éleva contre l'augmentation d'un crédit qui en cinq ans, de 1833 à 1838, montait de 90 000 à 150 000 francs, tout en se cumulant avec des crédits analogues de l'Instruction publique et de l'Intérieur. Aucun crédit ne suffirait jamais à satisfaire les producteurs et les quémandeurs de livres. Il se plaignit que la province fût sacrifiée à Paris : Guizot se souviendra de l'argument.
Il trouvait que la distribution des ouvrages attestait chez le ministre une certaine partialité. Parmi les souscriptions qu'il critiquait 3, il mentionnait La Somme de saint Thomas, une réimpression, une spéculation de librairie, dont il incombait à l'éditeur d'assurer le succès par des moyens appropriés. Ce n'était pas là un de ces ouvrages importants qui honorent une époque.
Salvandy, le ministre, défendit son augmentation par un discours tant soit peu boursoufflé. Il vanta l'utilité, pour les sciences, les lettres et les arts, d'un crédit sans lequel la France et le monde savant seraient privés de grandes productions. Il s'engagea à poser des règles pour prévenir les abus ; il fit valoir la modicité de la somme qui restait disponible, justifia le relèvement en y montrant le moyen du « progrès successif dans le développement du génie national » que voulait la