Histoire des Sevarambes, t. I, p
3. Ce doit être une allusion au bien qu'il possédait à Saint-Quentin, près d'Uzèfl (aujourd'hui Saint-Quentin-la-Poterie), où Le Clerc nous apprend que Veiras vécut un certain temps. [Bibliothèque choisie, 1713, t. XXVI, p. 460-461.
vinces du royaume de France, et m'étant arrêté à la fameuse ville de Paris, ce séjour me parut si charmant, qu'insensiblement j'y restai près de deux ans, sans m'en éloigner1.
Siden raconte ensuite qu'il va en Allemagne, en Suède, en Danemark, aux Pays-Bas, puis qu'il part pour les Indes orientales ; et la part du roman doit ici se faire plus grande : du moins pouvons-nous croire que, vers vingt-six ou. vingt-huit ans, après quelques voyages et un séjour à Paris, Veiras gagné par le goût des aventures, parvient enfin en Angleterre.
Séjour en Angleterre. — Ici le biographe nous donne enfin des dates. Citons le passage entier, il est essentiel :
Il s'était tourné vers l'Angleterre et là, par son habileté, il avait su s'attirer l'affection de plusieurs illustres ministres de la Cour ; grâce à quoi il avait intimement connu l'état de ce royaume et les intrigues intestines de la Cour. En l'an 1665, comme les Anglais faisaient la guerre avec ceux de Hollande, il s'est trouvé sur le bateau amiral, commandé par le duc d'York d'alors, et fut témoin des batailles navales qui eurent lieu. Après cela il est resté longtemps encore en Angleterre, jusqu'à ce qu'enfin un ministre de la Cour au service de qui il s'était engagé tombât en disgrâce, dût, une fois dénoncé comme conspirateur, se sauver en France; M. d' Allais resté près de lui, s'en alla avec lui à Paris2. Plus tard, en l'année 1672, il alla en Hollande avec les armées françaises, et il y assista à toutes les conquêtes du roi.
Ce texte appelle des commentaires, et Marchand, tout le premier, l'a interprété : il suppose, sans autre indice que le rapport des dates, que le ministre, dans la chute duquel Veiras fut entraîné, est Clarendon, qui fut effectivement disgracié en 1667, et se retira sinon à Paris, du moins en France. Ensuite, il précise les mots : « il alla en Hollande avec les armées françaises », en les traduisant : « il rentra dans le service ». Il y a là, je crois deux erreurs.
La présence de Veiras en Hollande, en 1672, est certaine, mais il n'y était pas dans les conditions que les biographes ont jusqu'ici reproduites. Dans une lettre autographe, dont nous aurons à reparler, et qui se trouve à la bibliothèque Bodléienne, Veiras dit en effet : « About two years after (après 1670), I met him in the Low Countries, whither I vas gone with the King of England's Plenipotentiarys, in the first year of the war, and some time after Soulsbay fîght3 » ; ce qui nous montre bien que s'il était en Hollande alors, ce n'était pas comme officier de l'armée française, mais comme attaché aux