Histoire des Sevarambes, t. I, p
pagnes en Piémont et en Catalogne ; pourtant il est sûr que le traité des Pyrénées y mit fin. Ce fait et les chiffres que Siden nous fournit, nous permettent donc de dire qu'il fut probablement aux armées de quinze à vingt ans environ, et de placer les campagnes qu'il fit entre les années 1650 et 1659 '.
Vers vingt et un ans, nouvelle modification dans la vie de Veiras : « A son retour, imprime Thomasius, il s'était remis aux études, si bien que jeune encore, il avait été reçu docteur en droit. » La vie de Siden, ici encore, semble en rapport étroit avec celle de Veiras. Voici en effet ce que l'auteur lui fait dire :
Je n'aurais pas quitté le service, si la mort imprévue de mon père ne m'eût rappelé pour prendre possession du bien qu'il m'avait laissé, et obéir
aux ordres de ma mère Les commandements de ma mère me firent quitter
l'épée pour la robe. Il fallut s'appliquer à l'étude du droit, où je fis d'assez grands progrès dans quatre ou cinq années de temps, pour pouvoir prendre le grade de docteur. Je fus aussi reçu avocat en la cour souveraine de mon pays -.
Ainsi donc, vers vingt-quatre ou vingt-six ans, Veiras aurait été reçu docteur en droit, probablement à la Faculté de Montpellier, et avocat, sans doute au Parlement de Toulouse. Les registres de la Faculté de Montpellier et du palais de justice, à Toulouse, sont malheureusement muets sur l'obtention du grade et sur la réception en Cour de notre personnage.
Mais la vie de Veiras ne pouvait longtemps rester calme. Bientôt il se lasse du droit et de la robe. « Comme de ce côté-là, dit son biographe, il n'avait aucun avancement à espérer, les Réformés n'étant élevés à aucune charge, et toute pratique leur étant interdite, il s'était tourné vers l'Angleterre. » Si sa situation de protestant explique en partie le découragement de Veiras, il nous signale d'autres causes possibles de son inconstance, quand il fait parler Siden :
Lorsqu'il fallut descendre à la pratique du Palais, je la trouvai si épineuse
et si servile, qu'en peu de temps, je fus entièrement dégoûté Dans le temps
que je pensais aux moyens de m'en délivrer, ma mère mourut, sa mort me mit en état de pouvoir disposer de moi et de mon bien.... Je me défisde tout mon bien, à une terre près, que je me réservai pour une retraite en cas de nécessité3 Après cela, je commençai de parcourir presque toutes les pro-
1. Il n'y a point espoir de trouver aux archives du Ministère de la Guerre daa renseignements relatifs à Veiras. Ce n'est qu'à partir de 1700 que l'on a classé les dossiers de tous les officiers ; et dans les registres antérieurs, essentiellement constitués par les correspondances des chefs d'armées, « on n'a aucune chance de trouver des renseignements sur des personnages secondairess » (Communication de l'archiviste du Ministère).