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publique! Le moment est favorable à la discussion : d'ailleurs, il ne nous est pas donné d'en prendre d'autre.
Nous croyons de plus qu'il y a urgence.
C'est pour cela que, dans le manifeste de la Voix du Peuple^ après avoir signalé ce que nous considérons comme l'erreui capitale du parti démocratique, nous avons pris l'initiative e! posé les bases d'une solution du problème politique, d'accord avec la solution antérieurement posée par nous du problème économique. C'était notre droit; nous avons cru que c'était de plus notre devoir.
Mais, de même que, sur le terrain de l'économie politique» nous avons rencontré la résistance des intérêts, de même, sui le terrain de la politique, nous rencontrons la résistance des ambitions et des amours-propres. Des hommes qui ne tiennent au capital, ni par les attractions de l'âme, ni par les convoitises du cœur, tiennent au pouvoir, soit par les illusions de leur philosophie, soit par les antécédents de leur vie publique. Là est le secret de l'hostilité manifestée tout à coup contre la Voix du Peuple par les citoyens Louis Blanc et Pierre Leroux, et» à leur suite, par un certain nombre de républicains.
Afin donc de préciser la controverse, de réduire à son expression la plus simple la question des personnes, et, par là, d'éviter au parti démocratique, sur la grave question du pouvoir, un déchirement funeste, nous accusons les citoyens Louis Blanc et Pierre Leroux de résister à la Révolution, en défendant, comme ils font aujourd'hui, le principe gouvernemental, dernière forteresse du monopole.
Nous considérons la ligne politique dans laquelle ils s'efforcent de retenir la démocratie comme aussi contre-révolutionnaire que celle où se trouvent engagés le président de la République et la majorité de TAssemblée.
Nous proposons, en conséquence, aux citoyens Louis Blanc et Pierre Leroux, de discuter contradictoirement avec eux, dans une suite d'articles publiés par les mêmes organes, le principe d'autorité, de gouvernement ou d'État, dont ils sontg à nos yeux, les derniers représentants.
A cet effet, nous mettons à leur service les colonnes de li Yoix du PeupUy condme nous le faisions pour M. Frédéric Bastiat, demandant, pour nos réponses, la réciprocité d'insertio(. i]ans les journaux et revues dont nos antagonistes disposent.
Chaque article devra paraître le même jour, et sans réc- Vexions des rédacteurs, dans le journal de chaque partie, d« manière que les pièces du procès passent toutes sous les yeu| des lecteurs de chaaue feuille, et eue les uns et les autres
4 MBLANGBS. — A1T1GLB8 DB JOUBNAUX
■oient intégralement et «multanément saisis de la question.
Du reste, et malgré l'espèce d'ostracisme qu'on s'efforce de iiire peser en ce moment sur la Voix du Peuple^ nous ne périrons pas de vue un seul instant que cette portion de la gauche lépublicaine qui siège à l'Assemblée nationale sous le nom de Montagne, et qu'on s'efforce de nous rendre hostile, est le lentre autour duquel doivent se rallier tous les démocrates, imis sincères de la République et de la liberté; aussi Técarions-nous du débat. Nous l'adjurons, comme corps politique, de rester provisoirement neutre. L'initiative de questions comme celle qui s'agite en ce moment n'appartient qu'à la presse; elle ne pourrait, sans de graves inconvénients, être prise prématurément par les représentants du peuple.
Nous n'avons affaire qu'à des publicistes nos égaux, nos émules peut-être, mais, jusqu'ici du moins, nos collaborateurs dans l'œuvre de la Révolution. C'est à ces hommes, isolés, comme nous, de toute sympathie officielle, que nous adresserons nos critiques; c'est avec eux seulement que nous entendons discuter, devant la France et devant l'Europe, l'organisation future de la République universelle, déclarant, au surplus, nous soumettre d'avance au jugement de l'opinion.
Les citoyens Louis Blanc et Pierre Leroux ayant engagé les premiers la discussion, celui-ci dans la République, celui-là dans le Nouveau Monde , nous répondrons d'abord à leur at taque.
1^ TOIX DU PEUPLE — 1849
N* 64. «^ 3 décembre.